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PARTIE 1: Chap 6 Sous tensions

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Par Anna.Lyse

Chris arriva à la salle de sport à 6h30 précises. La lumière du matin commençait à peine à se lever dans le ciel. La ville était encore calme, mais Kate était déjà là, tenant deux cafés chauds. Elle attendait près du ring, ses cheveux relevés en une queue de cheval pratique, des mèches rebelles encadrant son visage. Vêtue d'une brassière de sport noire et d'un legging assorti, elle laissait apparaître son corps athlétique, mais indéniablement féminin. Ses muscles étaient fermement dessinés, et la tenue soulignait ses courbes voluptueuses. Chris, malgré lui, ne put empêcher son regard de glisser le long de son corps, chassant les pensées déplacées qui assaillaient son esprit.

— Tiens, dit-elle en lui tendant l'un des gobelets, comme ça, tu ne pourras pas excuser ta défaite en disant que tu n’étais pas bien réveillé.

Chris sentit la pique qui lui était destiné et accepta son café avec le sourire.

— Charmant, répondit-il, savourant la chaleur du gobelet contre ses mains. Il ferma les yeux en prenant les premières gorgées et puis les rouvrit sous le regard scrutateur de Kate.

— Pourquoi tu me regardes comme ça ? C'est ma tenue ? plaisanta Chris, levant les bras pour montrer son survêtement.

— J'observe ma proie, se contenta-t-elle de répondre avec un sourire carnassier.

Chris rit de sa blague, secouant légèrement la tête.

— D'accord. Allé, il est temps de commencer.

Ils montèrent sur le ring, la tension entre eux palpable. Au début de l'entraînement, Kate reprenait les passages de leurs combats précédents, montrant des mouvements alternatifs avec une précision méthodique. Elle s'approchait de lui, ses mains effleurant ses bras pour corriger sa posture. Chris parvint parfois à inverser les rôles, démontrant sa propre habileté avec des mouvements fluides et maîtrisés.

Leurs échanges étaient rapides et intenses, chaque coup résonnant dans la salle silencieuse. La sueur perlait sur leur front, leur respiration accélérée par l'effort. Après plusieurs rounds, ils firent une pause, encore haletants, leurs corps agités par l'adrénaline pulsant dans leurs veines.

— Alors, Sunshine va bien ? demanda Kate, le souffle encore court.

Chris prit une gorgée d'eau, tentant de réguler sa respiration.

— Oui. D'ailleurs, elle adore prendre des cours avec toi. Elle ne parle que de toi, à croire que tu es devenu son modèle.

Après quelques instants, il ajouta avec tendresse.

— Sunshine, c'est un peu mon trésor à moi tu vois? J'imagine que tous les pères disent ça de leur fille, mais je suis super fier d'elle. Elle est forte pour son âge et aussi très maline. Ça n’a pas toujours été simple à la maison, et elle a toujours fait preuve d’une grande maturité.

Son regard brillait alors qu'il parlait de sa fille. Ce tableau n’échappa pas à Kate.

— C'est touchant de voir un papa aussi fier.

Chris tourna son visage vers Kate, ses yeux évaluant la sincérité de sa partenaire.

— Tu te moques de moi ? Demanda-t-il finalement un brin méfiant, mais clairement amusé.

— Non, pas cette fois.

Elle affichait une expression énigmatique. Chris reprit plus sérieusement le regard dans le vague.

— Je fais de mon mieux, mais je ne suis malheureusement pas un modèle en tant que père. J’ai fait beaucoup d’erreur.

En cet instant Chris paru beaucoup plus fragile qu’à son habitude.

— J’ai du mal à te croire. Tu n’es sans doute pas très objectif vis à vis de toi-même. Je ne te connais certes pas depuis longtemps, mais il est évident que tu es quelqu’un de bien, et que tu aimes tes enfants. Tu ferais n’importe quoi pour eux. Je ne vois pas comment tu pourrais être un mauvais père.

— Maverick te donnerait certainement des centaines d’exemples pour t’expliquer combien je n’ai à été à la hauteur, et il n’aurait pas tout à fait tord.

Kate braqua son regard sur lui, le forçant à le regarder dans les yeux.

— Crois-moi je m’y connais en père horrible, et tu n’es pas ce genre de père. Tu es un homme droit. Tu as sans doute merdé à certains moment, mais personne n’est parfait Chris.

