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Chapitre 2 : Le Mistral

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Par Nathalie

Marlène tenait sa manette de jeu, mais ses doigts restaient immobiles. Sur l’écran, son personnage se faisait défoncer par le boss de fin de niveau. Néomage. Internat. Italie. Magicienne. Ces mots tournaient en boucle dans son esprit, étouffant tout le reste.

Des millions de questions l’assaillaient, comme des flèches tirées à bout portant.

Comment allait-elle converser avec les autres résidents de l’école ? Était-elle censée apprendre l’italien en un mois ? Elle qui n’obtenait jamais de note supérieure à 3 en anglais…

Comment se rendrait-elle en Italie ? Avion ? Train ? Voiture ? Téléportation ?

Avec qui dormirait-elle ? Et sans sa mère pour lui préparer ses vêtements, elle finirait sûrement par s’habiller n’importe comment. Et les repas ? Que mangeaient-ils en Italie ? À part des pâtes et des pizzas, elle n’en avait aucune idée.

Les pensées s’entrechoquaient dans sa tête. Comment avait-elle pu signer sans se renseigner sur l’emplacement de l’école ? En même temps, maître Gilain parlait un français parfait et sans accent. Son apparence ne laissait en rien supposer des origines italiennes.

Elle secoua la tête, essayant de chasser ses inquiétudes, mais l’angoisse lui broyait l’estomac.

Au dîner, un silence pesant enveloppait la pièce. Didier triturait sa fourchette, le visage fermé. Il semblait prêt à exploser. Henriette avait les yeux dans le vague, sans doute en train de rêver à l’arène de PBM.

Marlène picorait son assiette, incapable de manger. Dans un peu plus d’un mois, elle allait devoir quitter ses parents, se retrouver seule dans un endroit inconnu, au milieu de magiciens, dans un pays étranger. Elle allait mourir, c’était sûr.

Les jours passèrent. Marlène montrait un visage souriant et jouait à la console toute la journée. Elle faisait semblant. Le cœur n’y était plus. Ses parents la laissaient tranquille. Seule toute la journée tandis que Didier et Henriette partaient travailler.

Marlène disposait d’un temps infini pour penser. Elle se plongea dans les jeux vidéos pour ne pas penser, ne pas se retrouver face à elle-même. Son reflet dans le miroir la dégoûtait. Une néomage. Une future célébrité. Capitaine des Tuniques Rouges, l’équipe de France de PBM. Marlène ne parvenait pas à se projeter, trop d’inconnues.

Le week-end, Didier et Henriette ne proposèrent aucune activité et Marlène n’en suggéra aucune. Didier ne décolérait pas et Henriette souriait béatement à longueur de journée. Comment évoquer la situation sans prononcer le mot interdit ? Impossible. Chacun ruminait de son côté.

- Marlène ? appela Henriette d’une voix surexcitée.

- Quoi ? soupira Marlène.

L’attitude enjouée de sa mère commençait à lui courir sur le haricot.

- Tu as du courrier.

- Youpi ! ironisa Marlène.

- C’est l’école du Mistral ! précisa Henriette.

Marlène bondit sur ses pieds et dévala l’escalier. Elle arracha l’enveloppe des mains de sa mère, déchira le papier avant de déplier la lettre.

- Qu’est-ce que ça dit ?

La liste des fournitures. Pas de balai ni de baguette magique.

- Je dois venir avec des vêtements de jour et de nuit. Aucun produit de beauté n’est nécessaire. L’école fournit. Les serviettes et les draps aussi. Ils rappellent à toutes fins utiles que les appareils électroniques sont interdits. Quoi ? s’exclama Marlène en ouvrant des yeux ronds. Mais… Ils disent que tout objet électronique trouvé dans des affaires personnelles sera confisqué jusqu’au départ de l’école de l’élève. Mais… Non ! hurla Marlène.

Didier éclata de rire.

- Elle est bien, cette école, finalement.

Marlène lança un regard noir à son père avant de supplier sa mère :

- Maman ! Fais quelque chose !

