Un marécage titanesque leur barrait la route. L’eau dormante s’étendait à perte de vue, tachetée de lentilles vertes, creusée de sillons sombres où glissaient des formes indistinctes. L’air était chaud, saturé d’humidité, et puait la vase, la mousse pourrissante, la chair en décomposition. Des moustiques en nuées dansaient autour de leurs visages, bourdonnant à leurs oreilles, difficilement repoussés par le nilmocelva. Sous leurs pieds, la terre molle suintait à chaque pas dans un bruit spongieux.
Elian fronça les sourcils. Elle savait. Ici, la marche devenait supplice, et la navigation un pari. On s’enfonçait, on se perdait. Certains ne revenaient jamais.
- Peut-on contourner ? demanda-t-elle en scrutant la brume.
- Guero vit à l’intérieur des marais, répliqua Theorlingas.
Un gémissement échappa à Elian, involontaire. Elle réprima un juron.
- Tu peux rester là, proposa Saelim en lambë. Nous nous chargerons de la mission.
- N’y pense même pas, répliqua-t-elle, le ton tranchant.
Saelim la fixa, les mâchoires serrées.
- Je n’aime pas les risques que tu prends.
Elian ne répondit pas, mais elle enregistra la remarque. Dans son regard, quelque chose avait vacillé.
Dolandar tourna la tête vers Saelim, puis vers Elian. L’échange, bref mais chargé, ne lui avait pas échappé. Il y avait là-dessous une tension qu’il ne comprenait pas mais qui l’alerta.
- Tout repose sur toi, Theorlingas, dit Elian. Trouve-nous un passage.
Le nilmocelva avait déjà fermé les yeux. Il respirait profondément. Ses oreilles frémissaient. Il écoutait les oiseaux invisibles dans la canopée, le clapotis des grenouilles, les chuintements feutrés des reptiles sous l’eau, les raclements de carapaces, les bruissements discrets dans les feuilles grasses. Il croisait les voix animales comme on recoupe des cartes secrètes.
Un long moment s’écoula. Elian s’assit en tailleur, s’autorisant à relâcher un peu les épaules. L’air semblait plus lourd encore. Des gouttes perlaient sur sa nuque. Theorlingas rouvrit les yeux.
- Par ici. Suivez-moi de près. Les pierres sont traîtresses.
Ils s’enfoncèrent dans la brume. Le silence n’était qu’apparent. Sous les feuillages, tout chuchotait. Parfois un cri strident fendait l’épaisseur, aussitôt étouffé par le tapis de brume. Les branchages bas griffaient les bras, les toiles d’araignée s’accrochaient aux cheveux. Une sente à peine visible, dessinée par les animaux, ondulait entre les amas de boue, les eaux noires et les troncs torturés.
- Le terrier se trouve à quelques pas, murmura Theorlingas.
- Terrier ? répéta Saelim, sourcil haussé.
- C’est ainsi que les animaux le nomment.
- Quelle sécurité ? demanda-t-il, plus inquiet qu’il ne voulait l’admettre.
- Aucune, répondit Elian à sa place. Les marécages se suffisent à eux-mêmes. Aucun intrus ne peut atteindre cet endroit sans carte ou guide. Inutile de dresser des murailles ou d’armer des gardes.
Elle s’arrêta, jaugea la végétation alentour, puis reprit :
- Nous ne rencontrerons aucune difficulté. Theorlingas, tu resteras à l’entrée. Reste en contact avec les animaux. Préviens-nous au moindre signe.
Le nilmocelva hocha la tête, concentré. Ils s’approchèrent à pas feutrés d’une petite bâtisse ronde, à demi enfouie dans le sol, dissimulée sous une toiture d’herbes tressées et de branches humides. Une simple porte en bois, gonflée par l’humidité, les séparait de l’intérieur. Elian colla son oreille contre le bois. Rien. Pas même un souffle.
- Ça a l’air vide, dit-elle.
