Une toux violente me ramène à la réalité.
Ma première sensation est celle de l’étouffement. Un poids écrasant comprime ma poitrine, m’empêchant de respirer. Je panique, je me débats dans le noir absolu. Suis-je mort ? Est-ce que c’est cela, le néant ? Vais-je me réincarner au premier des Sept Enfers ? Mes doigts grattent frénétiquement autour de moi et rencontrent une matière granuleuse.
Du sable.
Je suis enterré. L’instinct de survie prend le dessus, je donne des coups de pied, je nage dans cet océan friable jusqu’à ce que ma main perce la surface. L’air frais s’engouffre dans mes poumons en me brûlant comme du feu.
Je crache une boue rougeâtre. Le monde a cessé de tourner. Je suis à moitié enseveli sous une dune, le corps perclus de courbatures, un sifflement aigu dans les oreilles. Le ciel, au-dessus de moi, retrouve une teinte ocre maladive. La tempête s’éloigne en grondant vers le sud, tel un titan rassasié.
« Salim ! »
Des mains me dégagent du sable avec une énergie désespérée. Je reconnais cette voix, ce mélange de panique et de soulagement.
« Syndra... croassé-je, la gorge râpeuse comme du papier de verre.
– Louée soit l’Immortelle, tu es vivant ! »
Elle m’aide à m’asseoir. Elle est dans un sale état : une coupure saigne abondamment sur son front, sa robe en lambeaux est maculée de poussière et de sang séché. À ses côtés, Vipérine lèche ses écailles arrachées en poussant de petits gémissements. Syndra me serre brièvement l’épaule pour s’assurer que je ne vais pas me briser en morceaux.
« J’ai cru te perdre, souffle-t-elle. Quand la souche a lâché... J’ai crié, mais le vent...
– J’ai vu la princesse. »
Je la coupe net, l’esprit encore embrumé par les images résiduelles de ma vision. Syndra se fige. La couleur quitte son visage, la rendant aussi pâle que l’apparition de Ceara. Ses doigts se crispent sur ma tunique.
« Une femme en blanc ? Avec une couronne de bois et une gemme étincelante ?
– Tu l’as vue aussi ? »
Elle hoche lentement la tête, les yeux écarquillés d’effroi.
« Elle m’a parlé, Salim. Elle a envahi mon esprit. Elle m’a montré des choses... »
Sa voix se brise. Elle agrippe mon bras si fort que ses ongles s’enfoncent dans ma chair.
« J’ai vu la Cité-Monde en feu. Les tours d'argent qui s'effondraient... Tout le monde mourait, Salim. Tout le monde.
— Je sais, murmuré-je, l'estomac noué. J'ai vu la même chose. Le ciel noir. Les flammes qui dévorent les quartiers. »
Nous échangeons un regard terrifié. Ce n'était pas un simple cauchemar.
« Elle a dit que c'était la fin, reprend Syndra d'une voix blanche. Que les sceaux allaient se briser pour libérer... »
Elle n'ose pas finir sa phrase, comme si le mot pouvait nous consumer. Je le prononce pour elle.
« Morgulath. »
Le nom flotte entre nous, lourd de sens. Jusqu'à aujourd'hui, ce n'était qu'un juron populaire ou une histoire pour effrayer les enfants. Par les couilles de Morgulath. Mais là...
« Ce n'est pas un mythe, Salim, chuchote-t-elle en frissonnant. Il est réel. »
Un silence de mort s'installe, plus pesant que la chaleur du désert. Nous ne sommes que deux gamins des Fosses perdus au milieu de nulle part, et pourtant nous venons de découvrir qu’un démon que tout le monde croit légendaire s'apprête à détruire Ambreciel.
— Et cette femme... continue-t-elle en frottant machinalement son bras, là où les nervures argentées pulsaient plus tôt. Celle dont la princesse nous a avertis.