Henriette haussa les épaules.

- Moi, je trouve ça très bien. Tu pourras te concentrer sur l’essentiel.

- Ça veut dire ne pas communiquer avec vous !

- Ils proposent sûrement leurs propres téléphones mais peuvent ainsi contrôler votre temps d’utilisation, répliqua Henriette. J’approuve.

Marlène se sentit prise au piège. Dans quel guêpier s’était-elle fourrée ?

- Allons lire le contrat qui te lie à l’école, proposa Didier. Peut-être une clause te permet-elle de revenir sur ta décision.

Son père la suivait, lui qui n’avait de cesse de pincer les lèvres en lui envoyant un regard noir ? Marlène n’en revint pas mais profita de l’offre. Ensemble, ils montèrent dans la chambre. L’adolescente ressortit le contrat d’un tiroir. Didier s’en saisit, parcourut les titres puis lança :

- Il y a une clause…

Marlène se pencha, le cœur battant.

- Quoi ? Qu’est-ce que ça dit ?

- Une possibilité de rétractation.

Marlène poussa un soupir de soulagement. Mais le ton grave de son père la figea.

- Dix jours après la signature. Marlène… ça fait onze jours. Nul doute qu’ils aient attendu ce délai avant de t’envoyer la lettre.

Marlène avait la nette sensation de s’être faite avoir.

- Il se passe quoi si je ne vais pas dans son école ? Il ne peut pas m’envoyer en prison non plus ! Je n’ai qu’à ne pas y aller.

- Tu lui dois un million de kum, indiqua Didier, en réparation du préjudice.

Didier leva les yeux sur Marlène.

- J’avoue ne pas bien saisir. C’est quoi, un kum ?

- Je ne sais pas ! s’écria Marlène.

Pourquoi le saurait-elle ? Elle était néomage mais n’y connaissait rien à la magie. Pourquoi son père se tournait-elle vers elle ?

- Allons voir sur Internet, proposa Didier.

Ils se retrouvèrent au salon devant l’ancêtre électronique d’une lenteur abominable.

- Un um est l’unité magique de base, lut Didier.

- Le crâneur nous l’a déjà dit ça ! s’énerva Marlène.

- Crâneur ? répéta Didier.

- Tu ne trouves pas qu’il se la pétait, toi, peut-être, avec son école qui est la meilleure au monde ?

- C’est peut-être vrai, répliqua Henriette depuis le fond de la pièce, les bras croisés.

- Ça n’empêche pas d’être humble, répliqua Didier. C’est vrai que la modestie ne l’étouffait pas.

- Il a raison d’être fier de son établissement, approuva Henriette.

Marlène pinça les lèvres. Sa mère et sa manière de tomber en pâmoison du premier bellâtre venu. Mais comment Didier avait-il réussi à obtenir sa main ? Marlène secoua la tête afin d’éloigner ses pensées inutiles. Se concentrer sur le besoin actuel.

- Ça correspond à quoi dans la vraie vie ? s’énerva Marlène.

Didier secoua la tête, refusant d’admettre qu’il ne trouvait pas.

- Demande le taux de change, proposa Henriette.

- Taux de change um euros, tapa Didier sur l’ordinateur.

- 0,96 indiqua l’ordinateur.

- Un um vaut un euro, environ, traduisit Didier. Ça veut dire que si tu ne vas pas au Mistral, tu dois l’équivalent d’un million d’euros au crâneur.

- Un million de kum, le contredit Marlène. C’est quoi, un kum ?

- Mille um, indiqua Didier.

- Ça veut dire que je lui devrais combien si je ne me présente pas à la rentrée ? interrogea Marlène dont les maths n’avaient jamais été la matière forte.

- Un milliard d’euros, Marlène.

Un milliard d’euros. Le chiffre résonna dans sa tête comme un coup de massue. Marlène sentit ses jambes flancher et s’agrippa au dossier de la chaise. Elle avait signé sa vie entière à cet homme. Elle était piégée. Elle allait devoir aller en Italie.

