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♪ L'Aura du passé ♪

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Par Syanelys

Une douce mélodie tira Kayla de son sommeil.

Ses yeux s’ouvrirent sur le monde astral. Le dôme céleste, vaste et immobile, étalait ses milliers d’Étoiles. Leur clarté diffuse effleurait à peine les formes. Appuyée contre un arbre aux lignes incompréhensibles, Kayla observa les édifices devant elle. Ils évoquaient la capitale, mais leurs contours flottaient, comme baignés dans une brume. C’était une architecture Tarrys transfigurée par le songe.

Sous ses pieds, les pavés recouverts de végétation tremblaient d’une existence endormie. Entre les arbres se tenaient de grandes statues qui veillaient sur le chemin menant au temple d’Eas. Plus loin, l’amphithéâtre se dressait, une blessure dans le songe. Les âmes s’étaient évanouies. Le sablier colossal, plongé dans sa clarté, avait asséché les lieux.

Kayla se leva. Une force irrésistible l’appelait.

Trois silhouettes fines, éthérées, attirèrent son attention. Elles murmuraient entre elles, et un air mélodieux en émanait.

En s’approchant, elle ne perçut aucun instrument, aucune voix distincte. La mélodie émergeait d’elles, une manifestation d’Étoile imprégnant l’air. Une onde la traversa. Un sourire instinctif étira ses lèvres.

Lorsqu’elle fut proche d’elles, les trois entités se retournèrent en même temps. À la place de leurs yeux devaient scintiller des lueurs, mais ce qu’on y voyait ressemblait plutôt à des lunes ornées d’étincelles stellaires. Leurs traits, comme flétris par l’obscurité, paraissaient plus rêvés que sculptés.

— Quelle mélodie ! Comment parvenez-vous à la composer ?

Les Étoiles éclatèrent de rire. Un son aigu, semblable à celui de clochettes brisées, résonna dans la nuit. Kayla se rappela soudain que ces entités avaient la capacité de chanter et de remplir l’espace de leur musique simplement en existant.

— Ce tintement que vous émettez me dit quelque chose… J’ai l’impression de vous connaître.

Elles s’alignèrent devant elle, dans un mouvement parfaitement chorégraphié. Leurs ombres bondissaient de manière exagérée. Kayla ne put retenir son rire.

— Tu connais déjà notre identité, murmura Lin.

— Tu nous as vraiment oubliées, Kayla ! répliqua Se.

— Savoure ton réveil, ajouta Na.

Leur joie était vive et enfantine.

— Viens. Nous t’attendions depuis des années, presque un siècle, dirent-elles ensemble.

Troublée, mais étonnamment sereine, Kayla les suivit.

Plus loin, Faerya et Lyphan se faisaient face. Les Étoiles l’invitèrent à s’asseoir à leurs côtés.

— Nous devrons reprendre depuis le début. "Mademoiselle" a oublié les bases de la magie stellaire, nota Lin.

— Regarde et souviens-toi, dit Se.

— Elle n’est pas prête. Maître Syae nous l’avait précisé. Elle doit retrouver la voie des Étoiles sans hâte, murmura Na.

Leurs voix résonnaient comme celles d’un chœur familier. Elles s’exprimaient à trois, mais formaient une seule et même entité, une présence fragmentée.

— Soyez patientes avec moi. Vous savez tout de moi, n’est-ce pas ? Vous n’allez rien me dire de plus ?

Un éclat malicieux illumina leurs regards, précédant un déluge de rires. Kayla cessa alors de lutter. Elle leur accordait sa confiance ; les réponses viendraient.

L’instant appartenait à Faerya et Lyphan.

Deux flammes danseuses s’animaient dans l’obscurité céleste. Leurs mouvements gracieux et synchronisés répondaient à une harmonie invisible. Kayla les regardait, émerveillée. Soudain, un cri de surprise s’échappa de ses lèvres. Les Étoiles murmurèrent à son oreille, l’invitant à se taire.

