L’eau des canalisations de ma chambre m’obsédait. Toutes les nuits, je l’entendais couler et j’avais l’impression qu’elle allait fondre sur mon visage, engloutir ma chambre, puis me noyer. Son ruissellement se doublait des murmures des autres filles de ma chambre, Lebenes et Astrée. Elles n’arrêtaient de chuchoter qu’à des heures tardives sans que je puisse rien leur dire. Elles étaient les grandes du Château, celles que les adultes consultaient lors des conflits, celles qui malgré leurs fréquentes disputes ne recevaient que des punitions de façade, celles à qui l’on achetait la paix. Les seuls nuits calmes de mon enfance étaient celles où elles fuguaient.
Fugue. J’ai mis longtemps à réaliser ce que dissimulait ce mot. Les grandes l’évoquaient avec un air rêveur, le présentaient comme l’échappatoire à tous nos soucis. Les adultes ne le prononçaient qu’à demi-mots, avec de la colère dans les yeux. Plusieurs fois, lorsque j’entendais Lebenes et Astrée empaqueter leurs affaires, j’hésitais à me lever pour les suivre, pour aller découvrir cet ailleurs qui s’étendait hors du parc.
Je n’ai jamais osé. J’avais peur. Et je crois maintenant que c’était l’émotion la plus sensée. De ma vie d’avant, je ne gardais que des souvenirs confus, mais je savais une chose avec la certitude la plus absolue : il y avait des gens qui vivaient de la souffrance, qui se nourrissaient du malheur. Le Château était autant ma prison que mon bouclier protecteur. J’aurais pu y être heureuse. Les balades dans le parc, les jeux de dés de fin d’après-midi, les soirées à se serrer sur deux fauteuils pour regarder un film sont sans doute des souvenirs chéris par nombre de mes camarades de l’époque. À mes yeux, ce n’étaient que des distractions éphémères. Des moments où les adultes étaient heureux de se débarrasser de nous. Seule Arèle s’asseyait avec nous, prenant les plus petites sur ses genoux.
Arèle était une femme aux cheveux gris à qui jamais personne ne pouvait donner d’âge. On savait seulement qu’elle était au Château depuis de longues années, qu’elle avait vu des dizaines d’enfants comme nous passer. Elle ne criait jamais, ne nous punissait que par solidarité avec ses collègues. Elle restait toujours plus tard le soir, longtemps après l’arrivée des adultes de nuit. Elle passait dans toutes les chambres pour nous souhaiter bonne nuit ou nous raconter des histoires. Petites comme grandes, nous attendions son passage avec une impatience non dissimulée. Je me rappelle encore de la douceur des moments où elle me bordait.
Un jour, Lebenes et Astrée sont parties. On nous a dit qu’elles étaient trop grandes pour rester avec nous, qu’elles reviendraient peut-être nous voir à l’occasion. Il n’y a pas eu de fête, mais tout le monde était heureux de leur départ. Elles avaient pris trop de place au Château, avaient frappé plusieurs petites, insulté la plupart des adultes. J’avais aussi failli en venir aux mains avec elles. Un soir, Astrée m’avait enfermée dans une salle de bain, éteint toutes les lumières. J’avais hurlé en tambourinant sur la porte de chêne, meurtri mes mains sur la vieille serrure rouillée. Dès que l’on m’avait ouvert, j’avais couru vers mes camarades de chambre en les insultant de tous les noms. Deux adultes m’avaient retenue. J’ai été privée de dessert une semaine entière tandis qu’elles ont été à peine réprimandées. Astrée était forte pour faire punir les autres à sa place. Elle avait compris qu’au Château comme ailleurs, la vie était un jeu avec beaucoup de perdants.
