side_navigation keyboard_arrow_up

♫ La Mer des Étoiles ♫ (1/2)

visibility 2
article 2,9k
Par Syanelys

— Venez voir, venez voir, nous avons de la visite !

L’Étoile sautillait dans tous les sens, heurtant littéralement les parois d’un corridor jamais éclairé. Sa lumière vacillante arrachait brièvement les murs à l’obscurité. À chacun de ses rebonds, elle illuminait ainsi des dessins enfantins peints avec zèle. Son excitation résonnait dans l’air et devait être partagée avec ses sœurs, encore confinées dans leur antre douillet. La dernière visite datait d’environ vingt ans. Autant dire la veille pour elles ! Ce nouvel événement allait enfin apporter un peu d’animation à leur voyage interstellaire.

Sans même prendre la peine d’ouvrir la porte de leur cabine, elle fit irruption dans la pièce en traversant directement l’entrée, imprégnant l’espace de son enthousiasme débordant. Leur bateau, parfaitement adapté à leur esprit rebelle de pirates galactiques, n’avait jamais vraiment été conçu pour offrir un environnement calme et ordonné. Tout ici respirait la liberté et l’aventure, comme si chaque recoin était un terrain de jeu.

Suspendue dans les cieux stellaires, leur embarcation fendait à grande vitesse les courants lumineux de l’espace, sa coque sombre constellée de plaques métalliques rafistolées et de runes antiques qui brillaient intensément. Elle ressemblait moins à un véritable vaisseau qu’à une vieille carcasse volante refusant obstinément de tomber.

Dans la cabine, l'ambiance était tout autre. Une Étoile lisait un vieux journal Tarrys à l’envers. Ça pimentait sa relecture. Quant aux deux dernières, elles étaient plongées dans une partie de cartes, visiblement inventée sur le moment ; plus occupées à s’accuser mutuellement de tricherie qu’à jouer sérieusement.

— Allez, debout, les mousseuses !, s’écria l’Étoile surexcitée. Y'a du beau monde à accueillir, là-haut ! Je crois bien qu'on vient de tirer le gros lot !

Un concert de soupirs lui répondit.

— Mais viendez !, insista-t-elle, les bras levés au ciel. C’est pas tous les jours qu’une Élue monte à bord, hein !

En une fraction de seconde, toutes les Étoiles s’agitèrent dans un chaos savamment orchestré. Elles « dépoussiérèrent » des vêtements qu’elles ne portaient pas, « coiffèrent » des cheveux qui n’existaient pas, et « s’aspergèrent » d’une fragrance imperceptible. C’était comme si leur parade allait faire bonne impression.

La première s’arrêta brutalement en haut du pont, ce qui entraina une réaction en chaîne. Les suivantes, empilées les unes sur les autres, se transformèrent en une tour vacillante, chaque unité s’efforçant de ne pas être celle qui écraserait les autres.

Avec leur gracieuse coordination, elles se chamaillaient déjà :

— Moi d'abord ! C'est moi qu'elle voira !

— Non, moi ! Elle va préférer mon éclat à ton vieux halo poussiéreux !

— Vous me fatiguez toutes. Vous ne voyez pas que je travaille, là ?

Depuis son trône rudimentaire, une chaise vacillante recouverte d’une toge blanche dont le pan trop grand s’entassait au sol, l’Étoile capitaine scrutait les autres d’un regard impérieux. Ses petites mains invisibles tâchaient tant bien que mal de maintenir un semblant d’ordre sur le pont. Elle exigeait un silence relatif et une immobilité approximative de ses troupes entassées en pyramide fragile. Elle devait toutefois modérer ses propos, car l’équipage était entièrement rassemblé.