— Celle-Qui-Marche-Dans-Les-Pas-D’un-Homme, terminé-je. C'est elle qui déclenchera tout ça. »
Je me force à me lever. Mes jambes flageolent, mais elles me portent. Je scrute l’horizon, cherchant une trace de la destruction qui s’annonce. Les disciples de l’Ombre sont déjà en chasse. Un frisson remonte mon échine. Ce fichu désert me paraît encore plus menaçant que d’habitude.
« Il faut qu’on bouge, dis-je en ramassant mon couteau en corne de boursoufleux tombé dans le sable. Si on reste ici, on est morts. La caravane a dû s’abriter près de la borne. »
Nous nous remettons en marche. Le relief a changé avec le passage de la tempête. Des dunes entières ont été déplacées et de nouvelles crevasses déchirent le plateau. L’une d’elles nous oblige à faire un long détour près d’une formation rocailleuse que je ne connais pas. Je redouble de prudence à chaque pas tant que nous n’avons pas rejoint la piste. Pour éviter un éboulis de roches tranchantes, nous nous engageons dans un défilé étroit, une sorte de canyon creusé par l’érosion au fil des siècles. L’ombre y est fraîche mais oppressante. Le vent s’y engouffre en gémissant, créant des échos plaintifs tout autour de nous. J’avance le dos voûté, les nerfs à vif, sursautant au moindre craquement sur le gravier. Syndra me suit, silencieuse, une main posée sur le cou de Vipérine.
Soudain, la cavaline s’arrête net. Elle émet un sifflement d’alarme, ses écailles se hérissent et elle claque des mâchoires dans le vide. Elle recule, bousculant sa maîtresse.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » demandé-je.
Un grognement sourd fait trembler les parois du canyon. Un relent de charogne et de sang caillé me prend à la gorge, si fort qu’il me donne la nausée. Je connais cette odeur. Je l’ai sentie juste avant que Fauve ne se fasse briser la nuque.
Le pâle-échine.
Au détour du virage, une silhouette sombre nous barre le passage. Il est là, à dix mètres à peine. Mais il n’a plus sa superbe de prédateur alpha. La tempête ne l’a pas épargné. Un énorme rocher s’est détaché de la paroi et lui écrase l’arrière-train. L’une de ses pattes est prise au piège, broyée sous la masse. La bête est à l’agonie, mais c’est là qu’elle est la plus dangereuse. En nous voyant approcher, elle se redresse sur ses pattes avant. Sa lame dorsale crisse contre la pierre. Elle ouvre une gueule aux crocs démesurés et pousse un rugissement sonore.
« Recule ! » je crie à Syndra en brandissant mon arme dérisoire.
Le pâle-échine tente de bondir, mais le rocher le tient prisonnier. Il retombe lourdement en hurlant de rage et de douleur. Dans son mouvement, j’aperçois quelque chose derrière lui, niché dans une anfractuosité de la falaise. Deux formes grisâtres, pas plus grosses que des chiots, qui tremblent.
C’est une femelle.
Elle n’attaquait pas le convoi pour chasser. Elle voulait protéger sa portée.
« On doit faire demi-tour, dis-je en tirant Syndra par la manche. Elle est coincée. On peut contourner par le plateau. »
Je m’interromps. Mon amie ne bouge pas. Elle ne regarde ni les crocs tranchants comme des rasoirs, ni la lame d’os capable de nous couper en deux. Elle observe les yeux laiteux de la bête. Son visage est décomposé, parcouru de spasmes. C’est le même état de choc qui l’avait déjà pétrifiée devant la banque Jermane&Soeurs.
« Elle souffre tellement, murmure-t-elle. Salim, c’est insupportable. Je sens sa douleur... Elle a peur pour ses petits. C’est comme un acide qui me brûle les veines. »
Avant que je puisse l’arrêter, elle fait un pas vers le monstre.