Elle poussa lentement. Le loquet céda avec un clac sourd. Il n’y avait pas de serrure. Personne n’en avait besoin ici. Ce loquet n’était là que pour empêcher les bêtes d’entrer.
L’intérieur était plongé dans une chaleur moite. Le feu central était éteint, les cendres grises. Elian fit signe à ses compagnons d’entrer. Dolandar et Saelim franchirent le seuil à sa suite.
L’endroit était rond, bas de plafond. L’argile des murs suintait par endroits. Des tables et des étagères débordaient de pilons, mortiers, poteries, amphores, sacs, sachets, herbes séchées, racines, bocaux, cuillères tordues. Une odeur entêtante, mélange de terre, de myrrhe, de moisissure et de fleurs fanées, flottait dans l’air.
- Le propriétaire est peut-être en ville, hasarda Saelim.
- On s’en moque, gronda Elian. Fouillez. Il nous faut la formule.
Ils soupirèrent. Le désordre n’était qu’apparent, sûrement. Encore fallait-il comprendre la logique d’un esprit comme celui de Guero. Après un court moment, Saelim leva la tête, l’air contrarié.
- Il y a du papier, oui, et des plumes. Mais c’est à se demander à quoi ils servent.
- Ils les brûlent après usage, indiqua Elian en tirant des cendres un bout de parchemin.
- Aucun ouvrage, aucun registre, maugréa Saelim. Je crois qu’il connaît tout par cœur. C’est malin : ainsi, il reste indispensable.
Elian se mordit la lèvre inférieure. Elle inspira, ferma les yeux un instant.
- Ceïlan… murmura-t-elle. Si nous n’avons pas cette formule… il va mourir. Et il ne sera peut-être pas le seul.
Dolandar allait répondre quand un bruit sec, à l’extérieur, leur fit lever la tête. Un craquement. Un pas.
Saelim se rua vers le fond de la hutte, bouscula quelques poteries et découvrit une porte dissimulée dans la paroi d’argile. Il l’ouvrit d’un coup d’épaule. Une silhouette détalait entre les arbres, silhouette d’homme, silhouette affolée.
- Saelim, non ! cria Elian.
Trop tard. L’elfe avait déjà bondi, lancé dans une poursuite effrénée.
- Dolandar ! Rattrape-les ! Guero doit nous parler ! Empêche Saelim de le tuer !
L’elfe blond s’élança à son tour. Theorlingas jaillit de la brume et s’approcha d’Elian.
- Je vais les suivre. Ces marais sont peuplés de créatures que même Saelim ne connaît pas. Je les protégerai.
Elian hocha la tête. Le silence revint, épais, gluant. La reine se retrouva seule, debout au milieu de cette pièce oppressante, entourée de plantes suspendues et de bocaux fermés à la cire. Dehors, le brouillard avalait peu à peu la hutte, la fondait dans le paysage comme une excroissance naturelle.
Elle tourna sur elle-même, observant chaque détail. Les objets semblaient attendre, posés là comme des témoins muets. Rien ne bougeait. Rien ne respirait. Tout sentait la vie. Et pourtant, tout semblait mort.
Elle tendit la main vers une étagère, hésita. Ses doigts frôlèrent le bord d’un récipient. Elle se ravisa. Quelque chose, dans cette pièce, la mettait mal à l’aise. Comme si Guero, même absent, y laissait encore son ombre.
Un bruit. Sourd. Comme un souffle étranglé. Elian sursauta. Son cœur s'emballa. Elle s’immobilisa, à l’écoute, le souffle suspendu dans la moiteur du marais. Le silence retomba, étouffé par l’épaisseur ambiante. L’air sentait le fer et la moisissure. Une odeur de moisissure douceâtre, comme si les murs suintaient la décrépitude.
