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Chapitre 36 : Finale

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Par Nathalie

Marlène se rendit dans sa chambre, ferma la porte derrière elle et s’assit en glissant son dos le long du bois verrouillé. Elle retrouva ses bulles et caressa sa brique élémentaire : la création de magie. Elle appela à elle la bulle contenant le ver de rentabilité maximale et la plaça contre. Les deux bulles se lièrent, formant une bulle dissymétrique qui dansait sur l’eau calme.

Marlène relança la création de magie. La première couche de protection, qui lui avait tant résisté au Mistral, céda sans effort. Ses réserves bondirent, la plongeant dans un apaisement complet.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, un frisson la parcourut. Elle voyait, entendait, sentait, goûtait, touchait et pourtant, quelque chose manquait. La gnosie ! comprit-elle. Elle était éteinte et pour cause, son assemblage en miette l’avait fait disparaître.

Marlène retourna sur l’océan de ses connaissances. Elle appela la bulle d’activation de la gnosie et la plaça un peu plus loin, la liant à sa brique élémentaire par un fil, considérant les deux choses liées sans être identiques. D’une pensée, elle fit venir la compréhension des sons, des images, des odeurs, des goûts et des sensations tactiles car à quoi bon savoir activer sa gnosie si on ne comprend pas les informations transmises ?

Sa gnosie activée, Marlène grimaça encore. Il fallait également savoir faire la différence entre la réalité et les illusions produites en magie intra. Son assemblage grossit tout en restant limité, n’ayant pas encore intégré de magie inter dedans.

Marlène réfléchit. De quoi avait-elle besoin au minimum au quotidien ? Identifier la nature et la fonction d’un objet magique, pensa-t-elle. Ne jamais me refaire avoir. Elle rajouta ces éléments. Lorsque ce fut fait, elle soupira d’aise. Elle se sentait enfin en sécurité.

Sa gnosie la prévint de la présence de quelqu’un de l’autre côté de la porte. Les coups confirmèrent. Marlène se leva et ouvrit, pour découvrir Antoine.

- C’est l’heure. Les téléporteurs sont prêts. Il faut y aller.

- Y aller ? s’étonna Marlène. Où ça ?

Antoine la fixa, incrédule.

- À New York, pour la finale de PBM !

Un blanc. Puis, la claque mentale.

- La finale de… Mais c’est demain !

- Nous sommes demain, Marlène, s’énerva Antoine. J’en conclus que tu n’as pas dormi de la nuit.

Elle ouvrit la bouche, mais il la coupa d’un soupir résigné :

- Enfin… Aucun de nous ne t’en blâmera. Moi aussi j’aurais passé la nuit à refaire mon assemblage à ta place. Tu as avancé ?

- Gnosie opérationnelle.

- C’est déjà ça.

Il passa une main dans ses cheveux.

- Allez, on y va !

Marlène se tourna vers le table de chevet où trônaient le cadre des cœurs jumeaux vide et le papier de transfert. Elle aurait voulu échanger avec Lycronus. Elle n’avait pas prévu de passer l’intégralité de la nuit dans son océan.

- Maintenant, Marlène ! Ils vont partir sans nous sinon ! la pressa Antoine.

Marlène sortit, laissant à regret derrière elle le papier. Si Lycronus avait suivi le PBM, il l’aurait vu chuter avant d’être soignée par Nicolas puis de disparaître dans les vestiaires après avoir annoncé la destruction totale de son assemblage. Elle aurait voulu le rassurer. Elle serra la mâchoire.

Les vestiaires des invités, côté américain, respiraient le luxe. Rien à voir avec leurs installations françaises. Canapés moelleux, buffet généreux, boissons à volonté. Tout donnait envie de s’attarder. Patrick ne leur laissa pas ce luxe.

- Anaëlle et Peter, tireurs, annonça Patrick. Les américains détruiront toutes vos billes alors créez-en le plus possible pour tenter de les fatiguer.

Peter, avachi dans un fauteuil, fit tourner son verre de whisky. Son quatrième.