Malgré toute ma rancœur, le soir où l’automobile venue les chercher s’est garée sur le côté de l’allée principale, une boule s’est formée dans mon ventre. Toutes les filles se sont rangées en forme de haie d’honneur. Astrée et Lebenes sont passées en nous saluant une à une. Quant est venu mon tour, j’ai vu dans leur regard autant de tristesse que de peur. Elles m’ont dit « à bientôt » et j’ai entendu « à jamais ». La cloche du repas a sonné trois fois et les filles se sont dispersées. Je les ai suivies à regret tandis qu’Arèle accompagnait les grandes et leur chauffeuse. J’ai attendu que les adultes relâchent leur vigilance, puis je suis allée à la fenêtre du deuxième étage, grimpant les marches trois à trois. J’ai vu la voiture s’éloigner dans un nuage de poussière et j’ai cru alors que mon cœur s’arrêterait. Pour la première fois, je réalisais que mon temps au Château était éphémère et pensais à l’après.
Deux petites ont pris leur place. Je n’ai même pas tenté de retenir leur nom, je n’avais aucune envie de sympathiser avec des enfants. Je me souviens seulement qu’il y en avait une qui était toute mince et pâle, qui faisait ma taille. Elle ne parlait jamais, sauf quand les adultes lui posaient des questions. L’autre avait un visage de bébé et un air perdu. Elle semblait ne pas comprendre ce qui lui arrivait et toutes les nuits, elle pleurait. J’avais beau crier, monter sur son lit pour la rassurer, rien n’y faisait. Plusieurs fois, j’ai pensé à l’étrangler avec sa couette pour m’offrir un peu de silence.
Le bruit de ses cris mêlé à celui des canalisations me poussait souvent à sortir. Je me faufilais le long du couloir des chambres, peint de bleu et de jaune, en écoutant les autres filles ronfler. Puis je descendais l’escalier de pierre grise, dont les marches étaient plus longues que des lits. Je me prenais parfois à m’imaginer porter une lourde robe de ruban et de satin, comme les grandes dames des films historiques. Je passais près du premier étage, celui des garçons. Il était toujours fermé à double-tour, mais la porte ne suffisait à étouffer l’écho des cris qui se répétait jusqu’à des heures tardives. Je m’y arrêtais souvent un instant en tendant l’oreille, mais n’y apprenait qu’une chose : les garçons n’étaient pas moins en colère que nous. Nous ne les voyions jamais longtemps car leurs pièces communes se trouvaient dans une autre aile du Château et pourtant ils dormaient juste en-dessous de nous. Je me demandais ce qu’il se passerait si j’avais pu déverrouiller la porte, m’enfoncer dans leur couloir. Aurions-nous discuté ? Nous serions-nous disputés ? J’aurais pu leur demander pourquoi les adultes nous séparaient.
J’arrivais ensuite dans la baie vitrée du rez-de-chaussée, la plus grande pièce du Château. Des barrières de métal s’élevaient devant les vitres, trop souvent brisées par le passé. Quelques jeux traînaient en désordre entre les tables du repas. L’armoire à vaisselle me recouvrait de son ombre imposante. La nuit, cette pièce m’effrayait, me rappelait les dessins de prison aperçus dans une des bandes-dessinées de la bibliothèque. Je connaissais toutes les aventures d’Ezor, une marine qui avait fait trois fois le tour du monde dans une machine volante. Dans l’album « La Tour Noire » elle était accusée de complicité avec un pays ennemi et enfermé dans une prison lugubre avec son ami. La vision des images de son enfermement constitue un souvenir aussi traumatisant que mémorable. Elles parlaient au-delà des mots que je ne savais déchiffrer. Les livres suivants m’avaient réconfortée, fait découvrir des horizons dont j’ignorais la véracité, mais dont je connaissais la puissance évocatrice. Dans ces bande-dessinées déchirées au papier jauni, j’avais trouvé des rêves et des modèles. Tous mes voyages se trouvaient dans ces pages.
