La fugitive avait trouvé un répit, échappant à l’urgence qui ne la quittait pas. Son corps demandait du repos pour guérir. Elle s’était posée près de la Namia au sud de la ville, où les vents étaient calmes et l’air pur. Ses longs cheveux ondulaient doucement dans la brise, effleurant ses joues d’une manière apaisante.
Assise sur un banc, elle ressentit une douleur en pensant au Petit Falkos Doré. C’était vain : elle cherchait une preuve, mais n’y avait trouvé que du vide. Lyuka avait clos toute perspective de pardon, anéantissant tout retour possible. Elle avait accepté le verdict sans protester, cachant ses émotions derrière une façade froide, laissant la rancune la consumer.
L’assoupissement tentait de l’engloutir. Elle prit alors conscience qu’elle n’avait jamais vraiment regardé la Namia. La rivière coulait lentement, sinueuse, au milieu d’une végétation luxuriante. Ses eaux reflétaient le ciel, le fractionnant en éclats scintillants. Les herbes des berges ondulaient doucement, bercées par le courant. Une mélodie discrète essaya de ranimer l’insouciance perdue.
Il y avait un temps où elle était toujours accompagnée. Maintenant, elle se sentait seule, comme si on lui avait arraché son âme. Sa symbiome la hantait.
Son esprit était confus, comme cette rivière errante. Ses pensées se heurtaient, disparaissaient, s’effilochaient dans un labyrinthe sans issue. L’herbe sous ses pieds était apaisante et la douce chaleur l’incitait à se reposer.
Plus loin, deux enfants riaient, libres de toute crainte. Ils jouaient avec un ballon, léger, flottant dans l’air comme un songe. Elle les regarda longuement, le cœur serré, se remémorant son enfance heureuse et ses liens profonds. C’était tout ce qu’elle avait perdu.
Tout oscillait. Les gestes, les couleurs, la lumière vibraient d’une beauté implacable. Le passé s’infiltrait dans le présent, tissant une chaleur mensongère. Elle cessa de lutter, ses paupières se fermèrent, elle se laissa glisser. Le sommeil pourrait offrir une présence rassurante, un moment volé à l’absence.
— Ah ! Te voilà enfin !
La voix résonna, joyeuse, à travers le bruit de la rivière, remplissant l’air d’un élan entraînant. Les paupières de la femme en fuite tremblèrent avant de s’ouvrir.
Son amie était là, pleine d’énergie et de soleil, avec un sourire vrai et vivant. Sa présence rayonnait d’authenticité, impossible à cacher.
Ses longs cheveux ondulés, ornés de petites fleurs, luisaient sous la lumière. Un souffle de chyrole et de sella sauvage flottait autour d’elle. Sa robe claire virevoltait, couverte de motifs floraux, comme une extension de la nature. Ses yeux bleus limpides dansaient d’originalité, nuancée d’amusement tendre.
— C’est un endroit étrange pour se retrouver, dit l'apprentie-alchimiste avec un sourire malicieux. Tu ne m’attends pas depuis longtemps, j’espère.
L’Astromancienne se redressa lentement, fuyant de peu les limbes du sommeil.
— J’ai pris un peu d’avance, car je déteste faire attendre. Et puis, cet endroit invite au calme, Illya.
Illya leva légèrement un sourcil, entre le rire et la méfiance. Ce ton-là lui était familier. Elle remarqua une tache rouge sur le front de son amie.
— As-tu mal ? Dis-moi que ce n’est rien.
— Rien du tout. Un arbre un peu trop entreprenant a tenté de me ralentir. J’étais pressée.
La réponse glissa sans accrocs. Illya n’insista pas.
— Merci d’être venue, reprit-elle. Je sais que je peux compter sur toi.
Cette fois, Illya sourit sans retenue.
— Je suis toujours présente, même si tu ne me le demandes pas.
