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Murd'huin et les Sombres

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Par Aranck

Louis avait beau savoir qu’il ne faisait qu’assister à un souvenir, il ne pouvait s’empêcher de redouter ce qui allait suivre. L’angoisse de Mérianne et de Murd’huin était si palpable qu’il se demandait quel pouvait bien être ce danger qui les poussait à fuir aussi rapidement.

Lénah devait sentir confusément que quelque chose de grave était en train de se produire. Assise sur le bord de son lit, elle observait sa mère jeter pêle-mêle quelques affaires dans une besace. Puis sans un mot, Mérianne l’habilla et la fit passer devant elle dans l’escalier tout en la maintenant fermement par son capuchon. Arrivée en bas, la petite se dégagea et fila retrouver son père à l’écurie. Mérianne rassembla encore quelques objets, attrapa une longue pèlerine dont elle se recouvrit les épaules et sortit à son tour. Louis la suivit.

Lénah s’était réfugiée dans les bras de Murd’huin et caressait le nez de Brise, une fière jument grise accompagnée de son poulain. Dès que Mérianne les eut rejoints, Murd’huin fourra la besace dans la sacoche de bât et aida sa compagne à se mettre en selle, puis il installa Lénah derrière en lui recommandant de bien se tenir. Après avoir flatté l’encolure de Brise, il les pressa de partir et se hâta de regagner la maison.

Louis, qui avait assisté à la scène de loin, comprenait à quel point la crainte de cet homme était grande. Non seulement l’état de grossesse avancée de sa compagne ne leur permettrait pas de voyager assez vite, mais elle ne pourrait guère se défendre en cas de danger. 

Une fois à l’intérieur, Murd’huin ne perdit pas de temps. Il se campa au centre de la pièce et pointant l’index dans diverses directions, fit disparaître meubles, décorations et tentures jusqu’à ce que la demeure prenne l’aspect d’une simple masure, puis il s’installa à califourchon sur une vieille chaise et se mit à chuchoter.

Quelques minutes plus tard, six hommes surgirent de la forêt en martelant le sol de leurs bottes épaisses. Revêtus d’une cape de cuir noir, ils dissimulaient leurs visages sous un large capuchon. Il se dégageait d’eux une force bestiale et malgré une taille moyenne, ils couraient à grande vitesse. D’un même élan, ils se précipitèrent en hurlant vers l’habitation.

– Dépêchez-vous, il est en train de pratiquer ! cria celui qui semblait être le chef de la bande.

Sa voix avait des sonorités étranges, métalliques et grinçantes. Il tira de son fourreau une large épée dont le pommeau scintilla sous la lueur de la lune, puis il enfonça d’un coup de pied la porte d’entrée et se rua à l’étage. Ne trouvant rien, il redescendit l’escalier en poussant des cris stridents et tout en brandissant sa lame, fit le tour des pièces du rez-de-chaussée. Les tonalités qui s’échappaient de sa voix étaient si désagréables que Louis se boucha les oreilles.

Il ne restait de Murd’huin que sa tunique, posée sur le dossier d’une vieille chaise. De retour dans la pièce, le chef de la troupe l’aperçut. Tremblant de rage il rejeta son capuchon et se rua sur l’étoffe qu’il transperça violemment.

Louis fut pétrifié d’effroi lorsqu’il découvrit le visage de l’homme ; un visage sans peau, comme si celle-ci avait été arrachée. Chaque nerf, chaque muscle étaient apparents et enserraient une bouche aux lèvres inexistantes et deux yeux proéminents dans lesquels se reflétait la lueur rougeâtre des braises. Détournant le regard pour ne pas vomir, Louis vit que de la tunique éventrée s’écoulait un mince filet rouge. Son cœur se mit à battre plus vite. Il allait appeler au secours pour sortir de ce cauchemar, quand, tout à coup, il sentit la chaleur de la main de sa mère sur la sienne. Ce contact lui fit un bien fou et lui donna le courage de poursuivre.

