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Chez Charles

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Par Aranck

Louis marchait d’un bon pas en cet après-midi de décembre. Le froid vif qui lui pinçait les oreilles le ramena à la réalité et lui fit un bien fou. Sa nuit avait été entrecoupée de cauchemars et de réveils angoissés qui n’avaient fait qu’attiser son désarroi et sa colère. Puis, il s’était souvenu d’une petite phrase lancée par sa tante : « Tes pouvoirs coulent en toi aussi sûrement qu’une partie de mon sang coule dans tes veines ». Depuis, ces mots tournaient en boucle dans sa tête. Il avait des pouvoirs ! Mais pourquoi ne s’en était-il jamais aperçu ? Cette question ne le laisserait pas tranquille tant qu’il n’obtiendrait pas de réponse. Mais pour l’heure, il était trop heureux de retrouver son meilleur ami et de reprendre une vie normale.

Annonciateurs d’une belle tempête de neige, de lourds flocons se mirent soudain à tomber à une vitesse vertigineuse formant une cascade blanche qui se déversait sur la ville. Louis rabattit sa capuche et accéléra le pas.

Malgré son impatience il fut contraint de s’abriter sous un porche. La tempête était si forte qu’il n’y voyait pas à un mètre. Au cœur de l’épais rideau blanc, il devinait des silhouettes sombres et encapuchonnées qui hâtaient le pas, surprises comme lui par l’amas cotonneux. Louis ne put s’empêcher de penser qu’un Sombre pourrait se cacher derrière chaque capuche. Il frissonna et chassa à grands coups de volonté l’image de l’horrible visage qu’il avait vu dans les flammes, lorsque, tout à coup, il sentit quelque chose se plaquer contre sa jambe. Paniqué, il s’écarta et chercha des yeux ce qui avait bien pu le frôler de la sorte. C’est alors qu’il vit Groumek qui, tout comme lui, se protégeait des mouillures de la neige. Le matou se mit à trembler et miaula tout en regardant Louis de ses grands yeux verts. Louis eut pitié et se pencha pour le câliner.

– T’es là, toi ? Tu habites dans le coin ?

Grelottant, le matou se mit néanmoins à ronronner et se frotta contre la jambe de Louis comme s’il voulait l’enrouler de son corps élastique.

– Tu n’as pas de famille ?

La présence du chat était rassurante. Louis le gratta derrière chaque oreille, ce qui eut pour effet de lui faire pencher la tête d’un côté, puis de l’autre, rythmant ainsi ses ronronnements.

– Dis donc, tu aimes ça, les gratouillis, toi !

Quelques secondes plus tard, la tempête cessa aussi rapidement qu’elle était venue. Seuls quelques flocons épars, dans un ultime ballet céleste, vinrent paisiblement s’éteindre sur le sol luisant. Louis épousseta son anorak et reprit sa route, Groumek collé à ses talons.

– Non, non ! Ne me suis pas, gros père ! Là où je vais, je ne pourrai pas t’emmener. Retourne chez toi !

Mais Groumek semblait ne pas vouloir comprendre.

« Après tout », se dit Louis, « les chats sont libres » et il continua son chemin sans plus s’inquiéter du matou.

Arrivé devant l’immeuble de Charles, il sonna. Au-dessus de lui, une fenêtre s’entrebâilla et la voix de son ami se fit entendre :

– Je descends t’ouvrir !

Louis perçut une cavalcade dans l’escalier et le bruit de la serrure qu’on déverrouille.

– Entre ! dit Charles, avec un large sourire.

Louis suivit son camarade sur les marches grinçantes dont le bois était tellement usé par endroit qu’elles formaient un creux. Arrivés tout en haut, ils pénétrèrent dans la cuisine où les attendait la mère de Charles.

– Bonjour Louis, dit madame Leguilloux, en l’embrassant. Oh, mon Dieu, tu es trempé ! Donne moi donc ton anorak, je vais le faire sécher sur le radiateur.

Les Leguilloux vivaient dans un modeste trois-pièces. Ils recevaient peu et avaient même été très réticents à l’idée d’accueillir un ami de leur fils, mais compte tenu des liens qui s’étaient tissés entre les deux enfants, madame Leguilloux avait insisté auprès de son mari pour faire une entorse aux habitudes familiales.

Leur appartement était si minuscule que s’y déplacer nécessitait une organisation extrêmement précise. Au centre de la cuisine, devant le buffet en bois peint, se trouvait une table recouverte d’une toile cirée dont la couleur était altérée aux endroits occupés par chacun des membres de la famille.