Illya n’avait pas hésité une seule seconde. La missive reçue, griffonnée sans soin, suintait l’urgence. Elle n’avait pas fermé correctement son atelier et y avait laissé une expérience inachevée. Elle avait couru à travers Lumisa avec colère, mais cela n’avait fait qu’empirer sa nervosité.
Les secrets l’insupportaient, surtout quand ils venaient d’elle, qui avait juré qu’ils ne seraient plus jamais tus.
— Dis-moi la vérité, demanda la jeune fille aux fleurs. C’est étrange. Tu disparais pendant des mois, puis tu réapparais, insouciante, sans un mot. Pourquoi ces « retrouvailles » ?
La rebelle hocha lentement la tête, évitant son regard. Ses doigts s’accrochèrent à la robe d’Illya.
— Je dois rester discrète à Lumisa… mais je peux tout t’expliquer plus tard. Est-ce que tu pourrais m’aider ?
Illya croisa les bras. Cette échappatoire ne passerait pas.
— Tu me demandes d’avancer sans savoir. Non. Si tu veux mon aide, parle-moi maintenant. C’est urgent. Je ne bougerai pas avant de savoir ce qu’on va affronter ensemble.
Sa voix resta posée, ferme, calme et déterminée.
La jeune fille hésita, partagée entre sa peur de se trahir et sa loyauté.
— Je ne suis plus la personne que tu penses que je suis.… Pourrais-tu m’écouter sans me juger ni partir ?
— Une crise d’identité ? Encore une tragédie d'adolescente à Lumisa ?
— Tu vois… tu recommences.
Elle regarda vers le bas, rassemblant son courage.
— Illya… mes Étoiles…
Tout bascula.
Sans avertissement, l’Astromancienne repoussa Illya. Elle fut projetée en arrière et arrachée du banc juste avant qu’un rayon incandescent ne déchire l’air.
La lumière frappa, suivie d’une explosion. Le bruit assourdissant dispersa le silence et réduisit la pierre en éclats. Illya s’effondra, étourdie, ses oreilles bourdonnantes. Quand elle releva la tête, tout était couvert de cendres, sauf la forme de son amie, qui tendait les bras vers le ciel.
La panique envahit Illya. Une énergie sombre la submergea. Elle incanta. Son corps fut enveloppé d’ombres et de lumière qui s’entremêlèrent, faisant trembler l’air. La réalité vacilla.
Tout s’arrêta.
La Namia perdit son courant. L’eau et les oiseaux demeurèrent suspendus. Un cocon irisé se déploya lentement sur le banc, invisible pour les profanes. Une barrière astrale. Un seuil fragile entre deux plans. Un espace arraché à Tarrys.
L’Astromancienne, hors de la matière, évoluait dans un entre-deux irréel où les lois physiques disparaissaient. Seuls les Étoiles et ceux qui les entendaient y étaient présents. Elle ne cachait pas sa douleur, chaque respiration ouvrant une plaie invisible. La magie stellaire la dévorait de l’intérieur. Illya reconnut cette brûlure, signe d’un dépassement de ses limites.
Elle voulut la rejoindre et partager son fardeau.
Une ombre s’étira à ses pieds. Elle se referma. L’entrave fut immédiate. Son amie lui tournait le dos, déjà engagée face à son ennemie.
— Il te reste encore des ressources… murmura Sally, une déception lasse au bord des lèvres. Protéger uniquement ton amie plutôt que dresser une sphère astrale complète. Voilà un choix inattendu.
— Ne prétends pas me connaître, Sally.
Sally émergea des ténèbres, se détachant de l’ombre. Sa silhouette se recomposa lentement. Ses cheveux sombres ondulèrent, puis retombèrent le long de sa robe. Elle avança tranquillement, chaque pas annonçant la menace.
— Reprenons. Où est-elle ?
La tension s’abattit entre elles, prête à frapper. Le regard de Sally se durcit, une lueur rouge y apparut.