Puis j’entrais enfin dans le salon, avec ses peintures miteuses, ses vieilles chaises et ses grandes tables de chêne. Je m’asseyais contre le mur, près de la porte, à bonne distance des adultes de nuit. Ils étaient souvent trois, assis autour de bouteilles vertes et jaunes à l’odeur sucrée et de bols de biscuits au poivre. Ils toléraient ma présence tant que je ne m’approchais pas d’eux et que je me recouchais avant le lever du jour. Sans leur avoir jamais parlé, je les connaissais tous mieux que leurs amis. À cette heure tardive, leurs langues se déliaient et ils échangeaient anecdotes et secrets sans gêne. Ils se plaignaient souvent ; de nous, de leurs collègues, de leurs chefs, de leur famille, de leurs voisins, de la politique, de l’économie, du mauvais temps, parfois même de l’univers entier. La tension montait parfois, les voix s’élevaient. Ils se disputaient autant qu’ils nous disputaient. Leurs conversations m’apprenaient que le monde était rempli de guerres, de misères et d’injustices, que l’espoir était une chimère destinée à vendre aux naïfs, qu’il n’y avait aucun acte désintéressé. C’est en écoutant les adultes que je suis devenue cynique.
Le matin, j’étais souvent la dernière levée, malgré les innombrables réveils « offerts » par les adultes. Me sortir du lit était l’un de leurs pires combats. Ils avaient usé avec moi de toutes les techniques imaginables : musique, cris, verre d’eau, chuchotements. À cause de mes couchers tardifs et de mon sommeil haché, je me rendormais presque aussitôt, parfois après quelques hurlements pour me débarrasser des adultes. Ma désobéissance les humiliait et ils redoublaient d’efforts pour me sortir du lit. Plusieurs fois, certains m’ont frappé de dépit, mais je leur faisais payer au centuple. Je les houspillais pendant des journées entières, m’assurant de pourrir toute initiative de leur part. Il n’y avait qu’une personne capable de me faire lever sans avoir à monter les escaliers : Arèle.
À chaque fin de semaine, elle nous ramenait des viennoiseries du village d’à côté et sortait des jeux de société. Ces matins là, nous nous levions plus tôt que pour aller à l’école, et nous nous serrions tous ensemble pour tirer les dés, déplier les plateaux et distribuer les cartes. Les parties dégénéraient souvent et Arèle rangeait les boîtes, mais parfois la magie opérait. Nous cessions de nous insulter et de nous provoquer le temps de quelques heures, emportés par l’imaginaire déployé par Arèle. Mon jeu préféré était l’Acheos, le premier que j’avais découvert au Château, entre les mains des plus grandes. Il consistait à acheter des champs et vendre ses récoltes à une banque, tout en provoquant des intempéries dans les terrains adverses. Le jeu avait pris l’eau des années plus tôt et j’adorais le toucher des billets fripés. Je gagnais souvent et célébrais mes victoires en hurlant de joie. Je me sentais puissante, actrice de ma destinée. Mes défaites étaient bien plus brutales. J’accusais les autres filles de tricherie, Arèle d’injustice, et nous en venions parfois aux mains. À cause de cela, les adultes voulaient m’interdire l’Acheos, mais Arèle s’y est toujours refusé.
Ce n’étaient pourtant ni mes levers ni ces crises de colère qui leur causaient le plus de tort. Car là où j’étais la plus malheureuse, la plus pénible à leurs yeux, était l’école. C’était la seule destination extérieure au Château, au milieu d’un village à dix minutes de voiture. On m’avait dit que j’y apprendrais beaucoup de choses et que je me ferais des amies de mon âge. Je n’ai jamais pardonné aux adultes un tel mensonge. Car à l’école, j’ai vécu ce qu’on ne souhaiterait pas à un animal.