Faerya, vêtue d’une robe ondoyante, flottait dans une toile d’eau scintillante. Les vagues matérialisées distordaient sa robe. Face à elle, Lyphan modelait l’air. Ses cheveux flottaient au gré du vent qu’il créait.

Un geste, la bourrasque naquit. Un autre, l’eau s’éleva. Le choc éclata en pluie d’argent. Le vent devint lame. Un oiseau d’eau prit forme, battit des ailes, esquiva.

Faerya maîtrisa l’écoulement de l’eau, qui monta le long de ses bras, formant une armure vivante. Lyphan se mit à tourbillonner, porté par son propre vent. Air et eau s’enlacèrent dans un ballet pur.

— Chaque Asteria est un être sidéral, murmura Lin. Un réceptacle pour une Constellation. Étoiles et Asteriae ne se contentent pas de partager un lien ; elles s’unissent.

— Plusieurs Étoiles sommeillent en chacun, ajouta Se. Endormies, elles infusent. Réveillées… elles libèrent leurs pouvoirs.

— Selon la Constellation, des affinités émergent. Deux, voire trois éléments. Cependant, tout reste fermé sans harmonie. C’est le premier pas sur la Voie des Étoiles, conclut Na.

Kayla demeurait immobile. Tout lui paraissait confus, pourtant, elle savait qu’elle avait déjà entendu ces paroles.

— Faerya, l’eau… Lyphan, le vent… Est-ce que ce sont leurs éléments d’origine ?

Son regard était rivé sur la danse.

— Je ne comprends pas comment ils parviennent à produire toute cette magie. Peuvent-ils vraiment créer ces choses-là ?

Les Étoiles échangèrent entre elles un éclat pourpre, puis inversèrent leurs positions.

— Ils ne créent rien, répondit Se. Ils canalisent. L’essence de la magie stellaire est leur nature profonde. Un Asteria ne la crée pas, il l’éveille.

— Ton premier pas sera d’apprendre à canaliser ta propre énergie, lança Na. Il y a aussi des Étoiles en toi, Kayla. Tu les as toujours eues, tu as seulement oublié comment leur parler.

— Même les Zascios n’expliquent pas le fonctionnement de ces symbioses, reprit Lin. L’alliance d’un Asteria et de sa Constellation défie toute logique.

— Ton Aura dépend des fragments de ton âme, ajouta Na. Une fois éveillée, tu ne pourras pas la comprendre, ni maintenant, ni jamais. Pas même à l’époque où tu étais…

— … Celle que tu as été, conclut Se.

Kayla resta silencieuse tandis que Lyphan s’avança vers elle. Il inclina la tête en direction des Étoiles et tendit sa main vers elle.

— J’ai écouté l’exposé de Linsena. Veux-tu tenter ta chance ?

Kayla resta immobile, son intuition s’opposant à cette idée. Elle n’était pas encore prête. Après la grâce de Faerya et la maîtrise de Lyphan, elle ne percevait en elle que le ridicule.

— Avance à ton propre rythme, susurra Faerya à son arrivée. Personne ne te jugera. Tu pourras t’exercer autant de fois que nécessaire.

Son sourire attira immédiatement les Étoiles. L’une se posa sur sa tête, une autre enserra son bras et la dernière se blottit contre son épaule. Faerya les accueillit en riant, expliquant qu’elle n’avait pas d’autre choix que de laisser Kayla à Lyphan.

— Sens l’éther en toi, lui murmura-t-il. Ton Aura est là. Appelle-la. Laisse-la t’envelopper. Regarde.

Il ferma les yeux. Une Aura lumineuse et délicate se déploya autour de lui. L’air se réchauffa à son contact.

Kayla plissa les yeux.

— À quoi dois-je faire attention ?

Lyphan renforça l’éclat. L’Aura pulsa.

— Je ne vois toujours rien… Est-ce normal ?

Un silence s’installa.

— Ce n’est pas normal, reconnut-il. J’ai pu observer ta magie. Tu as également vu la mienne. N’as-tu jamais remarqué que nous avions besoin de nos Auras pour les invoquer jusqu’à présent ?