- Quand vous reverrai-je ? interrogea Marlène.

Didier attrapa le document qu’il avait emmené avec lui.

- Les élèves demeurant à moins de cinquante kilomètres de l’école pourront rentrer chez eux le week-end. Les autres ne reviendront chez eux que pour les vacances de Noël et d’été.

- Deux fois par an seulement ?

- Le trajet du retour en autobus ou train est gratuit. Sur demande, il peut se faire en avion pour un coût de un kum ou par téléportation pour un coût de dix kum. Mille euros la téléportation. Ils ne se font pas chier.

- Je reviendrai en train, assura Marlène. Logique que je ne puisse pas rentrer le week-end. C’est trop loin.

Didier posa une main sur son épaule.

- Écoute, Marlène. Tu as fait une erreur. Mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas tirer quelque chose de bien de cette expérience.

Marlène releva les yeux, une larme roulant sur sa joue.

- Tu es grande maintenant, l’encouragea Didier. Tu t’en sortiras très bien. Appelle-nous aussi souvent qu’ils te le permettront.

Marlène hocha la tête. Elle se sentait vide. Elle ne pouvait plus y échapper. Elle s’était mise dans ce pétrin toute seule, et maintenant elle n’avait plus le choix. Didier lui proposa un câlin qu’elle accepta, geste exceptionnel de la part de l’adolescence hautaine.

La fin de l’été arriva bien trop vite. Seule dans ce train filant vers l’Italie, Marlène fut envahie d’une tristesse infinie. Comme ses parents allaient lui manquer ! Tout ça pour une chimère ! Néomage. N’importe quoi. La magie était héréditaire. Elle n’apparaissait pas par… magie… Marlène ricana.

Marlène se souvint de bien tenir sa langue. Magicienne de fortune, voilà le mensonge qu’elle allait devoir servir à tout le monde afin de commencer sa scolarité sereinement, loin des projecteurs. Elle soupira. Elle n’avait pas envie de commencer des interactions sociales de cette manière mais elle se retrouvait le dos au mur.

Sous la lune, Marlène ferma les yeux sans parvenir à dormir malgré le roulis régulier du train. Elle revoyait la maison, son lit, les visages de ses parents. Qu’adviendrait-il d’eux ? De leur petite routine ? Et elle, qui devait maintenant prétendre être quelqu’un qu’elle n’était pas... La boule dans son ventre refusait de se dissiper.

En arrivant en gare à l’aube, elle se sentit plus seule que jamais. Un bus indiquait « Mistral ». Marlène monta dedans. Des dizaines d’adolescents de son âge s’y trouvaient déjà. Elle s’en éloigna, se trouvant un siège près de la fenêtre en plein milieu. Elle s’enfonça dans son siège.

Le bus étant finalement plein, un garçon vint s’asseoir à côté d’elle. Il lui parla mais pas en français. Pas en italien non plus. Une langue aux consonances slaves. Il tenta en anglais, langue que l’adolescente reconnut sans la comprendre ni la parler. Le garçon haussa les épaules avant de se tourner vers le passager de l’autre côté du couloir. Marlène grimaça. Comment créer le moindre lien sans langue commune ?

Après deux heures de route, l’école apparut, composée de plusieurs bâtisses de taille modeste plantées au milieu d’arbres gigantesques. Des adultes attendaient les élèves à la sortie du bus. Marlène fut touchée par le vent tiède et saluée par le chant des oiseaux.

- Bonjour à tous ! dit une femme blonde portant une robe rose bonbon. Venez par ici. Voici vos guides, indiqua-t-elle tandis qu’un homme distribuait une feuille.

Marlène observa la sienne. Toute blanche. Aucun signe distinctif. Super. Ça commençait bien.

- Et vos traducteurs, continua-t-elle.

Marlène reçut un collier qu’elle passa sans ressentir la moindre différence. Les élèves discutaient vivement entre eux, se montrant leur guide. Ils semblaient se comprendre à la perfection là où Marlène n’entendait qu’un mélange de sons de différentes langues.