– Partis ! hurla l’un des cavaliers.

Sa voix n’était pas métallique, contrairement à son acolyte, mais profondément  gutturale.

– Prenons leurs chevaux et allons vers la forêt ! Ils sont là-bas ! ordonna le chef de la bande.

Quand il voulut sortir, toutes les portes se refermèrent en claquant d’un coup sec.

– C’est un sortilège ! On est pris au piège ! beugla l’un des assaillants.

Fous de rage, ils essayèrent de casser portes et fenêtres, mais malgré la violence inouïe dont ils faisaient preuve, rien n’y fit. Le chef de la bande poussa un long hurlement, puis frappa au hasard tout ce qui était à sa portée : murs, pilier, manteau de cheminée, poutres, tout y passa. Sa fureur était telle, qu’il fendit d’un coup de poing le dossier de la chaise sur laquelle se trouvait la tunique. Voyant cela, Louis se figea. Le liquide sanguinolent imbibait à présent une grande partie du tissu.

C’est alors que la porte sur laquelle s’acharnaient les autres s’ouvrit avec une facilité déconcertante. Surpris, ils sortirent de la maison à toute vitesse et sur ordre de leur chef, filèrent à l’écurie pour s’emparer du reste des chevaux. Ils éperonnèrent leur monture et disparurent au loin dans un fracas de cris et de sabots.

Louis en profita pour s’approcher de la tunique et s’assurer qu’il n’avait pas rêvé lorsque subitement elle prit corps, laissant réapparaître Murd’huin. Grimaçant, l’aïeul se tenait le ventre d’où se répandait toujours le fluide écarlate.

– S’il te plaît, Ayounama, le temps presse !

Il s’était adressé à une statue de couleur sombre presque entièrement dissimulée par l’ombre de la niche murale ou elle était posée. Elle représentait avec un réalisme saisissant une femme aux longs cheveux tressés serrant dans sa main un bâton. Parfaitement immobile jusque-là, la statue s’anima soudain et sauta à terre avec légèreté. Il s’agissait en vérité d’une femme de petite taille, à la peau noire, revêtue de cuir.

– Tu n’aurais pas dû les retenir si longtemps, lui dit la femme, tu as perdu beaucoup de sang.

– Je n’avais guère le choix. Jamais je n’aurai imaginé que Rorthag s’en prendrait à ma tunique, répondit Murd’huin, les traits crispés par la douleur.

– Assieds-toi là, ordonna la femme, en relevant la chaise, et tiens-toi tranquille.

Sous l’œil médusé de Louis, la femme se mit à danser devant son aïeul en entonnant une mélopée aux sons rauques. Peu à peu, le maître des lieux se redressa. Non seulement il ne semblait plus souffrir, mais sa blessure ne saignait plus.

– Merci d’avoir répondu à mon appel, Ayou. J’ai craint un instant qu’ils ne te découvrent, dit Murd’huin en nouant sa ceinture. S’il te plaît, veux-tu bien envoyer Ourakrâ prévenir Mérianne que les Sombres sont derrière elle et qu’elle doit immédiatement se rendre à la Forêt des Follets ? De mon côté, je vais tenter de les détourner.

Ayounama sortit de la maison et décrocha de sa ceinture un pipeau en roseau dans lequel elle souffla trois notes aiguës. C’est alors qu’une pie se posa sur l’arbre le plus proche et au plus grand étonnement de Louis, échangea quelques piaillements rocailleux avec la femme. Puis l’oiseau s’élança à tire-d’aile dans la direction prise par Mérianne et les cavaliers.

Louis estima en avoir assez vu pour le moment. Toute cette magie, toute cette violence et ce monstre écorché vif venu tout droit d’un film d’horreur, c’en était trop.

– AU SECOURS !

– Pas besoin d’hurler, lui dit sa tante.