Encore un grognement. Cette fois, elle en fut certaine. Elle se retourna. Une porte basse, à moitié dissimulée par un rideau de lianes sombres, menait à une pièce annexe. Elle l’ouvrit. Une réserve, peut-être. Il régnait là une odeur animale, poisseuse, une trace de peur. Une couverture jetée au sol remuait à peine. Dessous, une forme. Un anneau de métal, une chaîne tendue. Ce n’était pas un objet abandonné. Ça respirait. Ça souffrait.
Elian s’approcha sans bruit, le cœur battant plus fort. Elle saisit un pan de la couverture et tira d’un coup sec.
Le corps recroquevillé gémit sous la lumière. Une silhouette longiligne, vêtue d’une tunique elfe – vert profond, reflet violacé sur les plis – gisait là, enchaînée. Des mains à la peau sombre sortaient de la manche. La tête, recouverte d’un sac grossier, tressaillait.
Pas un animal. Un homme. Elian resta figée, la respiration coupée.
- Beïlan… murmura-t-elle, incrédule.
Le prisonnier grogna faiblement. Elle arracha le sac. Son visage surgit, confirmant son identité. Son frère. L’ancien roi d’Irin. Celui qui l’avait arrachée à son foyer, qui l’avait séquestrée, donnée à Khala comme on sacrifie un agneau.
Et pourtant, Elian ne ressentit ni vengeance ni satisfaction. Juste une immense pitié. Il n’était qu’un pantin. Un pantin brisé entre les mains des démons, un pion sacrifié sitôt sa tâche accomplie.
Elle se pencha, détacha le bâillon trempé de salive, puis fouilla dans sa besace pour en sortir une gourde. Elle porta l’eau à ses lèvres. Il but avec avidité, les yeux fermés.
- Ils t’ont enchaîné comme un chien… chuchota-t-elle.
Elle jeta un regard autour d’elle, à la recherche d’une clé. Rien.
- Elles ne sont pas ici, dit Beïlan d’une voix râpeuse. Ils ne prévoyaient pas de me détacher… jamais.
Elian hocha la tête. D’un geste calme, elle sortit son nécessaire de crochetage.
- Dolandar n’approuverait pas, glissa Beïlan.
- Je ne lui ai rien demandé, répliqua-t-elle en s’agenouillant.
Elle s’attaqua au premier cadenas : celui qui entourait son cou. Un collier épais, barbare. Elle le connaissait. Elle savait ce que c’était, le poids de cette horreur. Le métal meurtrissait les chairs et l’âme. L’ouvrir, c’était rendre un peu de liberté. De force. De danger, aussi.
Le déclic du verrou résonna. Le collier tomba. Un frisson parcourut Beïlan. Elle le sentit. Sa présence devint plus lourde, plus réelle. Plus puissante. Elle aurait dû avoir peur. Elle était blessée, affaiblie. Elle le libérait en toute vulnérabilité.
Elle n’hésita pas. Elle attaqua le cadenas de la main droite. Beïlan la regardait sans bouger.
- Pourquoi fais-tu ça ? demanda-t-il.
- Parce que personne ne mérite ça. Parce que ta situation ici prouve que nous avons un ennemi commun.
Un rire nerveux échappa à Beïlan. Presque un sanglot étranglé.
- Ceïlan a bu le poison de ce fils de pute, lâcha-t-il.
Pas une question. Une affirmation. Il avait tout entendu. Elian acquiesça sans lever les yeux.
- J’ai failli y passer aussi. Dolandar, Theorlingas… On est tombés dans le piège. Ceïlan survit. Pour l’instant. Mais sans la formule, les guérisseurs sont impuissants.
Le cliquetis d’un second verrou retentit. La main droite était libre. Beïlan resta immobile. Pas un geste. Pas un mot déplacé. Il la laissa continuer, tête baissée. Les verrous sautèrent, l’un après l’autre, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, à la cheville.
La porte arrière claqua. Trois voix s’élevèrent en pleine dispute.
- Espèce de connard ! hurla Dolandar.
- Je t’ai dit que c’était superficiel ! grogna Saelim.