Chris sentait sa gorge se nouer. La culpabilité ne le quitterait pas de sitôt, il ne pouvait pas faire abstraction du passé et de ses erreurs. Cependant, le soutien de Kate le touchait. Il détourna le regard pour ne pas se dévoiler davantage, puis se leva.

— Il serait peut-être temps de s’y remettre.

— Je te trouve bien pressé pour quelqu’un qui s’apprête à prendre une nouvelle raclée, plaisanta Kate.

— J’ai effectivement besoin d’entraînement, mais je te promets que bientôt, c’est moi qui te mettrait à terre. À ce moment-là, t’arrêteras de faire la maline.

— Que de promesses patron ! lui répondit-elle malicieusement en rejoignant le ring à nouveau.

Après une nouvelle session éprouvante, ils jetèrent épuisés un rapide coup d’œil à l’horloge. L’heure avait tourné, il était temps de prendre la route pour une nouvelle journée de travail. En silence, ils descendirent du ring, puis, se dirigèrent vers les vestiaires.

Sous la douche, l'eau chaude apaisa les muscles endoloris de Chris, mais il se surpris à penser malgré lui à Kate. Il appréciait son humour autant que la bienveillance dont elle pouvait faire preuve face à la souffrance de l’autre. Il aimait les moments passés à ses côtés. Ils devenaient précieux pour lui. Elle était une bonne collègue, mais aussi une bonne amie. Il ne voulait pas gâcher cette relation et c’est pourquoi il réprima l’attirance physique que son contacte faisait naître en lui.

Alors qu'ils se retrouvaient à l'extérieur, prêts à partir, Chris se tourna vers Kate, un sourire aux lèvres.

— Merci pour l'entraînement, et pour le café. On remet ça demain ?

Kate hocha la tête.

— Avec plaisir, shérif. 6h30. Ne sois pas en retard.

***

Les jours passaient, sans que Kate et Max ne parviennent à véritablement avancer dans leur enquête. Celle-ci semblait s’enliser.

— Peut être que depuis le début on se trompe de piste, dit Max. Ce dernier n’était pas le plus grand fan de Kate à ses débuts. Il était très attaché à Sophia, et il n’avait toujours pas accepté son remplacement. C’est pourquoi il se montrait parfois dur avec Kate, bien que toujours professionnel.

— Du calme gringo. Pour ce genre d’enquête il faut être patient, lui rétorqua Kate.

— Gringo… Gringo... répéta-t-il. tu viens vraiment de m’insulter la déchue ?

Il semblait à présent agacé.

— C’est juste un surnom pour briser la glace, t’emballes pas comme ça. Je comprends parfaitement pourquoi tu ne m’aimes pas, et je ne t’en veux pas. J’imagine qu’à ta place peut-être que je réagirais pareil. Mais on a un job, et on doit rester concentré. Ce genre d’enquête prend du temps, il faut rester patient. Tu es l’un des meilleurs agents de cette équipe, et je suis contente de pouvoir travailler avec toi. J’ai pu voir ton professionnalisme ces derniers jours, et j’aimerais qu’on continue à bosser ensemble. Seulement je ne peux pas t’y obliger. C’est à toi de décider.

— Pas tout à fait et tu le sais. C’est Chris qui décide, et il ne m’a pas vraiment laissé le choix depuis le début.

— Je pourrais lui demander de changer de partenaire sur ce coup là si c’est vraiment ton souhait. Je pense qu’il m’écoutera effectivement.

Max toisa Kate un instant. Elle était sincère.

— Non, c’est bon. Si cette phase d’observation doit continuer, je la mènerais jusqu’au bout. C’est juste que je commence à douter.

— Quelle autre piste avons-nous de toute façon ? Celle du règlement de compte ne tient pas la route. Ces organisations sont prudentes. Ils ne souhaitent pas attirer l’attention sur eux, alors il peut se passer longtemps avant qu’ils ne bougent à nouveau, précisa Kate pour éclairer et convaincre Max.

— Ok. Mais, on va pas pouvoir rester en planque comme ça éternellement. C’est pas le genre de job mené par le FBI justement ?

