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Chap 19 Rude soirée

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Par Anna.Lyse

ELENA

On arrive tous les trois à l’appartement épuisés après cette soirée mouvementée. Alec se dirige tel un automate vers le salon. Il pousse un soupir en retirant sa veste pour la poser sur le dossier du canapé. Je le regarde avec attention, cherchant à évaluer son état. Je sais que même s’il souffre il ne le dira pas. Le sang à séché sur ses phalanges et je ne sais pas si c’est le sien ou celui du type sur qui il a tapé.

— Tu veux que je te soigne ça ?

Alec tourna la tête vers moi.

— Nah, c'est rien, j'vais juste prendre une douche.

Il m’adresse son plus beau sourire agrémenté d'un petit clin d'œil, le combo d’Alec pour faire chavirer le cœur des gens et je sourie. C’est tellement bon de retrouver Alec, enfin, cette part d’Alec. Je sais désormais que derrière cet air insouciant se cache les ténèbres et si je me demande quel part d’ombre abrite son cœur, je ne suis pas prête à lui poser des questions. Je ne suis pas sûre qu’il accepte d’y répondre et si je veux être honnête, je ne suis surtout pas prête à me dévoiler moi.

— Ok, mais tu fais pas ta Diva. Hors de question que tu vides le ballon d'eau chaude cette fois encore. Et puis si tu traînes trop ton chocolat sera froid et ce sera tant pis pour toi.

Il m’adresse un nouveau sourire puis, s'approche de moi, doucement, jusqu'à me serrer contre lui avec tendresse. Surprise, je me crispe légèrement mais il y a tellement de gratitude dans son geste que je me laisse aller dans ses bras. Il embrasse mon front et murmure à mon oreille.

— T'es la meilleure, chaton.

— Je sais, rétorquais-je avec un sourire en coin.

Il me sert une dernière fois dans ses bras avant de s’écarter pour disparaître dans le couloir. Sitôt hors de vue, je me dirige vers la cuisine un peu troublée, où Harry m’attends les yeux rivés sur son téléphone.

— À qui tu parles ?

Harry lève la tête vers elle, un sourire de vainqueur aux lèvres,.

— À Sacha, la copine de Becky

Je ne peux pas m’empêcher de grimacer en repensant à elle. Harry remarque ma réaction et s’en amuse.

— On dirait que tu l’aimes pas beaucoup.

— C’est pas ça, je la connais même pas. C’est juste que j’ai pas vraiment apprécié la façon dont elle s’est comporté avec moi, même si je comprends qu’elle était surtout inquiète pour Alec.

— C’est vrai, on l’était tous mais tu as géré. Merci.

Je ne sais pas trop quoi répondre à ça alors je me tais. Je l’ai tout de même envoyé balader et je ne sais pas trop comment il l’a pris. Harry me regarde m’affairer en cuisine.

— Qu’est-ce que tu fais ?

— Ben, ça se voit pas ?! Je fais du chocolat chaud.

— Et moi ? Je n'ai pas droit à mon chocolat, p'tite sœur ? demande-t-il d'un ton faussement plaintif.

— Bien sûr que si, c’était prévu. Faut bien que je m'occupe de toi grand frère si j'veux pas que tu me fasses une crise de jalousie.

Visiblement, si je l’ai blessé, il ne m’en tient pas rigueur et ça me rassure. Même s’il ne me comprend pas aussi bien qu’Alec désormais, il reste mon frère, et je l’aime énormément. Sa présence et celle d’Alec sont comme un baume sur mes blessures invisibles.

Harry s'avance à côté de moi puis se laisse aller contre le comptoir, l'air songeur, mordillant légèrement ses lèvres, hésitant. Après un moment, il lâche, presque maladroitement,

— Tu aimes bien Alec finalement...

— Tu oublies que c'est aussi un peu mon pote, non ? Certes, on se taquine beaucoup, mais il compte aussi pour moi. Il peut-être puéril et agaçant parfois, souvent même, mais, on est une famille. On veille les uns sur les autres.

Harry acquiesce, visiblement touché, et après une courte pause, il reprend :

— À propos de tout ça... Je me disais que tu devrais peut-être savoir certaines choses...

Je pose une main sur sa bouche pour le faire taire.

— Non Harry ! Je sais pas ce que tu as l’intention de me dire mais je veux pas avoir ! Il m’en parlera de lui-même s'il en a envie. C'est à lui de me raconter son histoire. Et puis, ça lui ferait sûrement plus de mal que de bien si tu m'en disais trop. Il t'en voudrait, tu le sais aussi bien que moi, et votre amitié est précieuse.

Le regard de Harry s'adoucit encore davantage, une admiration sincère brille dans ses yeux.

— J'sais pas ce qu’il serait arrivé sans toi ce soir... Avant, c’est moi qui veillait sur vous mais, on dirait bien que les rôles ont changé. Alec avait raison, tu es devenu une femme. Tu m'impressionnes, Sparky.

J’admire Harry. Il arrive toujours à exprimer ce qu’il ressent. C’est tellement compliqué pour moi. Je crois que moi-même je n’arrive pas toujours à comprendre ce que je ressens.

— Merci. Même si parfois j’avoue que ton côté surprotecteur de grand frère m’étouffe un peu, je suis contente que ce soit toi celui que tu es, tu le sais ?

L'expression d'Harry s'assombrit  tout à coup.