- Alors pourquoi est-il…
Leurs regards tombèrent sur la scène. Beïlan. Enchaîné. Elian penchée sur lui. Tout se figea.
- Beïlan ? s’étrangla Saelim.
- Beïlan ? répéta Theorlingas, le visage pâle.
- Elian, recule ! ordonna Dolandar.
Elle ne répondit pas. Elle poursuivit, impassible, le crochetage du dernier cadenas. Dolandar bondit, saisit son bras pour la tirer en arrière. Il n’alla pas loin. Une lame froide se posa sous sa gorge.
- Ne me touche jamais, dit-elle sans hausser la voix.
Elle le regarda dans les yeux. Il la lâcha, recula, lentement. La rage dans ses prunelles laissa Elian de marbre. Elle soupira et reprit son crochetage.
- Comment s’est-il retrouvé là ? demanda Saelim, choqué.
- C’est un piège, grogna Dolandar. Évidemment que c’est un piège !
- Tu veux dire qu’ils l’ont placé là… exprès ? bredouilla Theorlingas, la panique dans la voix. Pour qu’on le trouve ?
- Tu crois vraiment que nos ennemis savaient qu’on viendrait ici chercher la formule ? répliqua Elian en levant un sourcil. N’importe quoi.
- Je suis nécessaire, indiqua Beïlan.
- Nécessaire à quoi ? demanda Saelim, sur ses gardes.
- Je suis l’un des ingrédients du poison, précisa Beïlan.
La déclaration tomba comme une lame dans l’assemblée. Plus personne ne parlait. Au même moment, le dernier cadenas cliqueta, libérant l’ancien roi d’Irin. Il se massa les poignets, mais ne chercha pas à fuir.
- Ça n’explique pas comment tu t’es retrouvé ici, insista Saelim.
- J’ai voulu comprendre. J’ai été conçu par ces connards ! Je n’existe que parce que je suis un maillon essentiel de leur plan. Je savais que notre ennemi venait du nord. J’ai tenté de trouver des informations.
Elian comprenait ce besoin. Elle aurait fait la même chose. Ne venait-elle pas de le faire ?
- Je me suis fait prendre en fouillant une pièce du palais royal. L’un d’eux est venu me parler, me poser quelques questions.
- Tu l’as vu ? Tu lui as parlé ? s’étrangla Saelim. Qui est-ce ?
- Un mec, répondit Beïlan avec un haussement d’épaules. Un humain. Pas un vieillard, pas un ado. Quelqu’un d’ordinaire.
- Un membre de l’organisation, peut-être leur chef actuel. Il doit changer régulièrement, proposa Elian. Que t’a-t-il dit ?
- Rien. Il m’a défait sans la moindre difficulté. Lors du combat, j’ai eu l’impression de me retrouver face à mon père. Aucune ouverture. Aucune faille. Putain… Ensuite, il a posé des questions, mais ça n’a pas duré. Je ne savais rien d’utile. Il m’a jeté au cachot, puis m’a emmené ici. Guero m’a utilisé pour créer un poison. Saelim… j’ai besoin que tu répondes à une question qui me ronge.
Saelim se figea, dérouté.
- Comment vont les femmes à Dalak ?
- Pourquoi tu demandes ça ?
- Comment vont-elles ? insista Beïlan, les yeux fixés sur lui.
- Je… je n’en sais rien, admit Saelim sans détour.
Beïlan inspira avec difficulté, comme si un étau lui serrait les côtes.
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Elian, alertée.
- La première dose était pour les palais de coton, murmura Beïlan. Il l’a mise dans la nourriture des femmes.
- Des conneries ! rugit Dolandar. Il ment ! Comment pourrait-il le savoir ?
- Tu avais un sac sur la tête, fit remarquer Saelim en observant les objets autour d’eux.
Beïlan leva un doigt vers les hauteurs de la hutte. Un rapace, presque invisible dans l’ombre, les observait.