- Ils ont un néomage qui n’a même pas encore joué un match, rappela-t-il en haussant les épaules. Il va déborder d’énergie !

Patrick ne releva pas.

- Séverine, en attaque. Vise leur néomage. Si tu n’en élimines qu’un seul, que ça soit lui.

- Ils vont s’y attendre, intervint Marlène.

Patrick tourna la tête vers elle.

- Tu as mieux à proposer ? siffla Patrick.

Marlène soutint son regard avant de hausser les épaules.

- Antoine, protection. Nicolas, soutien. Le match commence dans dix minutes.

Son regard balaya l’équipe.

- Vestiaires. Maintenant.

Il tourna les talons, suivi de Garcia et Fatima. Marlène échangea un regard avec Antoine avant de prendre la direction des vestiaires avec les sélectionnés.

- Dis, Nicolas, ton don de soin, il peut retirer l’alcool du sang de quelqu’un ou pas ? demanda Marlène tandis que les joueurs passaient leurs uniformes.

- C’est très compliqué à réaliser mais oui, je pense en être capable… sauf que ça me prendrait l’intégralité de mes réserves, précisa le néomage.

- Très bien. Tu ne joues pas. Rends Peter sobre, s’il te plaît.

Nicolas et Peter allaient ouvrir la bouche mais Marlène les prit de vitesse.

- Peter, je ne te juge pas. Je ne t’interdis pas de boire. Tu pourras avaler toute la réserve après le match si tu veux. J’ai juste besoin que tu sois alerte le temps du match. S’il te plaît ?

Peter la regarda en silence, l’air de vouloir protester, puis hocha finalement la tête.

- D’accord. Tu fais chier, mais d’accord.

Nicolas s’approcha de son co-équipier pour le soigner. Marlène poursuivit :

- Peter, tu peux faire voler des trucs. C’est ça, ta capacité élémentaire ?

- Hunhun, confirma Peter en grimaçant sous l’effet du sort de son collègue.

- Des êtres humains aussi ? demanda Marlène.

- Oui, dit Peter. C’est plus compliqué mais oui.

- Alors retirez tous votre capacité de vol de votre assemblage. Resserrez-le autour de votre compétence de base.

- Tu es malade ! s’exclama Antoine. Si Peter est éliminé, nous le serons tous !

- C’est pourquoi tu vas le protéger, indiqua Marlène. Retire de ton assemblage tout ce qui n’est pas ton bouclier… et ta gnosie évidemment.

- Même les billes de peinture ? s’exclama Antoine.

- Anaëlle se chargera très bien de marquer des points.

Marlène se tourna vers la tireuse qui avait fini de se préparer.

- Anaëlle, tu tires. Chaque cible mouvante devient tienne. Tu t’en fiches qu’ils détruisent tes billes. Ignore-les. Chaque bille doit se diriger vers une cible et toutes les cibles doivent être tiennes. Ne t’énerve pas. Tire sans discontinuer.

- Je ne vais pas tenir plus d’une minute à ce rythme, répliqua Anaëlle. Même sans le vol…

- Séverine, je veux voir la mage d’attaque à l’action. Je veux que tu montres la puissance de la France, poursuivit Marlène en ignorant Anaëlle. Toutes tes billes doivent faire mouche. Prends ton temps. Ajuste. Dégomme.

- Pareil qu’Anaëlle, annonça Séverine. Je serai vidée après avoir éliminé leur néomage.

- Ne vise pas leur néomage. C’est bien trop prévisible comme tactique. Attaque celui qui détruit les billes d’Anaëlle… ou pas. Fais comme tu veux. Sois imprévisible, demanda Marlène.

- Marlène, tu ne…

Séverine s’arrêta en constatant que Marlène passait un harnais.

- Tu ne comptes pas jouer, quand même ? s’étrangla Séverine.

- Si, répondit Marlène en arrachant du bras de Nicolas le brassard de capitaine pour se l’attacher. Les piles de grès sont interdites pendant un match.

- Ben oui ! Sinon, ça serait trop facile ! s’exclama Peter.

- Les piles de grès, répéta Marlène. Pas les piles vivantes. Je suis créatrice de magie. Je vous fournirai l’énergie nécessaire.