— Tu as raison, mais ils ont déjà beaucoup de travail et ils manquent aussi de personnels. Je crains qu’en leur passant le relais, il ne se passe trop de temps avant qu’ils puissent réellement s’en occuper. Il y aurait d’autres meurtres, d’autres gosses tués, et ça, c’est pas acceptable. Ces gens expriment peut-être leur antipathie vis à vis des flics dans cette ville, mais comment leur en vouloir ? Regarde bien autour de toi. Ils sont abandonnés. Les enfants jouent à cache cache dans des caves sordides, la drogue arrache les enfants à leurs parents avant même leur majorité quand ce n’est pas les balles tirées pour des histoires de territoires… On ne peut pas se permettre de les abandonner à notre tour. C’est nôtre rôle de protéger tous les citoyens de cette ville, peu importe leur couleur ou leur croyance.

Max touché par les arguments de Kate reprit ses jumelles d’observation.

— J’aime bien ta façon de penser. Je comprends mieux pourquoi Chris prend ta défense. Je pense que Sophia t’aurait adoré elle aussi.

— Merci Max. J’essaierais de ne pas te décevoir. N’hésite pas à l’avenir si tu as des trucs à me dire. Je suis pas en sucre, je peux encaisser. C’est important quand on travail ensemble de pouvoir se dire les choses clairement, même celles qui ne font pas plaisir.

— J’essaierais de m’en souvenir et parce que tu insistes, ne m’appelle plus jamais gringo !

Kate rit.

— Tu préfères niño peut-être?

— Certainement pas ! Je suis pas un gosse putain ! Chris dit aussi que tu lui fais vivre un enfer, laisse-moi en-dehors de ça, s’offusqua Max.

Kate perçut toutefois les défenses de son partenaire s’abaisser.

— Je m’appelle Max, c’est le nom que ma mère m’a donné alors appelle-moi Max sérieux.

Malgré le ton employé, il n’y avait plus aucune tension entre eux à présent. Petit à petit Kate parvenait à trouver sa place dans cette équipe, même auprès des plus résistants.

Les semaines passèrent lorsque enfin leur travail d’observation finit par payer. Il était temps de présenter leurs résultats à Chris. Ce dernier les accueillit dans son bureau, une pièce bordée de dossiers et de cartes épinglées aux murs, chaque détail soigneusement organisé pour l'enquête. Chris s'installa dans son siège, attendant que ses agents exposent les conclusions de leur travail.

— Alors, où en sommes-nous ? Demanda-t-il en jouant avec son crayon.

Kate prit la parole la première.

— Nous avons repéré quelques jeunes recrues potentielles ces derniers temps. J'ai une idée sur leur prochain poulain. Si nous parvenons à le faire basculer de notre côté, nous pourrions obtenir des informations cruciales. J'ai étudié sa vie et je pense pouvoir le convaincre de nous aider.

Chris pencha la tête, ses sourcils se fronçant d'intérêt.

— Quel est ton plan ?

Kate inspira profondément avant de répondre. Elle savait qu’il ne serait pas simple de convaincre Chris mais elle était déterminée à ne rien lâcher.

— Je vais me faire passer pour une junkie afin de l'approcher. Il me suffira de traîner aux mêmes endroits que lui pour gagner sa confiance et le convaincre de travailler avec nous. Comme ça, nous pourrons remonter jusqu’à l’organisation.

L’expression de Chris se durcit, effectivement, il n’aimait pas ce plan.

— Opérer seule ? C’est dangereux, Kate.

Kate le fixa, tout aussi déterminée que lui.

— C’est mon domaine, ma spécialité. C’est pas comme si j’étais une novice. Je suis le meilleur agent que tu puisses avoir pour ce genre d’opération, et tu le sais. Tu dois me faire confiance.

Chris se leva de son siège, s’approchant de Kate sans ciller

— Et si ça passe mal pour ce jeune ? Tu penses pouvoir gérer ça aussi ?

Kate soutint son regard.

— Je resterai pas loin, je ne le mettrai pas en danger, je te le promets. Mais tu dois comprendre que nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours. Pour sauver ces jeunes, il faut prendre des risques. C’est notre job de prendre ces risques, sinon qui le fera ?

Le ton monta, l’air chargé de tensions. Chris se détourna, frottant sa nuque dans un geste de frustration, tandis que Max, qui avait observé la scène en silence, intervint.