Kayla n’avait pas compris cela : l’Aura, visible et mesurable. Pour elle, la magie stellaire émanait d’un talent inné ou d’une volonté. Sans hésiter, Kayla étendit sa main. Une lumière dorée émergea entre ses doigts. Elle se rassembla en une sphère scintillante.

Lyphan la regarda, puis se rendit à l’évidence.

— Je crois comprendre. Ton Aura ne s’exprime pas de la même manière que la nôtre.

Lyphan continuait de chercher des éclaircissements, car ce qu’il observait remettait en question ses convictions. Kayla était bel et bien une Asteria. Cependant, sa magie stellaire semblait suivre une voie différente, défiant les lois établies.

Faerya se libéra de l’étreinte de Linsena après avoir vu la sphère dorée, née sans mot ni geste. Ce n’était pas banal pour elle non plus. Elle demanda à Lyphan de céder sa place.

— Mon Aura t’échappe-t-elle aussi ? demanda-t-elle à Kayla en laissant la sienne se répandre.

Kayla regarda vers le bas.

— Oui…

— Or, tu visualises nos pouvoirs magiques : le mien, celui de Lyphan, le tien. Tu dois voir les Étoiles différemment. Peut-être ce paradoxe est-il le tien, car…

Faerya s’arrêta net lorsque les trois Étoiles malicieuses hurlèrent soudainement de colère. Elle s’excusa brièvement puis reprit :

— Ferme tes yeux, Kayla. Ne cherche plus à voir désormais. Procédons autrement. Dis-moi ce que tu ressens en te concentrant sur moi.

Kayla obéit. Elle inspira profondément et tenta de faire disparaître ce qu’elle voyait. Elle chercha un frisson ou une vibration dans l’air.

— Rien, dit-elle en rouvrant ses yeux. Je ne perçois aucune Aura, ni la vôtre, ni la mienne.

La frustration comprima la voix de Faerya.

— Alors, allons plus loin. Accorde-moi ta confiance.

Faerya leva la main. Un oiseau d’eau naquit. Il tourna devant Kayla et étala ses ailes, liquides, diffractant la lumière comme un prisme vivant.

– Ferme tes yeux.

Kayla exécuta l’ordre, mais la concentration calme fit place à un choc soudain.

Une rafale d’eau venait de la percuter de plein fouet. Kayla fut propulsée en arrière, heurtant un tronc dans un cri étouffé. La douleur l’empêcha de respirer. Les feuilles frémirent au-dessus d’elle. Sa vision trouble chercha Faerya à travers ses larmes.

Deux nouveaux oiseaux aquatiques tournoyaient déjà autour d’elle, silencieux et prêts à frapper.

— Tes yeux, Kayla.

Faerya ne montrait aucune colère, mais seulement une détermination inébranlable.

Lyphan voulut intervenir. L’eau se referma sur lui. Instantanément, une sphère de liquide se forma autour de lui, se tortillant et se resserrant à chaque mouvement qu’il tentait. Le vent qu’il savait invoquer fut instantanément annihilé. Sa magie se brisa contre la prison mouvante, qui s’adaptait à sa panique et s’en nourrissait.

Faerya évitait son regard. Son calme suffisait. Un seul battement de cils avait plié Lyphan, tandis que ses yeux fixaient profondément Kayla.

Les oiseaux d’eau frappèrent.

Kayla fut projetée au sol. L’air quitta ses poumons. Elle resta étendue, tremblante, paupières closes. Elle n’opposa rien à la nouvelle douleur. Elle écoutait ce qui se passait autour d’elle.

Elle sentit les Étoiles qui l’observaient. Elles riaient, non pas par moquerie, mais par complicité. Elle perçut l’humiliation qui brûlait en Lyphan. Elle ressentit la suffisance de Faerya, qui n’avait utilisé qu’une infime partie d’elle-même. Kayla n’eut pas l’ombre d’une surprise lorsque Faerya s’adressa ensuite à lui, emportée par sa frustration :

— Arrête de résister, ordonna-t-elle, sans même le regarder. Veux-tu briser ma magie ? Écoute-la. Trouve son cœur, sa source.