- Bonjour, Marlène, dit la blonde. Je suis madame Lavigne, l’agent d’accueil.

- Vous parlez français ? s’étonna Marlène.

- Non, Marlène. Je sais manipuler la magie.

La jeune femme grimaça.

- Le guide et le traducteur sont des objets magiques, indiqua madame Lavigne. Il faut savoir manier la magie pour les activer.

Marlène observa les autres élèves.

- Ils viennent tous de familles de magiciens. Ce n’est pas le premier objet magique qu’ils rencontrent. Ils savent tous faire.

Marlène gémit.

- En attendant que tu saches faire, je t’informe que ta chambre est la n°114 et que ta colocataire se nomme Julie Millet.

- Colocataire ? répéta Marlène.

- Les chambres simples sont réservées aux secondes années et suivantes, indiqua la blonde.

Marlène hocha la tête.

- Bonne découverte, dit madame Lavigne avant de s’en aller.

Marlène se retrouva seule. Le bus, les élèves, même madame Lavigne, tous avaient disparu comme par enchantement. Le silence l’entourait, brisé seulement par le bruissement du vent dans les arbres. Sa valise semblait peser une tonne alors qu’elle se mettait en marche, au hasard, à la recherche de la chambre n°114.

Un adulte croisé lui désigna la direction des dortoirs et Marlène découvrit des maisonnées jolies posées les unes près des autres, séparées par des jardins fleuris agrémentés de statues d’animaux et de fontaines. Parfaite concordance avec les photos diffusées sur Internet. Pas de retouche. La perfection des maisonnettes fit frémit Marlène. Maître Gilain avait-il raison d’être présomptueux ? Son école était-elle la meilleure au monde ?

Marlène l’espéra car elle ne pouvait pas la quitter. À moins que… Marlène fronça les sourcils. Elle porta la main à sa poche pour la découvrir vide. Pas de téléphone. Interdit dans l’enceinte de l’école. Marlène grogna. Elle avait besoin de parler à son père. Ce fut d’une humeur massacrante qu’elle dégota le numéro 114.

Marlène poussa la porte d’un geste brusque, prête à trouver une pièce sombre et austère. À sa grande surprise, la lumière baignait la chambre grâce aux grandes fenêtres donnant sur le parc. Elle s’arrêta un instant, les yeux rivés sur les deux lits. Le calme de la pièce contrasta avec son tumulte intérieur.

Le lit le plus au fond était défait et l’armoire entrouverte laissait apercevoir quelques affaires. Julie était arrivée avant elle, comprit Marlène. Elle s’installa de son côté.

Derrière la seule autre porte de la chambre, elle découvrit une petite salle d’eau bien agencée proposant des savons, du dentifrice, des brosses à dents et des shampoings.

Le tout plut beaucoup à Marlène. C’était agréable. Cela sentait bon. Il faisait frais. Elle s’assit sur son lit et soupira. Voilà, elle y était. Et maintenant ? Maître Gilain a dit qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait. Nul ne lui fournirait un emploi du temps. Si l’idée théorique lui avait plu, la pratique la laissant tremblante de terreur. Elle aurait préféré qu’un adulte la guide, lui dise où aller et quoi faire. L’indécision la clouait sur place. Elle essuya la larme dévalant sa joue.

Remue-toi ! T’es grande, non ?

Marlène se leva, la mâchoire serrée. Elle quitta la chambre et marcha jusqu’à la fontaine en face de sa chambre. Là, elle s’arrêta, indécise, observant l’eau claire qui ruisselait.

- Buongiorno ! lança une voix guillerette derrière elle.

Marlène sursauta et se retourna pour découvrir une adolescente blonde dans une robe jaune vif, trop courte pour être discrète. L’italienne enchaîna une phrase rapide, où le seul mot que Marlène réussit à capter fut son prénom.

La fille s’avança, rayonnante. Elle portait des talons hauts et avançait avec assurance, comme si le monde entier était son podium.