- Marlène, tu n’étais pas vidée hier en fin de match contre les Lucioles ? demanda Nicolas.

- Si mais j’ai passé la nuit à monter mes réserves, indiqua Marlène.

- Ça ne suffira jamais ! s’exclama Anaëlle, sceptique.

- Antoine, n’hésite pas à m’en demander dès que tu faibliras. Je sais que tu as du stock mais n’aies crainte. J’ai largement de quoi vous fournir à tous les quatre.

Séverine posa une main sur l’épaule de Marlène, le visage grave.

- Marlène, tu comptes vraiment faire ça ? Je veux dire… Cela signifie que tu vas passer le match à ne rien faire. Enfin, se reprit-elle, aux yeux des spectateurs, je veux dire.

Marlène lui sourit.

- Peter et Antoine aussi ne feront rien, fit-elle remarquer.

- J’ai l’habitude, assura Antoine.

Séverine lança un regard à Marlène qui signifiait « Ce n’est pas ton genre de t’effacer ».

- Anaëlle et toi brillerez aujourd’hui, et sous votre rayonnement, nous deviendrons éblouissants, annonça Marlène.

- Je vais devoir faire voler Anaëlle et Séverine ? Les faire bouger je veux dire ? Pas juste léviter un peu au dessus du sol ? s’étrangla Peter.

- D’où l’importance que tu sois sobre. Nous entrons à cinq dans l’arène mais c’est bien à six que nous remporterons la victoire.

Marlène se tourna vers Nicolas.

- Ta participation est essentielle, assura-t-elle au guérisseur.

Nicolas hocha la tête, le regard brillant de fierté.

- Nous allons gagner la coupe du monde ? demanda Peter, de l’incrédulité dans la voix.

Marlène fixa ses coéquipiers un par un, avec une intensité nouvelle dans le regard.

- Nous commençons ce match à cinq et nous le finirons à cinq. Je ne veux aucun éliminé. Nous allons montrer à ses connards d’américains vantards que la France a de la ressource.

De vrais sourires se peignirent sur les visages des joueurs, comme Marlène n’en avait jamais vu.

- T’es malade, s’amusa Peter. T’es complètement malade mais j’y crois. Pour la première fois depuis que j’ai intégré les Tuniques Rouges, j’y crois.

- Moi aussi, assura Séverine.

Marlène se tourna vers Anaëlle, un dernier regard de confiance.

- Anaëlle ? lança Marlène à la repris de justice.

- Quitte à être obligée de jouer, autant gagner. Ça n’en rendra ma peine que plus agréable ! répondit Anaëlle avec un sourire provocateur.

Un éclat de rire général secoua l’équipe alors qu'une lumière rouge annonçait l’ouverture des portes. Le match allait commencer.

Les cinq joueurs passèrent la porte, laissant derrière eux un Nicolas vidé mais heureux. Le télékinésiste marchait d’un pas assuré que nul ne lui avait vu depuis bien longtemps.

Un regard vers les gradins. Marlène constata que Patrick secouait la tête avant de s’en aller, après avoir lancé un « Je démissionne » que Marlène perçut dans sa gnosie. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il donnait des instructions que personne ne suivait. Lors du dernier match, son équipe avait lâché un de leurs membres, lui faisant frôler la mort. Il avait dû gérer seul les journalistes. Sa réaction peinait Marlène sans la surprendre.

Des exclamations étouffées parcouraient les gradins. « Marlène Norris » revenait sans cesse. Tout le monde se demandait ce qu’elle faisait là après avoir frôlé la mort la veille et surtout, perdu son assemblage. D’autant qu’elle portait le brassard de capitaine.

Les Black Star ricanaient en face. Dans leurs uniformes noirs, ils assombrissaient l’arène, la remplissant telle une ombre malfaisante prête à avaler le monde.

Le sifflement retentit. Les gradins disparurent. Le noir total se fit. Les joueurs se retrouvaient seuls avec eux-mêmes. Marlène se tourna vers Peter, visible seulement dans sa gnosie. La suite dépendait de lui. S’il ne parvenait pas à élever les cinq joueurs, les Tuniques Rouges perdraient. La règle était claire : trois secondes au sol et le joueur était éliminé.