— Je crois en son plan, Chris. Elle sait ce qu’elle fait, et elle ne s’est pas trompée une seule fois jusque là.

Chris se tourna vers lui, ses yeux exprimant un mélange de scepticisme et de colère.

— Ça reste risqué, je n'aime pas ce plan. Un agent mort ne nous permettra pas plus de résoudre cette affaire.

Kate, voyant que Chris ne changerait pas d'avis, finit par jurer.

— Et merde!

Sans attendre l’autorisation de son supérieur, elle se leva et claqua la porte bruyamment. C'était la première fois que Chris et Kate se prenait la tête. Max sentant l'agacement de Chris face à la réaction de Kate décida de prendre congé à son tour.

Les heures passèrent, mais ni l’un, ni l’autre ne se résigna à faire la paix. Chris se sentit toutefois en proie à une profonde hésitation. Le regard pensif, il attrapa son téléphone et décida d’appeler Julia pour demander conseil. Il arpenta la pièce tandis que la sonnerie retentissait, ses pensées se bousculant.

— Julia, j'ai besoin de ton avis.

— Chris, tu as l’air préoccupé. Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle légèrement inquiète.

— J’ai des réticences à laisser Kate partir en infiltration toute seule. Je crois que ça me rappelle trop ce qui est arrivé avec Sophia, avoua-t-il.

Il lui expliqua plus en détail l’affaire sur laquelle ils travaillaient depuis plusieurs semaines et le plan de Kate pour démanteler l’organisation.

Julia prit un moment avant de répondre.

— Chris, je comprends tes craintes. Mais tu sais que Kate est compétente. Mais, peut-être que tu devrais en parler à son ancien patron pour avoir une meilleure idée de ses capacités.

— Je pense pas que ça plaira à Kate, mais tu as raison, c'est sans doute la meilleure solution pour rester objectif et savoir quelle décision je dois prendre.

Il raccrocha après quelques mots de remerciement, puis se résigna à appeler l’ancien bureau de Kate. Il composait le numéro avec une certaine appréhension, sentant un poids supplémentaire sur ses épaules. Agir dans le dos de ses agents n’était pas dans ses habitudes, cependant il ne voyait pas d’autres alternatives. Il avait tout de même leur vie entre ses mains et il était bien décidé à ne plus jamais perdre personne.

— Bureau du Chef Morton, répondit une voix au bout du fil.

— Bonjour, c’est Chris James. Je suis le shérif en charge de San Bernardino. J’aimerais parler à votre responsable.

— Attendez un instant je vous prie, je vais voir s’il est disponible.

Après une courte attente une nouvelle voix résonna dans le combiné.

— Morton à l’appareil. Que puis-je faire pour vous ?

— J’ai besoin de vous parler de Kate Davis.

— Kate ? Qu’est-ce qu’elle a fait cette fois ? demanda-t-il d’un ton bourru.

Chris expliqua rapidement la situation, exprimant ses réticences et la mission en cours. Le supérieur soupira.

— Kate est plutôt du genre solitaire. Elle ne s’est jamais vraiment intégrée à notre équipe. C’est une tête brûlée qui ne respecte ni la hiérarchie, ni les ordres.

Chris fronça les sourcils, surpris. Ici, Kate s’était parfaitement intégrée, même avec Max, ce qui l’avait tout de même surpris.

— Mais elle est aussi incroyablement capable, tout comme son père, Carl Campbell. Je dois avouer que malgré son sale caractère, elle nous manque sur le terrain. C’est un excellent agent sur qui on peut compter, quoi qu’il arrive. Elle n’a jamais fait foirer une affaire.

— Son père, c’est Carl Campbell ? répéta Chris, étonné. Le nom résonnait en lui comme une cloche d’église. Carl avait été son mentor, un homme qu’il respectait énormément. Ce dernier lui avait souvent parlé de sa fille, la décrivant comme belle, intelligente et forte.

Morton rit doucement.

— Oui, Carl Campbell. Un sacré bonhomme, n’est-ce pas ?

Chris sourit malgré lui.

— Oui, le meilleur je dirai. Merci pour les infos, Morton.