L’Étoile capitaine présenta ensuite ses excuses à la triade de visiteurs, un peu gênée, alors que ces derniers restaient encore stupéfaits. Tous trois regardaient, ébahis, le navire insolite sur lequel ils venaient d’embarquer. Au lieu de voir un majestueux pont ou de grandes voiles royales, ils ne voyaient qu'un sol brillant parsemé de taches d’encre qui éclaboussaient la surface de couleurs étincelantes. Des bouées, des ballons et une multitude d’objets insolites flottaient librement, témoins d’une fête qui aurait dégénéré ou triomphé avec trop d’enthousiasme.

Les mâts, loin d’être de simples supports, étaient transformés en murs d’escalade constellés de prises étoilées. Les voiles pendaient comme des toiles de jeu, cibles mouvantes pour les pots de peinture suspendus qui menaçaient de se renverser au moindre souffle d’éther.

C’était un chaos ordonné, un terrain de jeu céleste camouflé en vaisseau, une explosion de couleurs et de malice où le ridicule flirtait avec le sublime. Un univers consacré avec dévotion sur l’autel du divertissement cosmique.

— Nous avons bien une entrée officielle pour une Élue, mais aucune pour une certaine Ayako Elsan, déclara l’Étoile capitaine, le ton pincé. Et, c'est très louche, parce que cette Tia Elsan là, elle ne me dit rien du tout ! Ne me dites pas que vous êtes des passagers clandestins !

À ces paroles, les autres Étoiles empilées maladroitement émirent de petits couinements d’indignation, comme un chœur de protestation.

Ayako prit une profonde inspiration pour rester calme, puis leva lentement sa main.

— C’est moi ! Je suis Ayako ET l’Élue, tout simplement !

La capitaine, indifférente, souffla sur son registre enflé. Les pages se tournèrent toutes seules, le contenu s’altérant à chaque souffle d’air.

— Très bien, très bien, grogna-t-elle en louchant sur l'écriture mouvante. Tu es bien une Élue parce que tu caches un Xoxas ! Mais, tu n'es pas Ayako ! Il faudra te choisir un autre prénom !

— Je M'APPELLE Ayako !, s'exaspéra-t-elle. C’est mon prénom ! Appelez-moi par mon prénom !

— Non. « Élue » sera très bien, Élue, répliqua sèchement la capitaine, en tamponnant son registre avec un zèle théâtral. Allez, suivante !

Illya se présenta devant la capitaine.

— Ooooh, une Qity ! De surprise en surprise !, gazouilla la capitaine. Voyons voir… Illyasviel Qity ! Toi, au moins, tu existes !

Pas réellement certaine de devoir s’en réjouir, Illya se décala prestement sur le côté.

— Et pour couronner le tout… un Céleste dans la bande !, continua la capitaine en se penchant vers son registre qui sautillait tout seul. Syae Elsan ! Félicitations, p'tit chou, t’es un vrai mignon !

Son bureau improvisé, autrement dit une autre chaise renversée, fut violemment balayé d’un revers de la main. Le registre vivant disparut dans un « pop » discret, retournant on ne savait où.

— Bon, on résume, lança-t-elle en pointant tour à tour chacun d’eux du bout de son doigt inexistant. Sviel, Sya, Élue. Ça sonne rigolo. Allez, on valide votre participation !

Ayako était rouge de colère, prête à protester, mais Illya la calma en lui tapotant discrètement le bras. Syae, quant à lui, observait la scène avec un air légèrement abattu, se demandant s’ils avaient trouvé le bon endroit, ou bien s’ils s’étaient perdus dans le plus grand cirque astral imaginable.

— Paraîtrait que vous avez du mal à nous distinguer, lança la capitaine, les bras croisés sur sa toge bien trop large. Dès qu'il s'agit d'Étoiles non liées à des Constellations, le monde s'effondre pour vous ! Vous galérez à nous nommer et vous vous perdez tout seuls. Ici, tout le monde s'appelle « tu », « toi », « toi, là », ou alors, on se contente de pointer du doigt. Mais même ça, on s’en lasse.