Au sol, Kayla serrait les dents et parvint péniblement à se relever.

— Que ressens-tu, Kayla ? demanda Faerya. Tu perçois mes invocations. D’où proviennent-elles ? Qu’est-ce que notre Aura ?

Kayla inspira lentement. Malgré la douleur toujours présente, une vibration résonna. Elle se redressa, étourdie, mais lucide. Son regard était différent lorsqu’elle rouvrit ses yeux et qu’elle fixa Faerya.

Faerya ne s’adonnait pas à la brutalité sans cause ; au contraire, elle brodait un fil conducteur. Chaque geste était taillé avec soin, chaque mot déposé avec une précision d’orfèvre. Elle maîtrisait simultanément ses deux opposants, ne laissant transparaître aucune difficulté. Tout était calculé et se dirigeait vers une évidence.

Lyphan et elle ne s’entraînaient pas seulement, ils se laissaient guider. Ils étaient conduits vers un seuil qu’ils n’auraient jamais pu atteindre seuls. Faerya ne voulait pas les écraser ; elle révélait la nature réelle de l’Aura des Asteriae.

— Tu m’avais caché cette facette de ta personnalité, Faerya ? souffla Kayla. Tu nous renverses tous les deux d’un coup, sans effort apparent, uniquement pour arriver à tes fins.

Faerya esquissa un sourire. Kayla avait enfin compris le message. Les Étoiles aussi, qui cessèrent de faire semblant de ne pas suivre. Elles échangèrent un regard scintillant avant de savourer le moment tant attendu qui venait de s’ouvrir.

Kayla referma aussitôt ses yeux.

— Reprenons.

Un sort d’eau jaillit. Cette fois, il la manqua.

Kayla avait juste eu le temps d’éviter l’attaque. Son corps frémit à peine, mais ses muscles criaient de douleur et ses articulations protestaient contre cette réponse trop rapide. Lyphan crut même qu’elle était restée immobile.

Faerya, quant à elle, l’avait remarqué. Ses assauts devinrent plus mesurés. Les attaques perdaient en rapidité, mais jamais en précision. Ce n’était pas de la compassion, c’était simplement un ajustement. Elle créait une zone spécifique, celle où l’apprentissage pouvait se produire.

Et Kayla assimilait. Les paupières fermées, elle était capable d’anticiper et de déjouer les attaques. Elle percevait subtilement une vibration légère, un son quasi inaudible à chaque appel de Faerya. Kayla prêtait attention, captant chaque nuance.

Lyphan, à côté, regardait sans un mot. Une ombre de doute voilait son regard. Ce qu’il cherchait avec effort, Kayla l’atteignait avec facilité. Elle parvenait à saisir la perception de l’Aura sans la nommer. Faerya fit un cercle de la main, et la prison d’eau de Lyphan disparut. Il avait lui aussi retrouvé le calme nécessaire pour comprendre sa leçon.

Puis, elle se tourna vers Kayla.

— Alors, quelle est ta perception ?

Kayla adressa un bref clin d’œil aux Étoiles avant de relever la tête, essoufflée.

— Tes Étoiles, chère Faerya… je suis incapable de les distinguer.

Elle montra ses oreilles.

— J’entends leur voix.

Les Étoiles se figèrent, alors que Faerya joignit ses mains, une joie contenue éclairant son visage.

— Oh…

Kayla reprit avec assurance :

— Je ne suis pas certaine de savoir si tu leur parles, ni même si chaque Asteria peut les entendre. Mais quand tu les éveilles, il y a un son, une note unique, comme si chacune possédait sa propre tonalité.

Les yeux de Faerya devinrent plus perçants.

– Intéressant. Je croyais être la seule à percevoir les choses différemment des autres.

Les trois Étoiles se remuèrent instantanément, révélant une connaissance contenue. Un simple regard de Faerya les fit se taire. Elles se figèrent, obéissantes.