— Toujours aussi obstinée. T’imagines-tu vraiment qu’elle est hors d’atteinte grâce à ton mutisme ? Tu n’as donc rien compris. Seul le Cercle détient encore une issue pour elle !
Sally leva une main. Un arc d’énergie jaillit, tranchant l’air. Le ciel se fissura. Des flammes surgirent, avides et mouvantes. Elles attendaient la réponse de l’Astromancienne.
— Une simple Asteria de bas rang. Le Cercle n’avait rien de plus convaincant à m’envoyer ? Épargne-moi cette comédie.
L’Astromancienne était fatiguée, mais arrogante. Son sourire devenait mystérieux et inquiétant.
— Recule, hurla-t-elle à Illya, qui luttait contre les liens d’ombre.
Elle invoqua des cristaux, formant une couronne autour d’elle.
Le monde devint silencieux, ne laissant que le sifflement du vent glacial et le crépitement des flammes. Témoins d’un conflit imminent.
Sally et l’Astromancienne se regardèrent intensément, leurs visages se transformant en masques de guerre. Elles étaient prêtes à se confronter.
Leurs mains se levèrent à l’unisson.
L’impact fut immédiat.
Une onde de choc éclata, un tonnerre déchiré par l’éther. L’air se rompit. La chaleur heurta un froid tranchant. La magie brute s’abattit, indomptée, déformant l’espace et la lumière.
Sally avança, liquéfiant les lames de glace que l'Astronomancienne envoyait avec des bras entourés de flammes tourbillonnantes. Ses mouvements étaient précis et dictés par sa colère.
L’Astromancienne glissait sur la glace, créant des murs de givre pour parer les attaques de feu. Chaque impact soulevait une vague de vapeur, mais ne diminuait pas l’éclat sauvage dans leurs regards.
Le combat devint une danse violente et mortelle. Elles tournaient l’une autour de l’autre, attaquant, esquivant, ripostant sans répit. Des arcs de feu s’écrasaient contre des pics gelés. Des éclairs lacéraient le ciel. Le sol tremblait, prêt à céder.
Aucune ne fléchissait. L’équilibre persistait, chargé d’un danger furieux. Puis un grondement sourd s’éleva. La lave heurta la glace.
Sally recula et son regard devint sombre.
— Tu ne devrais même plus tenir debout ! Encore moins te battre !
La haine stria sa voix, nue, acérée, née d’un ego blessé. L’Astromancienne demeurait droite, arc-boutée contre la chute. Son regard devint coupant, et le givre autour d’elle gagna en épaisseur.
Lorsqu’Illya se libèra, elle s’empressa de se ruer vers Sally. Son élan fut brisé net.
Une tempête de neige explosive, saturée d’éclairs sombres, s’abattit sur elles. L’Astromancienne déploya une énergie inconnue, qui stupéfia Illya lorsqu’elle la vit dans ses yeux.
Ses yeux ne brillaient plus d’émeraude, mais d’un pourpre sombre et vorace.
— Illya !
Le cri vibra d’une détresse déformée. Ses yeux enragés versèrent des larmes de sang. Sa voix avait changé. Illya ne put réagir. Une bourrasque glacée l’éloigna du combat.
En tombant, Illya réalisa ce que l’Astromancienne lui cachait. Ses lèvres bougeaient, non seulement pour incanter, mais aussi pour parler à quelqu’un d’autre.
Sally profita de l’accalmie pour reculer et libérer toute son énergie. Son aura devint un torrent de feu qui aspirait l’air, laissant apparaître sa Constellation au cœur des flammes. Les Étoiles furent arrachées de son âme pour créer un Zekoni.
Né dans les terres volcaniques de Zava et couvert de cendres, le Zekoni représentait l’écho du mont Shitoga. Son apparition embrasée fit trembler le sol, saturé d’une chaleur ardente et suffocante. Une colère ancestrale.
