— Combien de temps cette fois ?
— Plusieurs jours. C’est une chance inouïe qu’aussi peu de monde était au courant après une période aussi longue.
— Ça, tu peux le dire ! Comment se fait-il que tu aies été averti aussi tard ?
— Tu sais très bien ce que ça veut dire…
— …
— Le moment que nous redoutons est imminent.
— Combien de temps nous reste-t-il ?
— Quelques années, tout au plus. Cela aurait pu être moins, vu que quelqu’un avait commencé à comprendre le fonctionnement des Verrous. Tu as bien fait disparaître ses travaux dessus, j’imagine ?
— Évidemment. Et sans ses souvenirs, il va lui falloir un long moment pour les reproduire… Quelle importance ? Nous ne serons jamais prêts !
— Cela nous donne un délai pour trouver une solution…
— Qui nous échappe depuis des millénaires. Désolé, je ne crois pas aux miracles.
— Il nous reste toujours… notre joker.
— Qui refuse ne serait-ce que de nous adresser la parole ! L’aurais-tu oublié ?
— … Non.
— C’est le pire scénario qui se profile ; c’est inéluctable.
— L’univers va payer chèrement ma lâcheté…
— Tu étais jeune et pris au dépourvu… Tu n’étais pas prêt.
— Tu pourrais dire la même chose maintenant de moi. Ce n’est pas une excuse. Je commets les mêmes erreurs.
— Même si l’univers entier se retourne contre toi, je resterai à tes côtés. Essayons de minimiser les dégâts… pour nos enfants.
— Merci, tu as raison…