— Bien, dit-elle enfin. C’est à toi, Kayla. Montre-moi cette lumière, maintenant que tu sais ce qu’est notre Aura.

Kayla prit une profonde inspiration et leva ses bras au-dessus de sa tête, paumes ouvertes. Une éclatante lumière surgit. Brute, mais remarquable, cette connexion avec l'élément de lumière était rare chez une Asteria.

Soudain, l’éclat de sa magie se fissura, vacillant doucement. Kayla fronça les sourcils, essayant désespérément de maintenir sa lumière. La luminosité persistait, ancrée dans ses mains, flottant entre deux impulsions. Elle refusait de s’étendre. L’intensité diminua progressivement.

Sa clarté se dissipa comme une buée fragile. La musique de ses Étoiles s’était arrêtée, bloquée net sur un seuil invisible.

Faerya émit un rire léger.

— C’est ce que tu apprendras dans ta prochaine leçon. Il te faudra comprendre la nature des sons émis par tes Étoiles avant qu’elles puissent briller.

Elle se tourna ensuite vers Lyphan. Son regard se fit alors plus tendre.

— Je m’excuse pour mon impulsivité tout à l’heure. Je n’aurais pas dû te prendre au dépourvu. Tu mérites mieux. La prochaine fois, je serai plus transparente. Tu progresses, et je te dois le respect d’une sœur d’arme.

Lyphan inclina la tête, libérant ainsi la tension de ses épaules.

Plus loin, Kayla riait à gorge déployée. Elle courait vers les Étoiles les bras levés, portée par l’euphorie de sa première percée. Les trois silhouettes tourbillonnèrent autour d’elle, ressemblant à des lucioles scintillantes, harmonieusement synchronisées avec son bonheur.

Lyphan les contempla, les bras croisés.

— Si ça suffit à l’extasier, on n’ira pas loin.

Faerya prit un moment avant de répondre. Ses yeux étaient rivés dans le lointain.

— Tu te trompes, répondit-elle. Son Aura est… effrayante, vraiment effrayante.

Lyphan leva un sourcil. Il allait répondre quand Faerya désigna l’arbre contre lequel Kayla s’était heurtée d’un simple mouvement du menton.

Le tronc présentait des rayures noires. L’écorce était fendue en profondeur. Sous la mousse, les racines dégageaient encore de délicates volutes de fumée.

— Tu ne penses pas que mes attaques aient laissé ça ?

Lyphan s’approcha, s’accroupit et posa deux doigts sur le bois calciné. Une chair de poule lui parcourut le bras.

— Ce n’était pas toi…

— Non. C’était elle. Tu as aperçu une fraction de sa lumière. Ce que tu as remarqué dans sa main n’était qu’un éclat, à peine dompté. Mais ce qui a touché cet arbre…

Elle laissa un silence s’installer.

— L’arbre, lui, l’a senti.

Ses yeux devinrent plus sombres.

— Elle n’a rien canalisé. Elle pensait simplement esquiver, alors que quelque chose en elle répondait. Inconsciemment. Ce n’était ni appris ni réfléchi. C’est en elle. Depuis toujours.

Une vague de frisson parcourut sa nuque.

— Tu n’as rien vu. Linsena et moi, oui. Nous pouvons à peine quantifier sa célérité. Il semble bien que sa lumière dépasse de loin nos croyances.

Ils tournèrent les yeux vers Kayla. Elle souriait toujours, naïve, au milieu des Étoiles. Kayla avait absorbé leur innocence et leur joie communicative. Une simple astuce pour ne pas qu’elle se réveille trop vite.

— Pourquoi ne rien lui dire ? demanda Lyphan.

Faerya apposa son doigt sur ses lèvres.

— Même les Étoiles tremblent à l’idée qu’elle se souvienne du véritable sens de sa lumière. De la musique qu’elle entend.

Elle recula d’un pas, mais ne quitta pas Kayla des yeux.

— Et parce que certains secrets… doivent attendre le bon moment pour être révélés.

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