Marlène constata que ses co-équipiers la scrutaient. Chacun d’eux était tendu, conscient que l’échec n’était pas une option. Ils comptaient tous sur les autres. La victoire serait collective.

Marlène scinda sa magie en quatre, s’en gardant juste assez pour maintenir sa gnosie. Elle délaissa Antoine, qu’elle savait pour l’instant en mesure de tenir seul. Elle transmit à Peter, Anaëlle et Séverine un tiers de sa production. Ils frissonnèrent tandis que les Black Star se lançaient dans un match sans pitié, marquant des points, faisant crouler leurs adversaires sous les billes, retenues sans difficulté par un Antoine calme.

Peter éleva tout le monde dans les airs. Les Américains montaient au score. Anaëlle se mit à tirer. Toutes ses billes furent détruites par un Américain. Deux secondes plus tard, ses trois cibles se teintaient de rouge. La mage d’attaque française était entrée en action.

Les Américains grognèrent de rage, intensifiant leurs tirs tandis qu’un attaquant prenait le relais de l’éliminé, détruisant à son tour toutes les billes d’Anaëlle, qui poursuivait, sans relâche, de viser les cibles mouvantes, le visage serein et déterminé.

Le relayeur se retrouva éliminé. Marlène ne comprenait pas l’anglais mais vu le ton employé, l’éliminé injuriait le néomage protecteur. Elle sourit. Il ne comprenait pas. Séverine n’était pas habituellement mauvaise par manque de compétence, mais d’énergie. Or là, elle en débordait grâce à Marlène. Elle pouvait enfin déployer tout son talent.

Peter affichait un regard serein. Antoine caressa le bras de Marlène qui comprit le message. Elle scinda sa production en quatre pour inclure Antoine dans son don.

Les Américains ne comptaient plus que trois membres : un attaquant, un marqueur et leur défenseur néomage. Le marqueur cessa de viser les cibles mouvantes pour détruire les billes d’Anaëlle tandis que l’attaquant américain hurlait de rage, tentant, en vain, de passer les défenses montées par Antoine.

L’ancien marqueur se retrouva éliminé sous les tirs implacables de Séverine. Le protecteur resserra ses boucliers, craignant une attaque. Séverine changea d’angle pour aider Anaëlle. Les américains n’étant plus en mesure de détruire leurs billes, elles teintèrent de rouge toutes les cibles mouvantes, délaissant les deux adversaires ahuris d’être ignorés.

L’attaquant fulminait. Il avait beau tout donner, rien ne passait les boucliers. Il observait les trois joueurs immobiles, ne comprenant visiblement pas la raison de leur inaction. Le score des français remonta tellement que l’attaquant américain commença à avoir peur. Il se tourna vers le néomage défenseur pour lui parler.

Ensemble, les deux américains décidèrent de détruire les billes de leurs adversaires. Attaquant et défenseur, ils n’avaient pas dû beaucoup s’entraîner à cette tactique. Leurs assemblages ne le supportèrent pas. Ils s’écroulèrent au sol presque en même temps. Les trois secondes suffirent à Anaëlle et Séverine pour remonter au score. 5147 à 5146. La France venait de gagner.

La lumière revint, éclatante, après l’obscurité totale du match. Les gradins explosèrent de joie, un rugissement de bonheur déferlant de l'autre côté du terrain. La foule, en transe, hurlait dans les tribunes, certains criant de pure excitation, d’autres projetant leur joie par la gnosie, un flot d’énergie pure qui secouait l’air. Les Américains, eux, restaient silencieux, choqués, leur monde s’effondrant autour d’eux.

Marlène, éblouie par l’extase de la victoire, serra la main du capitaine Américain. Un geste de respect mutuel malgré la défaite amère. Puis, sans un mot de plus, chacun regagna les vestiaires. La porte se referma derrière eux, et l’euphorie explosa. Les joueurs se jetèrent les uns sur les autres dans des éclats de rire, criant, sifflant, se prenant dans les bras comme un seul homme. Les tensions accumulées, les moments de doute, tout semblait s’évanouir en une décharge d’énergie pure.