« Syndra, non ! Tu es folle ? »
Vipérine siffle, mais ne s’interpose pas. Au contraire, la cavaline avance aux côtés de sa maîtresse, la tête basse en signe de soumission. Le pâle-échine claque des mâchoires, bave une écume rosâtre. Il va la tuer. Il va la déchiqueter en une seconde.
Syndra s’arrête juste hors de portée de ses crocs. Elle désigne le bloc de pierre qui écrase la patte arrière de la créature.
« Aide-moi, Vipérine ! Pousse ! »
La cavaline comprend immédiatement. Elle se glisse sur le flanc, cale son épaule écailleuse contre le rocher et pousse de toutes ses forces, grognant sous l’effort. Le pâle-échine rugit, se débat, la douleur de sa patte brisée devenant intolérable.
« Allez ! » crie Syndra en ajoutant son maigre poids à l’effort.
Je devrais les abandonner. Je devrais fuir. Mais je ne peux pas laisser mon amie se faire dévorer. Jurant contre ma propre stupidité, je range mon couteau dans ma tunique et je me précipite pour les aider. Mes sandales dérapent dans le sable.
« À trois ! Un... Deux... Trois ! »
Dans un râclement sinistre, le bloc bascule de quelques centimètres. Juste assez. Le pâle-échine, dans un réflexe de survie, tire violemment sa patte en arrière. Le membre est broyé, tordu, une bouillie d’os et de chair sanguinolente. La bête hurle, prête à mordre tout ce qui bouge. Je recule précipitamment, tirant Syndra par le col.
Mais elle se dégage.
Syndra lève doucement la main. Les nervures argentées s’illuminent sous sa peau, brillant d’un éclat intense dans la pénombre du canyon. Cette fois, elles ne pulsent pas de manière chaotique. Elle fronce les sourcils, concentrée.
« N’aie pas peur, dit-elle d’une voix tremblante mais déterminée. Laisse-moi faire. »
La bête, libérée mais folle de douleur, se tourne vers elle. Syndra continue d’avancer, paume tendue. Elle arrive à portée de sa gueule. Je retiens mon souffle, le cœur au bord des lèvres.
Elle pose sa main sur le museau rugueux du monstre.
Le contact est électrique. Le prédateur se fige.
Et soudain, Syndra hurle.
C’est un cri terrible, inhumain, qui déchire le silence. Son corps se cambre violemment en arrière. Sa jambe gauche se tord dans un angle impossible, comme si une masse invisible venait de la broyer. J’entends le craquement sinistre des os ou des ligaments. Elle s’effondre à genoux, le visage déformé par une douleur atroce.
« Syndra ! »
Je me précipite, mais Vipérine me barre la route en hérissant ses écailles. Je suis impuissant. Je regarde mon amie se tordre dans la poussière, pleurer toutes les larmes de son corps, tandis qu’une plaie béante s’ouvre sur son fémur, pile à l’endroit où l’arête du rocher a tranché la chair de la créature à vif.
Et là, sous mes yeux, le miracle se produit.
Le pâle-échine cesse de grogner. Sa respiration, d’abord saccadée, s’apaise. Il pose sa tête énorme près de Syndra et se frotte contre sa robe comme un chaton. La tension quitte ses muscles. Il ne souffre plus.
Syndra a absorbé sa douleur.
Lentement, les pleurs de mon amie se calment. Les arabesques d’argent sur son bras brillent d’une lumière aveuglante et les blessures de sa jambe se referment. Elle se redresse, haletante, en sueur, les yeux écarquillés de stupeur. L’os se remet en place avec un dernier crac écœurant et les motifs surnaturels disparaissent. Elle masse son mollet indemne avec une grimace, tâtonne sa cheville, incrédule.
« Ça a marché... souffle-t-elle, la voix brisée. Je n'en reviens pas. Ça a vraiment marché ! »
Elle regarde sa main gauche et la bête apaisée avec des yeux ébahis. Il n’y a plus de peur dans son regard, seulement une fascination terrifiée. Une prise de conscience de ce qu'elle est capable d'accomplir.