Raccrochant le téléphone, Chris se sentit partagé. Kate était manifestement plus que capable de mener cette infiltration. Mais le poids de la responsabilité, aussi envers Carl, son ancien mentor, pesait lourd. Il craignait de perdre encore une fois quelqu’un, et cette fois-ci, il devrait s’expliquer devant Carl pour son incompétence. Il avait peur de la mettre en danger, mais son plan restait le meilleur qu’ils avaient, et objectivement elle avait l’envergure pour mener à bien cette opération. Il devait agir en tant que meneur, réfléchir en mettant de côté ses sentiments personnels, même si ce n’était pas facile. C’était la responsabilité qu’il avait accepté avec les fonctions de shérif.

Il se tourna vers la fenêtre, regardant au loin. Kate était-elle vraiment une tête brûlée, ou simplement quelqu’un de passionné et déterminé à faire ce qui était juste ? Son ancien patron semblait amer. Ce qui ne l’avait pas empêcher de faire l’éloge de ses compétences. Chris avait du mal à cerner toutes les facettes de Kate. Le portrait dressé par Morton lui donnait l’impression qu’il y avait deux Kate. Les yeux fixé sur la fenêtre, il regardait la lumière du lampadaire vaciller dehors. La fatigue commençait à le gagner, il lui fallait prendre sa décision. Il se résigna. Il ferait confiance à Kate, mais il ne la laisserait pas totalement seule. Il serait là, en arrière-plan, prêt à intervenir si les choses tournaient mal.

— Carl, ta fille est devenue une femme extraordinaire, murmura-t-il pour lui-même.

***

Le lendemain, Kate retourna voir Chris dans son bureau, déterminée à le convaincre. La tension était palpable dans l'air alors qu'elle franchissait la porte, le regard de Chris était déterminé, prêt à une confrontation. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Kate prit la parole, sa voix teintée d'agacement.

— J’ai bien réfléchi depuis hier. Tu peux pas balayer l’opération juste parce que tu as peur de perdre un de tes agents. Tu m'as fait tout un beau discours sur la confiance alors c'est le moment maintenant ! C’est le moment d'être à la hauteur de ton discours et de montrer que c'est pas juste des mots. Je suis compétente Chris. Je ferai pas foirer cette affaire, je te le promets.

Chris ouvrit la bouche pour répliquer, mais Kate poursuivit.

— Ça fait pas longtemps que je travaille ici, et je comprends que tu doutes encore de moi. Mais, il me semblait t'avoir montré un peu de quoi j'étais capable. Je suis la mieux placée pour résoudre cette affaire. Je me soucie de ces gosses bien plus que tu ne le penses.

Elle adressa à Chris un regard féroce. Elle était déterminée à ne rien lâcher.

— Fais-moi confiance sur ce coup-là, tu le regretteras pas.

Chris prit une profonde inspiration avant de lui annoncer.

— J'ai téléphoné à ton ancien patron.

Il s'attendait à ce que Kate se sente trahie, qu'elle s'énerve, justement à cause de cette confiance naissante qu'il avait risqué de briser. À sa grande surprise, elle resta calme.

— Je comprends. Ça ne fait pas longtemps qu'on bosse ensemble et je vais devoir bosser en solo. Tu as besoin d'un autre avis. J'imagine aussi que tu as besoin d'en savoir plus sur moi…

Elle s'assit face à lui, le regard fuyant pour la première fois. Il lui en coûtait de se livrer ainsi à Chris.

— Je parviendrai parfaitement à infiltrer ce milieu parce que je le connais très bien. J’ai grandi dans ce genre de milieu je…je connais leur code, leur langage.

Chris la regarda, confus.

— Je comprend pas, ton ancien supérieur m'a dit que tu étais la fille de Carl Campbell.

Kate sourit tristement.

— Je ne suis devenue sa fille qu'après qu'il m'ait trouvée. J'avais dix ans à l'époque.

Chris l'interrompit soudainement.

— Tu peux poursuivre l'enquête, Kate.

Elle sembla désarçonnée. Chris continua.

— Tu me raconteras ton histoire un jour parce que tu en auras envie, pas parce que tu dois obtenir ma confiance. D'ailleurs, tu as déjà ma confiance. J’avais déjà pris la décision de te laisser faire. Je suis désolé de t’avoir fais douter de la confiance que je t’accorde. C'est juste que je ne veux pas te mettre en danger.