– Laisse-le donc, c’est sa première fois, objecta Ranah, en dévisageant son fils d’un air anxieux.

– Et la dernière ! Plus jamais je n’irai faire de promenade là-dedans !

Tout en se levant pour aller dans sa chambre, Louis lança en direction de sa mère.

– Guère plus violent que le journal télévisé, hein ? Tu parles ! C’est facile pour toi, mais moi, je n’ai pas l’habitude de ces trucs-là ! Et ce type tout écorché, c’est qui, d’abord ?

– Nous allons tout t’expliquer, répondit Élusine, avec douceur, un peu comme si elle s’adressait à un enfant malade. Nous appartenons au peuple des Blanches-Fées, un peuple de magiciens. Aujourd’hui, tu viens de faire connaissance avec tes arrière-grands-parents Murd’huin et Mérianne.

– Murd’huin ou Aïta ?

– C’est pareil. Aïta et Aïma sont de petits noms affectueux. La petite Lénah est ta grand-tante et le bébé à naître, ton grand-père et par là-même notre père à ta mère et à moi.

Voyant que Louis restait attentif, elle se dépêcha d’enchaîner :

– Nous avons choisi cet extrait, car, non seulement, tu y découvres une partie des tiens, mais tu as là des clefs essentielles pour comprendre la suite.

Encore sous le choc, Louis écoutait sa tante lui parler d’une famille aussi lointaine qu’étrange. Ranah s’aperçut de son trouble.

– Nous prendrons le temps de t’expliquer tout ce que tu voudras plus tard, ceci n’était qu’une présentation rapide.

« Pas encore assez » pensa Louis, qui se sentait de plus en plus perdu. Depuis qu’il était sorti du feu, il ne pouvait s’empêcher de revoir la tête de celui qui avait transpercé la tunique de Murd’huin.

– Les Sombres sont nos pires ennemis, continua Élusine. Ils repèrent notre énergie magique avec la même facilité qu’un chien de chasse un gibier. Pire, si c’est un enfant qui pratique. Si Lénah n’avait pas fait venir ce ballon, jamais ils n’auraient découvert où se cachaient Murd’huin et sa famille.

– D’où ils viennent ces Sombres ? questionna Louis.

– Ils viennent d’un autre monde.

Louis en resta muet. Il dévisagea sa tante, puis sa mère, puis à nouveau sa tante. Toute cette histoire était démente, on nageait en plein délire, il allait se réveiller. Mais il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit, Élusine était lancée.

– Nous les avons baptisés les Sombres parce qu’ils sont toujours vêtus d’une espèce de gros cuir noir et qu’ils craignent la lumière. Et puis, il faut bien le dire aussi, parce que leurs desseins ne sont guère plus brillants que leur intelligence.

– Lulu ! objecta Ranah. Il ne faut jamais sous-estimer l’ennemi !

– Je ne sous-estime pas, je constate, répliqua Élusine vertement. Comment peut-on être intelligent et détrui...

– Ça ne vous dérange pas de reprendre là où on en était ? coupa Louis.

– Tu as raison, approuva Élusine. Pour ta gouverne, sache que tous les Sombres n’ont pas tous la tronche ravagée de celui que tu as vu. Nombre d’entre eux pourraient même être confondus avec des humains. Celui que tu as vu, c’est leur chef, Rorthag, c’est l’un de tes ancêtres qui lui a fait ça lors d’un combat. L’espèce de capuchon qui recouvre en permanence leur visage ne sert d’ailleurs pas à les dissimuler, mais à les protéger de la lumière qu’ils fuient comme la peste. Ils sont d’une cruauté que tu ne peux même pas imaginer et ne cessent de nous traquer. Leur haine pour nous est viscérale, mais Rorthag est le plus acharné d’entre tous.

– Parce qu’il est toujours vivant ?