« Repose-toi, ma belle », dit-elle à la créature.
L’animal ferme ses yeux laiteux. Il est épuisé, mais guéri. Deux boules de poils grises sortent de sa tanière et viennent, d’un pas hésitant, s’allonger contre son poitrail. Les jeunes pâle-échines n’ont pas encore l’allure monstrueuse et redoutable de leurs parents. Ils sont si mignons que j’ai presque envie de les caresser.
« On peut passer, Salim. Elle ne nous fera pas de mal. »
Syndra se tourne vers moi et je la regarde comme si c’était une étrangère. Une déesse ou un démon ? Je l’ignore. Elle semble avoir vieilli de dix ans en quelques secondes. Nous longeons la paroi en rasant le mur, à quelques centimètres des crocs du pâle-échine. Les deux petits nous observent avec des yeux ronds, blottis l’un contre l’autre. Une fois sortis du défilé, je m’effondre contre un rocher pour reprendre mon souffle. Mes mains tremblent et mon cœur bat à toute vitesse.
« Qu’est-ce que tu as fait ? je demande, la voix blanche. Tu savais ce qui allait se passer ?
– Je l’espérais, répond Syndra en essuyant la sueur de son front. J’ai essayé de... D’aspirer sa douleur en moi. Mais je ne pensais pas que ça ferait aussi mal. J’ai cru que j’allais mourir, Salim. »
Elle frissonne, encore secouée par ce qu’elle vient de vivre. Je fixe les motifs argentés qui s'estompent sur sa peau. Je repense au soldat fouetté par Dolan. Aux cris de Syndra sur la place. Tout s'éclaire d'une lumière nouvelle et effrayante.
« Alors... ce n'était pas lui, je réalise. Le prisonnier. Ce n'était pas un maléfice qu'il t'avait jeté.
— Non, Salim.
— C'est toi. Tu as choisi de souffrir à sa place tout à l'heure. Tu l’as soulagé des coups de fouet comme tu as soigné les os broyés de cette pauvre bête. »
Elle baisse les yeux, triturant un pan de sa robe déchirée, incapable de soutenir mon regard accusateur.
« Je ne peux pas m'en empêcher, murmure-t-elle dans un souffle. C’est plus fort que moi. Quand je vois quelqu’un souffrir... Ça a commencé la semaine dernière. Ma sœur s’est tordue la cheville en jouant dans une ruelle, et j’ai ressenti une douleur fulgurante. Elle ne pouvait plus poser le pied par terre, mais cinq minutes après, elle voltigeait au-dessus des canaux de la Fangeuse comme si rien ne s’était passé. Ma main brillait d’une lueur étrange. J’en ai parlé à mon père, qui m’a fait promettre de garder le secret. Il disait que si quelqu’un le découvrait, je serais exécutée comme les Corrompus. »
Un vide abyssal s’ouvre en moi.
Elle était au courant. Elle supporte ce martyr depuis des jours. Elle m’a menti pour se protéger.
« Au début, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait », reprend-elle d’une voix hachée, et je devine tout son soulagement de pouvoir enfin se confier. « Mon pouvoir se déclenchait tout seul, dès que je ressentais une émotion trop forte dans mon entourage. Je partage tout avec mes proches, Salim. La joie. La colère. La souffrance. C’est comme une cacophonie qui ne s’arrête jamais sous mon crâne. Mais là, avec le pâle-échine... C’était différent. J’ai voulu le faire. »
Une colère froide m’envahit, mêlée à une admiration que je refuse d’admettre. Je m’en veux d’avoir jugé Syndra si sévèrement. Je ne vaux pas mieux que tous les autres. Je la saisis par les épaules, d’un geste un peu trop brusque.
« Ce prisonnier, dis-je. Tu le connais, n’est-ce pas ? Ce n’était pas juste de la pitié pour un inconnu. Tu étais prête à te sacrifier pour lui en épousant Dolan. Qui est-ce ? »
Elle prend une longue inspiration, hésite, puis lâche finalement le morceau.