Elle siffla. Toute la troupe joyeuse d’Étoiles délaissa précipitamment sa pyramide vacillante pour se ranger en ligne, produisant un fracas assourdissant qui fit vibrer le sol du pont. Une par une, sans se répéter, la capitaine leur attribua un prénom impromptu :

— Prune, Blanche, Violette, Rose… et moi, ça sera…

Elle hésita, tapotant sa petite tête inexistante, puis s'exclama :

— Ayako ! Pas mal celui-là, j'ai entendu ça tout à l'heure. J’adore le son que ça fait, Aa-yaa-ko !

La véritable Ayako s’apprêtait à s’étouffer de rage, mais Illya la retint par la manche. Elle l’entraîna vers un coin du pont pour qu’elle puisse voir le joli bazar flottant. De là, elle aurait l’occasion de reprendre des « couleurs ».

— Pouvez-vous procéder ? demanda Illya, dans une petite voix polie, mais impatiente.

Illya sortit une page ridée du grimoire qu'elle portait dans sa besace. Un parchemin dissimulé dans les mémoires de Nyfia, héritage reçu par Revya. Illya était toujours admirative de la calligraphie avec laquelle la mère des jumelles avait rempli ce formulaire ancestral en sala.

— Minute, minute ! répondit la capitaine en agitant une main floue. On vient à peine de faire les présentations, Sviel. Depuis le temps qu’on se connait, tu pourrais faire preuve d’un peu de patience, voyons !

— Pardon…, se surprit à dire Illya, qui commençait à percevoir l’excitation générale.

Un sifflement strident retentit soudainement. La capitaine exigeait que l’Élue — alias Ayako dans tous ses états — revienne vers eux et qu’elle daigne ignorer le pot de peinture qu’elle venait accidentellement de renverser. Une tache de plus ou de moins ne refroidirait pas l’équipage qui se dispersa pour dénicher une grande voile propre. La capitaine avait besoin d'un support vierge pour exposer ses propos. Une toile neuve devrait parfaitement convenir !

Tandis que son équipage préparait la nouvelle toile dans un enchaînement de maladresses, la capitaine rassembla le trio devant elle, bombant fièrement ce qui pouvait s'apparenter à sa poitrine.

— Deux minutes.

Ils échangèrent un regard perplexe.

— Je vais essayer d’être sérieuse deux minutes. Mais, attention, pas plus. Je débute à peine dans ce métier, hein. Seulement 1 457 cycles solaires au compteur !

Elle prit un air sérieux, feignant de regarder une montre invisible. Puis, dépitée de voir ses subordonnées colorier avec frénésie la nouvelle toile, elle s’énerva un peu, dispersant les Étoiles à coups de jets d’encre. Elles n’avaient plus rien à faire au niveau de la grande voile.

— Bon, voilà.

Dans un geste magistral, elle fit apparaître au centre de la voile vierge un grand cercle noir, et, au milieu, un énorme point d’interrogation, dessiné d’un coup de pinceau astral avec une précision plus que douteuse.

— Nous sommes actuellement… ICI.

Devant les mines déconfites de ses visiteurs, elle précisa :

— Oui, oui, sérieusement ! Ici, sur la Mer des Étoiles. Notre vitesse est telle qu'on est partout et nulle part à la fois. Pas besoin de vent, et encore moins de boussole. Suivre les Étoiles serait trop… paradoxal, non ?

Elle fit un clin d'œil éclatant qui ne trouva aucune réaction auprès des concernés.

— Bref, on avance.

Elle ajouta ensuite, avec la même précision hésitante, quatre motifs autour du cercle : un flocon de neige, une fleur jaune, une flamme violette et une approximation d'un nuage vert. Son tracé fut si brouillon que Syae fut dépité et lui proposa de l’assister, avant de se faire rabrouer d’un geste impérieux.

— Silence, jeune Céleste ! C'est la partie sérieuse, maintenant !

La capitaine fit disparaître son pinceau astral en le lançant derrière elle.