– Ces monstres survivent au delà de toute imagination, c’est aussi pour cette raison que nous devons les combattre, pour qu’ils arrêtent de...

– Stop ! l’interrompit Louis. Tu peux enlever le « nous », s’il te plaît ? Parce que je ne combattrai personne. Tout ça, ce ne sont pas mes oignons. Moi, j’ai d’un brevet à passer et des études d’arboriculture à faire, figure-toi !

Devant l’air stupéfait de sa tante, Louis se rendit vaguement compte du caractère extravagant de ce qu’il venait de dire, mais sa peur, sa fureur et le refus de sombrer dans toute cette folie l’emportaient sur tout le reste.

– Écoutez-moi bien toutes les deux, dit-il en mâchant chaque syllabe, hier encore, j’étais dans un monde plutôt chouette, sans monstres, sans magiciens, sans guerre en vue. Je n’étais même pas au courant de ton existence, ma très chère tante et je vivais parfaitement bien sans toi, alors si ça ne te dérange pas trop, je vais retourner à ma vie d’avant et toi, à la tienne !

Il esquissa un pas vers sa chambre.

– Louis ! le rappela sa mère. Élusine s’y est prise d’une manière un peu particulière, mais sans elle, je n’aurais probablement jamais eu le courage de t’apprendre la vérité. Je sais que tout bascule pour toi et que tu as l’impression d’être totalement perdu, mais...

– Perdu ? dit-il en se tournant vers sa mère. Non, mais tu te rends compte de ce que je viens de voir ? Perdu ! Elle est bien bonne, celle-là. Traumatisé, oui ! En quoi ça me regarde tout ça, hein ? Je ne connais rien à votre monde, je ne suis ni magicien ni...

– Ça, intervint Élusine, nous allons le vérifier ensemble si tu veux bien, car tu es un Blanche-Fée que tu le veuilles ou non et tes pouvoirs coulent en toi aussi sûrement qu’une partie de mon sang coule dans tes veines.

Le ton sur lequel elle avait prononcé ces mots se voulait sans appel, mais c’était méconnaître le garçon.

– Rien que d’y penser, j’en suis malade, cracha Louis. Tous ces mensonges et ensuite toute cette violence ! Tu parles d’une famille !

Il ouvrit la porte de sa chambre, mais avant d’en franchir le seuil, il se retourna et lança :

– Et enfoncez-vous bien dans le crâne que personne sur cette terre ne pourra me forcer à faire quoi que ce soit, sang commun, ou pas ! Maintenant, je veux qu’on me fiche la paix ! COMPRIS ?

Les sourcils d’Élusine semblaient vouloir rejoindre le sommet de sa tête tant elle était stupéfaite qu’on ose lui répondre de la sorte. Puis, un léger sourire vint étirer ses lèvres.

– Quel caractère, nom d’un chien ! C’est tout moi !

Ranah préféra ne rien répondre et se leva pour aller boire un verre d’eau. Elle connaissait son fils et savait que sa colère reflétait surtout son désarroi. Elle s’en voulut de lui avoir montré un épisode du passé en se focalisant sur les informations à transmettre, négligeant du même coup ce que ces images pourraient provoquer chez lui. Dès leur plus jeune âge, les enfants Blanches-Fées étaient confrontés sans ménagement à leur histoire, si bien qu’elle avait trouvé tout naturel d’accepter la proposition de sa sœur, mais Louis n’était pas préparé à ce qu’il venait de voir. Comment avait-elle pu accepter une telle idée ? Si sa sœur était excusable, il n’en était pas de même pour elle. Elle soupira et apporta un verre à Élusine.

– Il n’est pas prêt, dit-elle en posant le verre sur la table basse.

– Il aura treize ans dans cinq jours.

– Et alors ? Nous ne sommes pas à un jour près, non ? Ce n’est pas parce que le prochain solstice arrive et avec lui les treize ans de Louis, que nous devons faire n’importe quoi. La libération de sa magie peut attendre, il n’est pas prêt un point c’est tout.