Petite et menue, Fanny Leguilloux se coiffait d’un chignon banane rigoureusement épinglé. De nature effacée, elle se comportait constamment comme si elle craignait de déranger contrairement à son mari qui parlait fort et plaisantait souvent. Eddy Leguilloux, le père de Charles était plutôt râblé avec des mains aussi larges et carrées qu’une planche à découper. Ses yeux bleus étaient soulignés de chaque côté par de fines ridules en éventail lui donnant en permanence un petit air guilleret. Son regard était franc, comme son rire qu’il laissait éclater sans réserve. Il lui arrivait cependant de se perdre dans ses pensées et de rester longuement silencieux en lissant son épaisse moustache. Comme s’il s’agissait là d’un signal, madame Leguilloux reprenait alors la conversation, laissant son mari à ses rêves.

Charles ne possédait aucune des caractéristiques physiques de ses parents surtout au niveau de la taille, mais Louis, qui se demandait souvent pourquoi il était si petit dut reconnaître qu’il ne tenait pas non plus de sa mère.

– Assieds-toi donc ! ordonna monsieur Leguilloux, en tirant une chaise, et goûte-moi ces madeleines. Tu m’en diras des nouvelles !

À peine Louis fut-il installé, que madame Leguilloux servit le goûter. Il s’agissait invariablement de madeleines au beurre ou de tuiles aux amandes qu’elle confectionnait elle-même, accompagnées de café au lait. Louis appréciait tout particulièrement les madeleines fondantes et prenait plaisir à imiter les parents Leguilloux lorsqu’ils les trempaient dans leur bol avant de les manger. Tout dans cet environnement semblait provenir d’une époque désuète, jusqu’aux habits de Charles qui avaient été à l’origine de l’amitié qui était née entre les deux garçons.

Louis se souvenait parfaitement de leur première rencontre.

Quand escorté par sa mère, Charles avait fait irruption pour la première fois dans la classe du cours élémentaire deuxième année où se trouvait Louis, sifflements et moqueries avaient fusé de toutes parts. Malgré son année d’avance Charles était bien plus grand que la plupart des élèves présents, pourtant ce n’était pas sa taille qui avait poussé certains élèves à s’étouffer de rire ni même son costume démodé bien trop large pour lui. Non, ce qui avait provoqué cette hilarité, c’était ses bretelles.

Dépassé par ce chahut soudain, l’instituteur avait tenté de rétablir l’ordre, mais sans succès. Seuls quelques élèves n’avaient pas participé à cette huée, dont Louis. Pris de compassion pour le nouveau, il s’était subitement levé et l’ayant saisi par le bras, l’avait conduit vers la place libre à côté de la sienne. Un silence total s’était abattu dans la classe, brisé peu de temps après par un simple « merci » lancé timidement par le nouveau venu.

À partir de ce jour-là, les deux garçons ne s’étaient plus jamais quittés et même si la venue de Charles au beau milieu du trimestre et sa tenue vestimentaire d’un autre âge avaient profondément marqué les esprits, sa gentillesse avait fini par avoir raison des persifleurs les plus récalcitrants.

À l’évocation de ces souvenirs, un sourire flotta sur les lèvres de Louis. Il engloutit une autre madeleine et suivit son ami dans sa chambre.

À l’exception d’un petit ours à la fourrure élimée et d’un immense poster représentant la Voie lactée, la pièce ne contenait que le strict nécessaire. La porte s’ouvrait sur un lit étroit à côté duquel une chaise servait de table de nuit. Une lampe de chevet et un livre y étaient posés, ainsi qu’un crayon-gomme et un petit carnet. Un vieux moniteur posé sur son unité centrale ainsi que deux enceintes et une mini-chaîne trônaient côte à côte sur une table calée contre le mur du fond. Contre la cloison qui jouxtait la cuisine se trouvait une vieille armoire dont les portes entrouvertes laissaient voir d’un côté, des affaires d’école et de l’autre, des vêtements.

Les deux garçons s’installèrent sur la descente de lit pour écouter le CD que Charles, grand amateur de blues, avait reçu pour sa fête. Ils commencèrent à parler de leurs passions communes. Musique, lecture, jeux vidéo, mais également arboriculture ou astronomie, tout y passait. Leurs discussions pouvaient durer des heures et madame Leguilloux était souvent obligée d’intervenir pour rappeler à Louis qu’il était temps de rentrer chez lui. Ce jour-là, alors que le solo de Stevie Ray Vaughan était à son apogée, des bruits étranges venus de la cuisine leur firent baisser le son.

– Veux-tu bien descendre de là ! Dehors ! Allez, ouste !

Charles sortit aussitôt de la chambre, suivi de Louis.

Debout au milieu de la pièce, madame Leguilloux tenait fermement le manche d’un balai dont elle avait dirigé la brosse vers le haut du buffet. Là-haut, coincé sous le plafond, un chat ramassé en boule crachotait d’un air outragé en direction de l’ennemi.

– Groumek ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? gronda Louis.

Surprise, madame Leguilloux se retourna.