Comme beaucoup d’enfants de mon âge, les adultes me firent découvrir dès les premiers jours leur domination, la compétition et l’ennui de longues heures à se morfondre sur un banc. J’appris le reste de mes camarades : le vol, les insultes et les moqueries furent mon quotidien pendant de longues années. Je les détestais tous, mais rien n’égalait la haine que je portais à leurs parents. Chaque soir, à la sortie, ils me regardaient au mieux avec pitié, au pire avec dégoût. Ils s’empressaient d’éloigner leurs filles de l’anormale que j’étais. Mon seul crime était d’attendre la camionnette noire qui me reconduirait au Château. Pour eux, il ne pouvait rien sortir de bon d’une fille sans parents. D’autant que j’avais la peau bien trop dorée pour eux, les yeux trop étirés et les cheveux bien trop noirs. Leurs regards m’ont appris la honte.
Pour éviter de m’y confronter, j’élaborais d’innombrables stratagèmes. M’enfermer dans les toilettes, vomir, faire semblant d’avancer vers les murs de brique avant de fuir vers le parc, me cacher dans la cour de récréation pour attendre le départ de tous les autres enfants. Malheureusement, aucun ne parvenait à me sortir d’affaire bien longtemps. La sonnerie stridente des appels de l’école prévenait les adultes du Château de chacune de mes tentatives. Ensemble, ils élaboraient de véritables plans d’attaque pour me maintenir enfermée des journées entières. Peut-être qu’on profitait de mon absence au Château pour se reposer un peu. Qui aurait voulu passer du temps avec moi ?
Un soir de fin d’été, une idée m’est venue : me rendre si insupportable aux instituteurs qu’ils décideraient de me renvoyer, tout en laissant tranquille les adultes du château. Elle se mua vite en détermination et je mis mon plan de bataille à l’œuvre dès les premiers jours. Pour cela, je dus me résoudre à des actes que je n’aurais jusque-là même pas imaginés : dégradation d’objets de valeur, vol, insultes, mutismes, refus de boire ou me nourrir. J’encaissais sans broncher les innombrables punitions et privations qu’ils inventèrent, triomphai lors de ma première exclusion temporaire. Cependant, il en fallait encore davantage. Un coup d’éclat assez violent pour m’assurer de ne jamais revenir.
J’identifiai rapidement ma victime : Atriz, une des filles les plus détestables et surtout les plus riches de l’école. Elle et son groupe me ciblaient depuis des années avec une perfidie inimaginable. Ses parents étaient les principaux mécènes de l’école et elle raflait la majorité des prix d’excellence. Elle concourait aussi à des prix de beauté organisés dans les villes alentour et rêvait de devenir une actrice de théâtre célèbre. Je voulais lui faire mal. Assez mal pour qu’elle se souvienne de moi pendant des années.
Je rassemblai plusieurs autres filles avec lesquelles je ne partageais qu’une chose : notre envie de vengeance à l’égard de la meneuse de toutes les humiliations et moqueries de la classe. Je leur annonçai que je comptais isoler Atriz avec elles, prendre les ciseaux de la maîtresse et lui couper ses beaux cheveux frisés. Mon ennemie les chérissait plus que tout, les portait jusqu’à la hanche et passait chaque matin de longues heures à les natter et les orner.
Le jour venu, tout se passa d’abord comme je l’avais anticipé. Une fille dit à Atriz qu’elle voulait lui montrer quelque chose, l’attirant derrière les buissons au bout de la cour de récréation. Mes trois autres complices se jetèrent sur elle, l’immobilisèrent et la bâillonnèrnt. Elles la griffèrent et la frappèrent au passage, lui arrachant ses premières larmes. Toutefois, ce ne fût qu’à la vue des grands ciseaux de fer qu’elle perdit pour de bon ses moyens. Elle se débattit de toutes ses forces, manquant de s’enfuir et lança des cris étouffés par le bâillon. J’eus raison de sa frange en deux coups de ciseaux. Ce fut plus long pour le reste de ses tresses, mais j’en vins à bout en quelques minutes. J’étais devenue une vraie sauvage et je ne m’arrêtai qu’après avoir mis à nu la majorité de son crâne. Comme elle bougeait, je lui griffais la peau et les cheveux tombaient rouges de sang. Cela effraya mes complices qui la relâchèrent. Je perdis alors tout contrôle.