– Ça, je m’en rends compte, marmonna Élusine.

– Pas encore assez ! s’agaça Ranah. Nous nous y sommes mal prises depuis le début. C’était peut-être une erreur de lui avoir caché la vérité, mais c’en est une autre que de la lui révéler si brutalement. Nous n’aurions pas dû lui montrer Rorthag si vite.

– Pour qu’il nous reproche ensuite de ne pas l’avoir fait ?

Ranah dévisagea sa sœur sans savoir quoi répondre. Se sentant lasse tout à coup, elle vint s’asseoir sur le bras du canapé.

– Jamais Louis ne s’est trouvé confronté à pareille situation.

– Louis risque de se trouver confronté à bien pire, répliqua Élusine, et cette fois pas uniquement au travers d’images lointaines. Ces souvenirs ne font que le préparer à ce qu’il devra affronter un jour.

– Il lui faut plus de temps ! s’écria Ranah.

Elle se leva et se rendit dans la cuisine.

Une fois seule, Élusine se sentit assaillie par le doute et le remords. Elle avait imaginé que son neveu serait fou de joie à l’idée d’apprendre qu’il avait des pouvoirs et heureux de se découvrir une famille qui n’avait jamais cessé de se soucier de lui et espérait plus que tout son retour. Quel fiasco !

Ses pensées la ramenèrent à la nuit où il était né. Elle n’avait rien oublié, ni l’accouchement long et difficile ni les journées passées à veiller sa sœur et à s’occuper du bébé. Elle était restée tant que Ranah avait eu besoin d’elle, délaissant les siens. L’arrivée de Louis avait été un tel bonheur que pas une seconde, elle n’avait regretté ces instants. À cette époque, qui aurait pu croire que les choses deviendraient si compliquées.

– Tu peux venir m’aider, s’il te plaît ? lança Ranah, depuis la cuisine.

Élusine arrêta là ses réflexions et rejoignit sa sœur.

– Si tu veux bien râper les carottes, je vais faire la sauce pendant ce temps.

Bien que préoccupée par la colère de son fils, Ranah culpabilisait d’avoir été aussi sèche avec Élusine, d’autant que malgré ce qui venait de se passer, elle était heureuse de l’avoir à ses côtés. Il y avait tant d’années qu’elle était seule avec son fils qu’elle avait fini par s’habituer aux us et coutumes des humains et avait pris goût à cette existence tranquille. Peut-être même avait-elle secrètement souhaité que les choses restent ainsi et que Louis grandisse dans l’insouciance. Mais aujourd’hui que sa sœur était là, elle se rendait compte à quel point les siens lui avaient manqué. Elle rejeta ses longs cheveux en arrière et soupira.

Élusine se méprit sur le sens de ce soupir.

– Je suis désolée Ranah.

Ses épaules s’affaissèrent d’un seul coup, la faisant paraître minuscule.

– Je suis vraiment désolée, répéta-t-elle. Si tu savais comme je m’en veux ! Mon impatience a fait de moi une égoïste, une aveugle, une sombre idiote...

– Non, tais-toi, et ne crois pas ça, la coupa doucement Ranah. Ce n’est peut-être pas toi l’égoïste finalement. Et cesse de dire que tu es idiote. Quant à ton impatience, elle a ses raisons.

Elle déposa un baiser sur la joue de sa sœur.

Les yeux d’Élusine se remplirent de larmes, qu’elle s’efforça de cacher.

– Et puis tu as raison, le temps est venu, reprit encore Ranah. Sans ton intervention, je n’aurais peut-être jamais osé parler à Louis. Demain, il doit passer l’après-midi avec Charles ce qui lui fera le plus grand bien, ensuite, nous aviserons.

Elle s’éloigna, laissant Lulu sécher ses yeux d’un discret revers de manche.

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