Marlène la dévisagea, incapable de masquer son étonnement. La blonde affichait une peau hâlée parfaite et une silhouette élancée, avec juste ce qu’il fallait de formes pour être enviée. Pas de maquillage – interdit, comme Marlène l’avait appris – mais une coiffure impeccable, preuve qu’elle accordait un soin méticuleux à son apparence.

Tout l’inverse de Marlène, qui avait attaché ses cheveux bruns en une queue-de-cheval sans effort, laissant quelques mèches rebelles encadrer son visage. Soit on m’aime comme je suis, soit on passe son chemin, pensait-elle souvent. Mais face à cette fille, elle sentit un pincement d’envie.

Elle serra les lèvres. Pourquoi elle, avec ses journées passées devant la console et ses assiettes de pancakes, ne pouvait-elle pas ressembler à ça ?

- Je m’appelle Marlène, oui, confirma-t-elle à l’adolescente blonde qui lui parlait avec entrain.

À côté de la blonde, une petite brune au visage ovale attendait, les bras croisés. Son jean simple et son tee-shirt uni donnaient l’impression qu’elle jouait le rôle de la bonne copine, discrète et accommodante, un contraste frappant avec l’assurance éclatante de sa camarade.

La blonde enchaîna une nouvelle tirade rapide. Son débit enjoué était aussi incompréhensible que déroutant, et Marlène sentit l’impatience monter. Elle fronça les sourcils avant de lever une main pour l’interrompre.

- Je ne comprends pas l’italien, dit-elle sèchement.

Puis, désignant son collier, elle ajouta :

- Je ne sais pas utiliser des objets magiques.

Un éclair de surprise traversa le visage de la blonde avant qu’elle ne se tourne vers la brune. Les deux échangèrent un regard et hochèrent la tête en silence, comme si elles venaient de confirmer un détail important. Marlène sentit un poids invisible peser sur elle.

- Ah ! s’exclama la blonde, visiblement indécise sur la façon de répondre.

- Apparemment, vous, en revanche, vous me comprenez, supposa Marlène.

Les deux filles acquiescèrent en désignant leurs colliers, qui devaient déjà être activés. Marlène hésita un instant avant de lancer, d’un ton détaché :

- Je suis une magicienne de fortune, mentit Marlène.

Elle s’en mordit presque la langue. Ce mensonge venait de franchir ses lèvres avec facilité. Elle s’était entraînée dans sa chambre. Maître Gilain lui avait conseillé de dire ça. Elle comptait bien suivre ses conseils, même si mentir lui déplaisait. Comment se faire des amies en se basant sur un mensonge ?

- Oh ! s’exclama la brune, son regard se teintant de ce qui ressemblait à de la compassion.

Elle murmura quelques mots doux en italien que Marlène ne comprit pas. Le répit fut de courte durée. Une femme vêtue d’une robe stricte passa près d’elles et s’arrêta juste assez longtemps pour donner une consigne.

- Julie, amène Marlène auprès de maître Beaumont s’il te plaît.

Marlène en frémit de plaisir. Enfin quelqu’un qui la guidait, qui lui disait où aller. Jamais elle n’avait autant apprécié qu’un adulte lui dise quoi faire. De plus, elle aussi venait de s’exprimer dans un français impeccable. Si elle comprenait les professeurs, la suite serait beaucoup plus simple. De quoi rassurer la jeune femme.

- Si Maestro, répondit la blonde avec un sourire éclatant.

Marlène blêmit. Julie. Cette blonde perchée sur des talons hauts, c’était sa colocataire. Bien sûr. Elle aurait dû s’y attendre. Elle soupira, levant les yeux au ciel avant de se résigner à suivre Julie.

À mesure qu’elle marchait derrière la blonde, ses pensées s’assombrissaient. Pourquoi avait-il fallu qu’elle tombe sur ce qui semblait être la pétasse de l’école ? Marlène se contentait de traîner derrière, consciente que son jean froissé et ses baskets usées détonnaient.

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