Atriz se redressa et me frappa au visage avec toute sa force d’enfant. J’eus peur en voyant la colère sur son visage et je répliquai. Elle m’avait frappé avec son poing, j’avais des ciseaux. Mon coup lui taillada la joue et le front, ouvrant le haut de son nez. Elle hurla de douleur avant de s’effondrer en pleurs. Je regrettai aussitôt la violence de mon geste. Je me vis comme les gens me voyaient : une enfant incontrôlable et dangereuse. Je savais déjà ce qu’ils diraient : ce coup de ciseau était le premier coup d’éclat d’une future criminelle. Plus que la culpabilité et le remord, ce qui me tordait le ventre était la colère : je venais de donner raison à tous les regards qui m’avaient jugée sans me connaître.
Je demeurai imperturbable toute la soirée qui suivit. Je ne garde qu’un souvenir de la réaction des adultes : les coups de règle que la directrice m’infligea sur les phalanges. Mes hématomes mirent plusieurs semaines à disparaître. Je ne pus savoir ce que celles d’Atriz devinrent. Je ne la revis plus, pas plus que l’école. Quelques professeurs passèrent au Château au cours des mois suivants, puis on m’oublia peu à peu. J’étais de ces enfants pour lesquels on ne peut rien. Je voulus oublier l’école, mais cela était impossible. Ce geste de violence m’avait laissé une cicatrice invisible tout aussi durable, mais bien plus douloureuse que celle de ma victime.
La violence s’invita dans mes cauchemars. Ma violence, celle des autres. D’étranges silhouettes aux grands chapeaux circulaires hantèrent mes nuits, s’en prenant à ceux que j’aimais, ombres voilées de mystère. Au réveil, je me souvenais de leurs noms et de leurs visages, mais ils s’échappaient vite, comme si j’avais voulu retenir de l’eau dans un filet. Frustrée, je finis par prendre du papier au-dessus de l’armoire du réfectoire, à côté du cahier où les adultes écrivaient le résumé de leurs journées. Je volai un crayon de couleur à une petite après son anniversaire car les miens étaient restés à l’école. Le matin, je tentai de dessiner des traits, des yeux, des cheveux, de rappeler à moi les souvenirs de ma vie d’avant.
Trois visages s’invitaient souvent sous ma mine : ceux de deux enfants aux cheveux aussi noirs que les miens. Leurs traits se ressemblaient tant que je les imaginai mes frères. Il y avait aussi celui d’un homme au crâne rasé et au regard dur, que je mis plus longtemps à reconstituer. Celui qui devait être mon père échappait toujours aux attaques des ombres de mes cauchemars, car il disparaissait avant qu’elles arrivent. Avec le temps, d’autres s’ajoutèrent : celui d’une vieille femme, d’un homme aux cheveux longs et d’une petite fille. Sans doute ma famille éloignée.
Ces compagnons de papier devinrent mes protecteurs. Je les accrochai au-dessus de mon lit, me rassurai en les regardant à chacun de mes réveils nocturnes. Je les mis le plus haut possible, hors de portée de mes camarades de chambre. Certains adultes me demandèrent qui j’avais voulu représenter, je ne leur répondis rien.
Ces dessins, comme cent maigres autres réconforts, trompaient l’ennui de ma vie au Château. Ils m’aidaient à affronter un quotidien médiocre, à ravaler colère et amertume. Cela aurait sans doute pu durer encore de longues années, jusqu’à ce que je devienne adulte. Cependant, je fis une rencontre qui bouleversa cette existence fade et changea ma vie à jamais.
Celle d’Hinnes.