— L’Épreuve de l’Éclipse change tous les dix-neuf cycles solaires, déclara-t-elle en bombant le torse. Pour cette nouvelle édition, nos pierres de Lune ont adopté de nouvelles formes. Vous aurez besoin de les rassembler pour former votre Lune astrale, essentielle pour la venue d’une Éclipse.

Elle désigna les quatre motifs peints à la hâte sur la toile.

— Le but est très simple : réunissez-les dans un endroit spécifique et… attendez que des personnes viennent ajouter leurs pierres Solaires.

Elle leur lança un nouveau clin d’œil.

— À propos, vous venez bien pour initier une nouvelle Éclipse ?

— Oui, répondit Syae avec sérieux. Nous souhaitons commencer ce rituel, pour qu’il puisse être complété ensuite.

— Parfait.

La capitaine fit tournoyer son pinceau astral qui venait de réapparaitre.

— Une Éclipse repose sur la superposition de deux astres différents. Le vôtre, la Lune sidérale, sera imprégné de votre essence stellaire à tous les trois. Vous avez bien conscience qu’il faudra trois autres essences différentes pour terminer votre partie, hein ? Pas de Soleil sidéral, pas de myrthal !

Ils acquiescèrent sans hésiter.

— Très bien !

La capitaine fit un tour sur elle-même.

— Nous avoir trouvées à bord du Lacté prouve déjà votre détermination.

Elle jeta un coup d’œil sur le grimoire que les bras d’Illya entouraient.

— Nous allons tolérer le fait que Nyfia Elsan vous ait révélé tous les secrets de la Mer des Étoiles. Pauvre fille, elle a consacré tout ce temps à la préparation de l’Éclipse avant de se rendre compte qu’elle ne pouvait pas l’accomplir toute seule… J’aurais peut-être dû lui préciser que…

La capitaine se racla la gorge, reprenant conscience que son moment de sérieux touchait à sa fin.

— À présent… rapide présentation des petites épreuves qui vous attendent ! Vous pouvez les attribuer individuellement ou les partager en équipe, selon votre convenance. C’est votre rituel, n’est-ce pas ?

Elle claqua des doigts.

— Blanche !

Blanche surgit immédiatement, virevoltant jusqu'au motif du flocon.

— L’Étoile de cristal se trouve dans l’immense glacier d’Alyra. Nos sœurs gelées vous aideront à briser la glace quand vous ferez connaissance. C’est super facile !

— Rose !

Rose se téléporta jusqu'au motif de la flamme.

— L’Étoile des cendres ? demanda-t-elle en riant. Vous pouvez l’obtenir en participant à un tournoi de Klopika, qui a lieu toutes les trois Lunes. Il faudra tricher sans vous faire prendre par nos sœurs enflammées. C’est super facile !

— Prune !

Prune se planqua derrière la voile, son ombre désignant le nuage.

— L’Étoile de la tempête attend impatiemment dans le cœur du cyclone Logia. Nos sœurs évanescentes vous jetteront dans leurs portails. Il suffira de viser l’œil de ce cyclone ! C’est super facile  !

— Violette !

— J'suis déjà là.

La petite Étoile, installée entre Ayako et Illya, leva un doigt vers la fleur accrochée en hauteur.

— L’Étoile des fleurs est à cueillir dans la forêt de l’oubli. Nos sœurs dryades tâcheront de se souvenir de vous aider. C’est super facile !

Au signal de la capitaine, toutes les Étoiles se mirent à la rejoindre, au garde-à-vous. Elles insistèrent pour dire qu’elles étaient prêtes à répéter les instructions autant de fois que nécessaire, à condition de jouer avec elles en retour.

— Deux minutes ! lança enfin la capitaine dans un éclat de rire général.

L’équipage s’éparpilla rapidement. Les petites silhouettes éthérées se dirigeaient vers les rares toiles inutilisées, animées d’un désir ardent de création. Pendant ce temps, la capitaine, en toute insouciance, s’amusa à gribouiller sur la grande voile : « Ayako été ici. »

— Sous leurs airs enfantins, déclara Syae, les défis à venir ne sont pas aussi simples qu’elles veulent bien le faire croire.