Kate le remercia, se détournant pour cacher ses émotions. Chris, chercha à alléger l'atmosphère.

— Tu savais que je connaissais ton père ?

Après un instant de flottement, il poursuivit.

— C'était mon mentor. Tous les jours, il me bassinait avec des histoires sur sa merveilleuse fille. J'aurais jamais cru te rencontrer dans ces circonstances.

Kate finit par rire, une étincelle de joie dans ses yeux.

— Tu te plains, mais tu sais que tu fais exactement pareil avec Sunshine et Maverick ?

Chris rit.

— C'est pas faux.

Reprenant un ton plus sérieux, il lui demanda de préparer un rapport pour la suite de l'enquête.

— Ce soir, ajouta Chris, ça te tenterait de venir voir un match ou un film à la maison ?

Kate sourit.

— Sunshine n'est pas là en ce moment ?

— Pas en ce moment, d'ailleurs, elle va me tuer quand elle saura que je t'ai invitée en son absence. Ça fait des lustres qu'elle me tanne avec ça, dit-il en souriant.

— Je garderai ton secret alors, répondit-elle sur le ton de la connivence, mais j'avais plutôt envie de faire un tour en moto.

Elle marqua une pause.

— Ça te tenterait de conduire cette fois-ci ?

Chris ne put refuser la proposition.

— Absolument.

— Alors on a qu'à faire ça. Je passe chez toi après le travail. On ne devrait pas terminer trop tard de toute façon.

Le regard de Chris s’adoucit alors qu'il acquiesçait.

— Parfait. Je t'attendrai.

Il était soulagé de pouvoir ainsi se réconcilier avec elle. Chris était un bon chef, mais il n’aimait pas les conflits avec ses agents. Ces derniers mettaient à mal la confiance qu’il estimait indispensable pour travailler en équipe, à fortiori compte tenu du milieu violent au sein duquel ils exerçaient. Pourtant, il y avait des fois où il n’avait pas le choix. En tant que chef, il ne pouvait pas non plus tout laissé faire. C’était lui qui devait décider, trancher, même si ça pouvait déplaire, telles étaient les responsabilités qu’il avait accepté.

***

Kate arriva en toute fin d'après-midi, le soleil commençait à décliner à l'horizon, peignant le ciel de teintes dorées et roses. Chris, déjà prêt, l'attendait devant sur la terrasse en bois, une impatience à peine dissimulée.

Lorsqu'elle descendit de sa moto et s'approcha de lui, il ne put s'empêcher de remarquer la beauté de ses traits. La lumière du soir jouait sur ses cheveux et donnait à ses yeux vert un éclat plus claire que d’habitude. Ils échangèrent un sourire complice avant que Kate ne lui tende un casque.

— Prête à voir ce que ça fait d'être passagère ? demanda-t-il en prenant le casque

— J'ai hâte de voir ce que tu vaux vieille homme.

Elle monta derrière Chris, ses mains glissant autour de son torse, s'agrippant fermement. Chris sentit un frisson parcourir son corps à son contact. on cœur s’accéléra à la sensation des bras de Kate serrés autour de lui. Il prit une profonde inspiration, tentant de maîtriser ses émotions, puis démarra la moto.

La route s'étendait devant eux, serpentant à travers les collines. Le vent sifflait à leurs oreilles, mais l'adrénaline de la balade rendait chaque moment électrisant. Leurs corps se mouvant en harmonie avec la moto, chaque virage, chaque accélération les rapprochant un peu plus.

Lorsqu'ils atteignirent un point de vue surélevé, Chris ralentit et arrêta la moto. La vue était à couper le souffle, les montagnes se découpant contre le ciel crépusculaire. Kate descendit de la moto, retirant son casque et secouant ses cheveux. Ses joues semblaient légèrement empourprée. Elle s'avança vers le bord, admirant le panorama.

Chris la rejoignit, son regard alternant entre le paysage et Kate.

— Impressionnant, non ?

Kate hocha la tête, le visage illuminé par la lueur du soleil couchant.

— Absolument. Merci pour ça, Chris.

Ils s'assirent sur un rocher côte à côte. Chris sortie deux bières.

— À ta santé..

Elle trinqua, avec enthousiasme.

— À ta santé, répéta-t-elle doucement.

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