« C’est Jaken Main-Noire. »
Je manque de m’étouffer. Je la lâche comme si elle venait de me brûler.
« Tu te moques de moi ? Ce soldat à moitié ivre ? Le plus grand voleur de la Cité-Monde ?
— C'était mon mentor, Salim. Pendant deux ans. Il m'a appris à ouvrir les serrures, à grimper aux murs, à mentir... Tout ce que je sais, toutes ces escapades nocturnes dont je ne t'ai jamais parlé, ça vient de lui. »
Je suis abasourdi. Ma meilleure amie, l'apprentie de la célèbre Main-Noire ? Je la regarde différemment, soudain conscient de tous ces moments où elle disparaissait sans explication, de cette agilité féline qu'elle a développée.
« Mais pourquoi tu es ici, alors ? Pourquoi trimer dans les mines si tu étais son élève ?
— Parce qu'il m'a abandonnée, lâche-t-elle d'une voix qui tremble de rage contenue. Lors d'un coup qui a mal tourné, l'année dernière. Je me suis fait prendre. Lui... il a continué sa mission. Il m'a laissée aux gardes pour faire diversion. C'est à cause de lui que je suis condamnée à cinq ans de travaux forcés. Il n'est jamais revenu me chercher. »
Je sens une bouffée de chaleur me monter au visage. Je repense à l’attitude étrange de Syndra, quand elle a vu l’apprentie de Jaken près de Jermane&Sœurs, enfermée dans la cage. Maintenant, je comprends tout. Elle savait que la Main-Noire ne reviendrait pas la libérer. Avec son pouvoir magique, elle a ressenti la peur de l’apprentie comme si c’était la sienne. Elle a revécu son propre traumatisme à travers elle.
« C'est une ordure, craché-je. Une pourriture. Pourquoi tu tenais tant à le sauver ? Par loyauté ?
— Non, Salim. »
Elle relève la tête, et il y a dans son regard une lueur de défi mêlée à une tristesse infinie.
« Je l'ai sauvé parce que... parce que malgré tout ce qu'il m'a fait, je n'arrive pas à le haïr. J'ai passé deux ans à l'admirer, à vouloir être comme lui. Et quand je le vois souffrir... c'est plus fort que moi. »
Je la dévisage, incrédule. Ce n'est pas juste de l'admiration. C'est de l'idolâtrie. Elle parle de lui comme on parle d'un dieu cruel qu'on continue de prier même quand il nous blesse. C'est pathétique, et terriblement dangereux.
« Il va te détruire, Syndra, dis-je durement. Ce type t'a déjà gâché la vie une fois. Si tu crois qu'il en a quelque chose à faire de toi...
— Je sais ! me coupe-t-elle, les larmes aux yeux. Je sais qu'il est égoïste, je sais qu'il est dangereux. Mais je ne peux pas le laisser mourir sous le fouet de Dolan. Je ne peux pas. »
Je hoche la tête, impuissant, les poings serrés. Je voudrais la secouer, lui ouvrir les yeux sur cette loyauté malsaine, mais son regard de chien battu me désarme. Elle est piégée. Victime de sa magie qui l’a liée à lui, et entravée par ses propres sentiments absurdes.
Soudain, des cris étouffés et le bruit d’une cavalcade nous parviennent. Des tintements métalliques et des sifflements de cavalins résonnent, un nuage de poussière impressionnant se soulève dans l’air. Nous échangeons un regard inquiet et pressons le pas pour atteindre le sommet de la dune suivante. De l'autre côté, le vent est tombé, laissant place à un spectacle de désolation qui nous coupe le souffle.
« Oh, non... »
En bas, d’épaisses volutes de fumée noire montent vers le ciel. Elles s’échappent d’une longue colonne de chariots brisés, derrière lesquels une foule de Fangeux effrayés tentent de se réfugier.
La caravane est presque entièrement détruite.