Le cierge à la main, la toge longue et blanche, l’enfant couronné de blond
Sourit mollement face à l’objectif,
L’air absent des grandes inquiétudes déjà
Plaqué sur ce visage.
La nuit tombe. Le ciel, presque violet dans les profondeurs de son indigo,
Sent si bon, est si chaud, des astres lointains
Y jettent des éclats blancs épars éphémères, radieux.
L’enfant pose le cierge éteint contre une statue, n’importe laquelle, une femme peut-être,
Elle a l’air pensif sous la pierre.
La porte bat, et le garçon s’en va,
Et dehors, le sol compact est rude sous son pied,
Mais l’air est tendre et l'enveloppe
Et des bruits se font entendre, des airs,
Du métal clair et chantant qui se mêle aux cordes pincées
Aux lianes de crin
De la lumière, aussi, sous le velouté du ciel
Un peu vive et parsemée d’ombres dansantes,
Le garçon s’approche.
Un petit piano, adossé à une charrette, l’attend.
Ses doigts se posent sur les touches un instant
S’élancent finalement pour se joindre aux autres et clamer au ciel,
Au ciel généreux de la nuit
Des choses sans noms, éphémères
Radieuses
Présentes
Qui flottent le long de l’air
Longtemps après le dernier jet du dernier doigt
Et le silence.