Son regard se perdit un instant vers l’immensité de la Mer des Étoiles qu’ils traversaient.

— Ce qui nous attend dépasse l’Épreuve Lunaire… et surclasse même mon Ascension.

— Ne jamais prendre au pied de la lettre les paroles d’une Étoile, compléta Illya d’une voix douce. Il faut toujours savoir lire entre leurs éclats de rire.

— Oui, lança Ayako en croisant les bras. Provoquer l’Éclipse n’a rien d’un jeu d’enfants. Rien que trouver le Lacté aurait été impossible si personne ne savait lire le sala…

— Oh, mais on dirait que tu râles, Élue, glissa Illya avec un sourire espiègle. Ce n’est pas toi qui disais que cela ne servait à rien de savoir traduire la langue des Anciens ?

— Sviel, tu m’énerves ! Vous vous liguez tous contre moi et...

Ayako tenta de se contenir, mais son masque mélodramatique s’effrita aussitôt. L’air qui flottait autour d’elles, cette poussière d’étoiles euphorique, leur donnait l’impression de redevenir des enfants. Un rire s’échappa d’elle sans qu’elle ne le contrôle. Elle prit ensuite une grande inspiration et se mit à courir derrière son amie, exhalant cette joie fragile qu’elle s’interdisait trop souvent.

Illya sauta avec agilité derrière l’un des mâts d’escalade recouverts de toiles colorées, sa silhouette disparaissant dans l’ombre ondoyante d’un grand voilage. L’équipage fut émerveillé par cette course-poursuite impromptue. Les Étoiles Pirates souhaitaient également se lancer dans leur jeu du chat et de la souris. Nul doute que la capitaine laisserait cette joyeuse bande repeindre le pont du Lacté avec leurs nouvelles péripéties ludiques.

— Viens ici, petite peste ! lança Ayako avec le sourire aux lèvres, slalomant entre les mâts du bateau, dans cette folie éphémère offerte par les gardiennes du ciel.

— Elle ne sait pas lire le sala ! Elle ne sait pas lire le sala ! chanta Illya.

Les Étoiles pirates reprirent rapidement le refrain.

Syae les observa, amusé, mais se retenant pour ne pas ternir son statut de Céleste. Il appuya son dos contre un rebord et ne quitta pas des yeux les deux femmes qui s’étaient lancées dans une bataille de peinture. Pour lui, c’était un sacrilège artistique, mais pour elles, c’était un véritable tourbillon de bonheur.

La capitaine finit par le rejoindre après avoir maudit son équipage d’avoir sorti des jeux d’eau sans autorisation.

— Hey ! Sya-va ? lança-t-elle.

Syae poussa un profond soupir, levant les yeux au ciel.

— Par pitié… que cette folie cesse au plus vite…

— Ah non !, répondit-elle en éclatant de rire. Ce bateau vogue depuis la nuit des temps et votre aventure ne fait que commencer !

La capitaine se hissa ensuite sur le rebord pour être à la hauteur de Syae.

— Puisque l’enchantement du Lacté ne semble pas t’affecter, comme Illyasviel et Ayako, nous devrions avoir une conversation sérieuse.

Le ton et le nom officiel des deux filles choquèrent Syae.

— Je pensais que tes deux minutes de “sérieux” étaient écoulées ?

— C’est pour le spectacle ! Pour mon équipage ! Tu te doutes bien que les Zascios ne laisseraient pas l’accès à l’Éclipse à la première Étoile venue ! Je me dois juste de te prévenir…

La capitaine toussota.

— Vous n’êtes pas les seuls à initier cette nouvelle Éclipse.

Commentaires

forum Fond et forme exigeant
Seuls les membres peuvent accéder aux commentaires.