– C’est ton chat ? questionna-t-elle.

– Non, pas du tout, je le connais juste un peu.

– On dirait pourtant bien qu’il t’a adopté ! fit Charles, en se souvenant tout à coup du chat et de la Drôle de Dame dont il n’avait toujours pas réussi à élucider le mystère.

Profitant de cette distraction, le matou sauta sur la table et fila se réfugier derrière les jambes de Louis.

Madame Leguilloux posa son balai contre le mur et s’approcha de l’animal qui, contre toute attente, se laissa caresser.

– Tu peux le garder avec toi si tu veux, proposa-t-elle à Louis. Je pensais qu’il s’était faufilé ici par hasard.

– Non, non, il ne faut pas, il risque de prendre de mauvaises habitudes.

Louis ouvrit la porte d’entrée et posa Groumek sur le paillasson.

– Tu ne peux pas rester ici, mon petit père. Tu n’es pas chez toi. Tu comprends ? expliqua-t-il doucement.

À la vue du regard implorant de l’animal, Louis se sentit empli d’une profonde culpabilité.

– Arrête de me fixer comme ça, ça ne sert à rien.

C’est alors que les yeux du chat se mirent à briller tellement fort qu’on aurait cru qu’il allait pleurer.

– J’y crois pas ! s’exclama Louis. Non, mais, quel comédien !

Amusé par les facéties du chat, Charles vint lui gratouiller la tête.

– Il est tout de même marrant ce gros pépère.

– C’est pas une raison, répondit Louis, fermement. Écoute, Groumek, tu m’attends là si tu veux, mais je t’interdis d’entrer. Compris ?

Se faisant violence, il tira Charles par la manche et referma la porte.

– Tu sais, il ne me dérange pas, dit la mère de Charles, tout en repoussant du pied le boudin servant à calfeutrer le bas de la porte. Et je suis sûre qu’il ne dérangera pas non plus Eddy.

– Non, non, c’est mieux comme ça, répondit Louis, et puis il risquerait de s’attacher et de toute façon, ce n’est pas mon chat.

Derrière la cloison, Groumek poussa de longs miaulements plaintifs, puis il gratta la porte avec ferveur.

– Non, mais tu entends ça ! dit Charles, en explosant de rire. Laisse-le entrer, va, puisque ma mère te le dit.

Louis ne se fit pas prier plus longtemps tant ça lui crevait le cœur de laisser cet animal grelotter. Il le prit dans ses bras ce qui déclencha chez Groumek un puissant ronronnement.

– Ben dis donc, on dirait qu’il vient d’avaler un moteur de tracteur ! s’exclama Charles. Allez, on l’emmène avec nous, comme ça, il se tiendra tranquille.

Une fois dans la chambre, Groumek vint se lover au creux des jambes de Louis et satisfait, ronfla de plus belle.

Les deux amis passèrent ainsi tout l’après-midi à bavarder tranquillement.

Charles, que la présence de Groumek rendait tout de même perplexe compte tenu de l’endroit où avait eu lieu leur première rencontre, n’osa pas revenir sur le sujet sensible de la Drôle de Dame.

Quant à Louis, il ne révéla rien des confidences qu’on lui avait faites. Il n’aimait pas cacher des choses à son meilleur ami, mais il ne se voyait guère lui dire qu’il descendait d’une famille de magiciens en guerre contre des extra terrestres sanguinaires.

*****

Il faisait nuit lorsque Louis prit le chemin du retour, Groumek collé à ses talons. Monsieur Leguilloux avait proposé de le raccompagner, mais Louis avait refusé de le déranger. Il laissa derrière lui les lumières chatoyantes du centre-ville pour s’enfoncer dans les ruelles étroites du plus ancien quartier de la cité. Le silence de ces lieux contrastait violemment avec les bruits du centre, surtout en cette période de fêtes. Ranah avait toujours recommandé à son fils de ne pas prendre ce raccourci seul, mais il était tard et Louis gagnerait un temps précieux.  

L’endroit était si délabré qu’il n’y avait presque plus d’habitants. Plusieurs projets de réhabilitation n’avaient jamais vu le jour si bien que certains logements s’étaient transformés en squats. Les rues manquaient cruellement d’éclairage et l’amas de nuages ainsi que la brume qui s’était abattue sur la ville ajoutaient au manque de visibilité. Un silence presque surnaturel régnait en ces lieux que seul l’écho des semelles de Louis claquant sur les pavés glacé venait trouer. Le garçon éprouva un sentiment de malaise et regretta son choix, mais il était trop tard pour faire demi-tour. Soudain, des pas se firent entendre derrière lui, plus sourds, plus lourds. Le cœur de Louis s’accéléra. Il se retourna. Personne. Tentant de refouler la panique qu’il sentait poindre, il pressa le pas et tendit l’oreille. Quelques secondes plus tard, il crut entendre comme un grognement. Ou peut-être était-ce un grincement ? Une sueur froide l’envahit. Il envisagea de se mettre à courir, mais il ne voyait rien dans cette ruelle plus noire que la nuit. Il respira profondément pour se calmer. « Surtout », se dit-il « ne pas montrer sa peur ». Un miaulement le fit sursauter. À ses pieds, Groumek trottinait, queue haute et museau levé. Le chat ne semblait pas le moins du monde inquiet, ce qui rassura Louis. Les nombreux porches qui longeaient la ruelle abritaient parfois des sans-abri, il avait dû en déranger un. Néanmoins, plus tôt il serait sorti de cet endroit, mieux ce serait.