— Qu'est-ce qui t'arrive ?

— Rien, me répondit il tout d'abord.

— Me racontes pas de conneries, dis moi ce qui va pas, insistais-je.

Il souffle et s'adosse au comptoir, incapable de me regarder dans les yeux tandis qu'il s'ouvre un peu plus à moi

— J'me sens con. J'vois bien que toi et Alec il y a des moments où ça va pas, mais j'arrive jamais à vous aider. J'suis un gros tocard incapable d'aider ceux qu'il aime.

Son expression me peine et je le prend dans mes bras avec tendresse.

— T'as tort Harry . On a besoin de toi, tout autant moi qu'Alec. On t'aime et tu es notre licorne à nous. Le gars lumineux sur lequel on peut toujours compter. Si on ne parle pas, c'est pas qu'on veut pas, c'est juste que c'est trop dure. Laisse nous du temps. On t'aime tous les deux et on a besoin que tu restes tel que tu es! Tu es notre rocher, celui sur lequel on peut s’appuyer, tu l'as toujours été. Je crois que c’est pour ça que j’ai fini par prendre mes distances quand j’étais à New York.

Je reste plaquée contre son torse. Je n’arriverais jamais à lui dire ce que j’ai sur le cœur si je croise son regard.

— C’était trop dur de parler avec toi comme si de rien n’était alors que j’avais l’impression qu’on m’avait arraché le cœur en m’éloignant de toi. Je suis désolée pour ça. Je suis désolée si tu as parfois l’impression que je garde mes distances mais, c’est compliqué pour moi d’aimer. Je t’aime Harry.

Il me sert fort contre lui et je laisse échapper quelques larmes. Il me berce dans ses bras tel une enfant. Des souvenirs nostalgiques me reviennent. Quand j’étais petite, il me faisait des câlins comme ça chaque soir. Ou pour être tout à fait honnête, je l’obligeais à m’en faire chaque soir. C’était comme un rituel qui me laissait croire que, grâce à ce câlin magique, je serais protégée des monstres et que je pourrais faire de beaux rêves.

— Je serais toujours là pour toi Sparky. Quoi qu’il arrive, je reste ton grand frère.

Je relève la tête, l’embrasse sur la joue puis je m’écarte. Le chocolat est prêt, je le verse dans les tasses et son parfum embaume l'appartement.

— Quelle soirée ! S’exclame Harry, le regard perdu au plafond.

— C’est claire, c'était pas la soirée que j'avais imaginé à la base. J'suis prête à parier qu'Alec aussi s'imaginait passer une nuit bien plus... Acrobatique.

Harry éclate de rire et hausse les épaules amusé.

— Le pauvre n'est pas le seul dans ce cas. Mais... moi j'ai un numéro, Sacha, alors qu'Alec s'emmerde jamais avec ces détails. Enfin maintenant il fera peut-être plus attention.

Je lui donne un petit coup de hanche.

— Veinard va! Profites en bien.

Alec réapparaît peu de temps après, les cheveux encore humides, le pantalon de jogging tombé bas et le torse nu, les abdominaux saillant. Mmh, effectivement. Il est plutôt bien foutu. Il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte.

Je dissimule mon trouble derrière un sourie et je lui tend sa tasse de chocolat.

— Alors, l'eau était bonne ? J'ai failli entrer tellement t'en as mis du temps. J'voulais voir si princesse avait perdu connaissance.

Alec hausse un sourcil, esquissant un sourire joueur en se positionnant face à moi, son visage à quelques centimètres.

— Et toi, tu devrais pas jouer la provocatrice, "chaton". C'est une invitation à la luxure, et après cette soirée, j'ai clairement pas eu ma dose.

Harry s'interpose pour l’éloigner.

— Gardes tes distances mon pote.

Je sourie à mon frère malicieusement.

— Sérieusement, Harry, c'est Alec ! Il est tellement incapable de bander pour moi que ça en deviendrait presque humiliant.

Je tourne ma tête vers Alec et lui lance un clin d'œil. Il déglutit, gêné. Je sais qu’en cet instant il se souvient de notre petit jeu sur le canapé. Et oui mon grand, il n’y a pas que toi qui sait charmer. Il m’adresse un regard appuyé, plein de reproches. Il a sans doute peur qu’Harry finisse par se poser des questions. Je ne devrais peut-être pas jouer avec le feu mais c’est tellement plaisant de le taquiner.

Alec enfile un t-shirt sans dire un mot tandis que Harry et moi nous dirigeons vers le salon. Je suis mon grand-frère, et en passant devant mon autre coloc, j’accentue légèrement mon déhanché. En jetant un coup d’œil par dessus mon épaule, je constate avec satisfaction que le regard d’Alec est braqué sur mes courbes. Il relève la tête et je luis souris de toutes mes dents. Grillé l’ami ! Même pas gêné, il m’adresse un clin d’œil qui m’arrache un rire.

— Qu’est-ce qui te fait rire comme ça ? Demande Harry.

— Rien, cherche pas.

Harry me regarde avec perplexité et jette un regard à Alec qui lui répond innocemment par un haussement d’épaule. Heureusement, il est bien trop fatigué et cela me convient très bien. Nous nous installons confortablement pour boire nos chocolat chaud à la guimauve. Je m’amuse de voir Alec s’asseoir loin de moi. Ouais, jouer avec le feu est dangereux mais bien trop tentant.

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