Les éclats de voix se mêlaient aux bruits des vestiaires : des cris de joie, des applaudissements, des tapes dans le dos. Antoine hurlait quelque chose d'inintelligible, mais son visage rayonnait d’un sourire immense, comme s'il venait de toucher l’extase. Séverine, habituellement si réservée, sautait partout, les bras levés comme une démente, riant à gorge déployée. Anaëlle, plus calme, était simplement radieuse, ses yeux pétillant de bonheur tandis qu’elle échangeait un regard complice avec Peter, qui, lui aussi, semblait submergé par l’émotion.

Les vestiaires se remplissaient d’une énergie collective presque palpable. Marlène se retrouva prise dans la tourmente, se sentant à la fois submergée et exaltée. Elle se laissa prendre dans les bras de ses coéquipiers, une vague de rires et de paroles joyeuses les enveloppant tous.

Quand enfin ils se calmèrent un peu, chacun se dirigea vers la douche. L’atmosphère était encore électrisée. Marlène ferma les yeux sous l’eau chaude, un sourire sur les lèvres. La sensation d’avoir accompli quelque chose d’énorme, de collectif, l'envahit. Ils l'avaient fait. Ensemble.

Quand tout le monde fut enfin habillé, une étrange tranquillité s’abattit. Un dernier souffle avant la prochaine épreuve. La conférence de presse. Le moment où tout allait devenir réalité, où les yeux des journalistes allaient se poser sur eux, avides de récits et d'expressions à analyser. Marlène sentit son cœur s’accélérer à l'idée de ce qu’elle allait devoir affronter.

- Ça ira, Marlène ? demanda Nicolas, inquiet, l’air un peu plus sérieux que d’habitude.

Il semblait voir au-delà de l'euphorie. Patrick n’était plus là pour lui sauver la mise.

- Je peux prendre ta place, si tu veux, proposa-t-il.

Avant, Marlène aurait pris la mouche, estimant qu’il cherchait à lui voler la vedette. Avant…

- Je te remercie, répondit-elle. Je vais essayer. Je veux mettre à l’épreuve les leçons de communication. Je me sens prête.

Nicolas lui adressa un sourire, mais Séverine s’approcha, d’un air plus pragmatique.

- Si tu sens que ça devient trop, passe le relais, tu te souviens du geste ? murmura-t-elle, son regard ferme. Pas de honte à ça.

Marlène hocha la tête. Ce geste, elle le connaissait bien. Il était là, dans un coin de sa mémoire, un rappel que l’équipe était toujours là pour la soutenir.

- Garcia ? appela Marlène, son regard se tournant vers la remplaçante.

Garcia s’avança, un sourire amical aux lèvres.

- Je ne parle pas anglais et il ne m’est pas possible d’enfiler votre traducteur universel. Tu veux bien faire la traduction pour moi ?

- Bien sûr, lança Garcia en souriant.

- Tu as besoin d’énergie ? demanda Marlène.

- Non, merci, ça ira. Traduire seulement pour toi me sera facile.

- Parfait. Merci, Garcia.

- Avec plaisir, répondit la traductrice.

La jeune femme hocha la tête avant de lui rendre un dernier sourire, et Marlène, après un instant d'hésitation, se redressa. Elle ferma les yeux un instant pour rassembler son calme, et prit une grande inspiration avant de s’avancer vers la porte.

En ouvrant la porte, une vague de lumière la frappa. Derrière, des dizaines de caméras l'attendaient, des micros tendus, des journalistes impatients, des flashs crépitant comme un orage. C’était à elle de parler maintenant. Marlène se sentit prête, la tension retombant dans un souffle, ses pensées claires. Ce n’était plus juste une victoire sur le terrain, mais celle de tout un parcours, de tout un groupe qui, ensemble, avait fait face à l’impossible. Elle avait quelque chose à prouver, mais plus pour elle-même. Cette victoire, elle appartenait à l’équipe.

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