Il atteignit bientôt le quartier des écoles. Les lampadaires qui bordaient la route diffusaient une lumière chaude et rassurante. Ses craintes s’estompèrent dès qu’il aperçut son immeuble. C’est à ce moment-là que Groumek lui faussa compagnie pour s’engager dans l’étroite venelle qui rejoignait le collège. Louis en déduisit que l’animal connaissait probablement un endroit où dormir au chaud, il se hâta donc de rentrer chez lui.

Après avoir posé son anorak sur le portemanteau de l’entrée, il rejoignit sa mère dans la cuisine.

– Elle est où, Élusine ?

– Partie faire un petit tour en ville.

Même si Louis commençait à s’habituer à la présence de cette tante qui finalement n'était pas si désagréable, il fut heureux de se retrouver seul avec sa mère.

– Au fait, annonça-t-il joyeusement, j’ai invité Charles pour mon anniversaire !

– Ah bon ?

– Oui, comme tous les ans. Fallait pas ? Demanda-t-il, en constatant l’air contrarié de sa mère.

– Si bien sûr, mais tu aurais dû m’en parler avant.

– Pourquoi ?

– Eh bien, à chaque solstice il y a ce qu’on appelle la Grande Rencontre, une sorte de réunion annuelle à laquelle participe notre famille. J’avais pensé que nous pourrions peut-être y aller pour que tu fasses connaissance avec les tiens.

– Mais tu ne m’as rien dit !

– Je pensais le faire ce soir.

Louis se laissa tomber lourdement sur une chaise et croisa les bras d’un air renfrogné. L’après-midi passé avec Charles lui avait presque fait oublier les aveux de la veille. Percevant son tourment, sa mère s’installa près de lui.

– Écoute, je suis désolée pour ton anniversaire et je sais aussi que tu es chamboulé par tout ce qui arrive, mais il me semble difficile de continuer comme avant maintenant que tu sais qui tu es.

– Justement, je ne sais plus très bien qui je suis depuis quelque temps, figure-toi.

– Tu es toi, Louis, avec tout ce qui est dans ta tête et dans ton cœur. Ça, ça ne peut pas changer.

Louis garda le silence.

– J’avoue que je serai tellement heureuse de pouvoir enfin te présenter aux nôtres. Pour une fois, nous pourrions peut-être fêter ton anniversaire avec Charles le lendemain ?

– Le lendemain ? Ça veut dire que la rencontre a lieu près d’ici ?

– Il faut compter environ deux heures de trajet. La Grande Rencontre dure trois jours, mais nous n’irions que quelques heures, juste pour faire un peu connaissance. Si nous nous débrouillions bien, nous pourrions être de retour au petit matin.

Ranah laissa un silence puis reprit :

– Si tu ne te sens pas d’y aller, je comprendrais.

Au même moment, Élusine entra en trombe portant dans ses bras un monceau de paquets multicolores, qu’elle posa en vrac sur la table du salon.

– Ouf ! J’ai bien cru que je n’arriverais pas jusque-là ! Bonsoir, mon loulou, tu vas bien ?

– C’est quoi tout ça ? questionna Louis.

– Des paquets, comme tu vois.

– Pour qui ?

– Pour Noël, petit curieux.  

– C’est pour tes enfants ?

Élusine posa rapidement ses paquets sur le coffre de l’entrée et se précipita dans la chambre d’amis sans répondre.

– Qu’est-ce que j’ai dit, là ?

Louis avait bien du mal à comprendre cette tante aux réactions incandescentes.

– Tu n’y es pour rien, répondit Ranah. Noël ne se fête pas de cette façon chez les Blanches-Fées et puis tu as déjà dû te rendre compte que les réactions d’Élusine sont parfois un peu déroutantes.

Ranah ramassa les paquets et les rangea délicatement dans le coffre de l’entrée.

Élusine ne revint pas pour le repas du soir. Son absence creusa un vide et affecta le garçon plus qu’il ne l’aurait cru. D’une humeur maussade, il ne fit guère honneur au repas préparé par sa mère et sans même finir son assiette, il rejoignit sa chambre en traînant des pantoufles.

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