Une sphère d’ombre engloutit Sally, qui réémergea transfigurée en une silhouette vêtue d’une toge noire, évoquant la roche volcanique. Sous la capuche, sa Constellation brillait, gravée sur le tissu, irradiant une lueur sulfureuse.
— C’en est assez. Notre Maître ne tolérera plus mon retour sans toi. Peu importe ton état. Peu importe ce que tu dissimules. Je l’aurai, même si je dois te livrer à lui en morceaux.
Un souffle incandescent balaya le champ de bataille, charriant des cendres mordantes. Le ciel vira au rouge sang. Même les étoiles paniquaient, secouées par le tumulte de cet éveil cosmique. Sally venait de franchir un seuil.
Illya tenta de se relever, mais le froid l’engloutit. Une tempête de neige l’enveloppa, sans la heurter. Un mur blanc et mobile l’encercla, les flocons frappant son visage. Ses yeux devinrent flous, les formes disparaissant dans cette clarté éblouissante. Seuls des éclats de lumière étaient visibles, tandis qu’elle restait dans l’ombre de ce que son amie refusait de lui révéler.
— Non… murmura-t-elle, la gorge serrée.
Elle avança à tâtons. Le sol existait encore sous ses pieds, rassurant. La tempête ne cherchait pas à la blesser. Elle l’isolait. Illya savait qu’elle ne pourrait pas facilement s’échapper.
Elle ne vit pas Sally s’élancer, emportée par un vortex de feu. Son corps se transforma en un brasier mouvant, mélangeant essence stellaire et flammes déchaînées. Sa toge Étoilée se changea en cape vivante, alimentée par sa colère. Ses poings, forgés dans la fournaise du Shitoga, frappaient l’air.
D’un cri, elle projeta une gerbe de flammes violettes. L’énergie devint une salamandre de feu géante après s’être élevée et distordue. Son rugissement fit trembler la terre. La bête sauta sur sa proie, la mâchoire ouverte, dégageant une telle chaleur que la pierre se désintégrait à son approche.
Le sol se fissura. Les arbres brûlèrent. Sally libéra sa magie, l’air devint cendres et fournaise.
Sally leva les bras vers le ciel, et un déluge de flammes s’abattit sur l’adversaire, la broyant dans une douleur certaine.
Derrière le rideau de neige, Illya ne voyait rien, mais sentait la chaleur et entendait la voix inquiète de son amie.
— Je t’avais prévenue. Cette fois, c’était à moi de frapper sans prévenir.
Une lance de glace apparut soudainement, perçant Sally de part en part. La morsure fut instantanée. Un froid intense envahit son corps, s’enroulant autour de ses nerfs avec la lenteur d’un serpent de glace, coupant chaque sensation avec la précision d’une lame.
Elle s’effondra lourdement, le dos plaqué contre la terre encore brûlante, les bras écartés, inertes, comme une poupée abandonnée. Ses paupières se soulevèrent à peine. Son regard erra, déjà happé par l’incompréhension. Le ciel rouge, éventré par les flammes, semblait s’éloigner et se distordre.
Elle remarqua une silhouette penchée au-dessus d’elle, vêtue d’une toge Étoilée blanche. Les Étoiles noires qui serpentaient dans le tissu étaient l’opposé de sa propre essence stellaire, froide et vide.
L’Astromancienne s’agenouilla calmement, retirant la capuche de Sally. Son visage trahissait l’échec et la désillusion.
Sally comprit alors que son adversaire portait les apparats astraux de la Voie du Néant. Elle ressentit soudainement un frisson presque reconnaissant, car disparaître ainsi relevait d’une forme de grâce.
La glace envahissait progressivement son corps, l’engourdissant et le rendant de plus en plus distant.
L’Astromancienne parla enfin, d’une voix grave et sans émotion.
— Ton âme est mienne, Sally.
La main de l’émissaire du Néant s’auréola d’une brume noire. Les ténèbres reprirent conscience. Un chœur d’agonies étouffées et des soupirs anciens d’âmes errantes dans un vide résistant à l’oubli les entourèrent.
Elle abaissa lentement la main vers la toge effondrée. L’air frissonna. Le tissu se mit à trembler, agité de soubresauts irréguliers. Puis, l’essence de Sally fut arrachée à son corps. Sa magie, sa mémoire, sa trace dans le monde s’envolèrent dans un tourbillon sombre et brûlant, comme des flammes mortes, encore animées de colère, avant d’être aspirées dans la paume tendue. Chaque fragment de son âme hurlait son refus, luttant contre l’effacement.
La toge se vida progressivement, perdant son animation, jusqu’à n’être plus qu’une peau morte, délaissée et bientôt dénuée de vie.
Un vent violent se leva, accompagné d’ombres menaçantes. L’Astromancienne, victorieuse, vit son corps et ses Étoiles être envahis par des ténèbres encore plus imposantes.
Cette constellation, inconnue de Sally, ressemblait à un papillon de lumière éteint. Ses Étoiles sombres, comme de l’obsidienne, émettaient une force sourde, nourrie par la souffrance et la destruction. La mort, lente et paisible, répandait un manteau d’hiver éternel sur le monde.
À l’agonie, les lèvres de Sally tremblèrent une dernière fois.
— Ainsi… tu pourrais devenir… sa préférée… sa douce Élue… sa Kayla…
L’astromancienne s’effondra, submergée par une douleur intense. Son âme rebelle se révoltait, refusant de se soumettre à quelqu’un qu’elle considérait comme indigne. Sa toge Étoilée se déchira, se transformant en filaments ternes, corrompus par une magie qu’elle n’avait pas choisie.
Du sang s’échappa de ses yeux. Ce n’étaient plus des larmes, seulement le prix à payer. Celui qu’exige le fait d’avoir osé mordre dans l’âme d’un autre. Son cœur battait au rythme sourd des grondements de l’éther. À bout de souffle, vacillante, elle murmura enfin le mot de rupture.
La sphère astrale se contracta soudainement, comprimée jusqu’à l’extrême, puis implosa dans une déflagration de lumière. Le ciel gelé se fendit, se disloqua, rendu à l’impuissance. La tempête de neige se dissipa en un souffle, balayée d’un seul coup, laissant derrière elle un air nu, tremblant encore de ce qui venait d’être arraché au monde.
La Namia retrouva son murmure. Les feuilles frissonnèrent. Le réel s’imposa.
Un silence pesant s’installa, puis des cris retentirent. Les gens, terrifiés, s’enfuirent en toute hâte. Des enfants pleuraient, des adultes couraient. La ville était bouleversée.
Au cœur du désastre, un corps gisait parmi les débris fumants. Illya se redressa, l’air glacial brûlant dans sa poitrine. Tout s’était effondré trop vite. Son amie était là, étendue, livide.
— Réveille-toi… s’il te plaît.
Elle s’agenouilla, le cœur battant, saisissant la main glacée, cherchant un signe de vie.
Les paupières tremblèrent. Un souffle passa.
– Dis-moi comment m’y prendre… implora Illya, la gorge serrée.
Les yeux s’ouvrirent enfin. Pas entièrement verts. Une lueur violette les traversait, irréductible. Illya le vit aussitôt. C'était une altération passagère. C’était une signature laissée par des Étoiles inconnues.
— Je… je ne suis pas Kayla.
La voix s’éteignait.
Illya cligna des yeux. Un sourire doux, douloureux, s’imposa malgré la panique, malgré l’horreur, malgré la certitude qui venait de s’ancrer en elle avec une clarté implacable.
— Évidemment que non, Ayako, murmura-t-elle. Je sais très bien faire la différence entre vous deux.
Et dans ce simple aveu, tandis que Ayako s’évanouissait, deux mondes basculèrent.