- J’ai des oreilles pour entendre… et des yeux pour voir.
Le silence retomba, brutal.
- Les femmes sont peut-être à l’agonie, là-bas, dans les palais de coton ? s’écria Elian. Il faut l’antidote ! Où est Guero ?
- Il est mort, gronda Dolandar. Cet abruti l’a tué !
- Ma blessure n’était pas mortelle ! répliqua Saelim.
- Et pourtant, il n’est plus là pour nous transmettre la formule, conclut Dolandar.
- Vous avez juste besoin de savoir comment ce poison se fait ? interrogea Beïlan.
Elian hocha la tête sans un mot. Beïlan reprit :
- Je le sais, moi.
- Quoi ? s’étrangla Dolandar.
- Je l’ai vu faire, expliqua Beïlan, désignant une nouvelle fois le rapace. Je sais comment il s’y prend.
Saelim lui tendit du matériel : parchemin, plume, encre.
- Écris.
- Je ne sais pas mettre des mots sur ce que j’ai vu.
- Fais-le devant nous, proposa Saelim. On réfléchira ensemble.
Beïlan s’exécuta. Il réunit des objets, broya, chauffa, ajouta de l’eau. Dolandar, Theorlingas, Saelim et Elian se penchèrent sur ses gestes, discutant des termes, dessinant, étiquetant chaque plante dans des sachets. Le travail avançait, précis, concentré. Mais Elian grognait, intérieurement. Chaque instant perdu était peut-être celui où Ceïlan mourait.
- Elian, quelque chose ne va pas ? demanda Beïlan en remuant la mixture.
Elle releva les yeux, surprise. De quoi parlait-il ? Ici, elle avait chaud, un toit, de quoi boire. Elle était libre.
- Elle a été torturée, rappela Theorlingas. Sortir de là-bas n’a pas été simple. Et le métal noir l’affaiblit toujours. Ta main semble soignée, ajouta-t-il à l’adresse d’Elian, plus doux.
- Il n’y a pas que cela. Tu sembles…
Il ne termina pas sa phrase. Son regard s’attarda sur elle, trop longtemps. Elian détourna les yeux. Avait-il senti quelque chose ? Non. Impossible. Rien ne se voyait. Rien ne devait se voir.
Beïlan continua d’agir normalement. Il parlait, riait même, allégeait les silences par quelques mots bien choisis. Même Dolandar se dérida. Petit à petit, le groupe prenait forme.
- C’est terminé, annonça Beïlan.
Il posa le récipient, l’air grave.
- Si l’un de nous consomme cette merde, il meurt. Mais les humains, eux, peuvent en avaler des tonnes.
- Quoi ? s’étrangla Elian.
- Ils détestent les elfes. Ils nous veulent morts. Nous sommes des êtres sales, impurs. Leur chef est venu jusqu’ici pour cela : un poison létal pour nous, inoffensif pour eux. La première dose était pour les femmes de Dalak. La seconde, pour toi. Ils ne s’arrêteront pas là.
- C’est atroce ! gronda Dolandar.
- Les herboristes d’Irin devraient pouvoir concocter un antidote avec ça, dit Theorlingas. Il faut rentrer. Vite.
- Beïlan, mets le feu à cet endroit avant de partir, ordonna Elian. On leur retire leur laboratoire.
L’ancien roi d’Irin acquiesça. Les flammes s’élevèrent bientôt dans la brume, invisibles aux regards, tandis que la troupe s’éloignait, menée par Theorlingas.
- Merci, Beïlan, souffla Elian.
- De rien, Majesté, répondit-il.
Elle se figea. Majesté. Un mot étrange dans sa bouche. Elle l’avait destitué. Et lui, l’ancien roi, s’inclinait devant elle. Il semblait sincère.
Elle n’aurait su dire pourquoi, mais elle croyait en sa loyauté.
Elle l’avait sauvé des chaînes. Et peut-être, sans l’avoir demandé, venait-il de jurer allégeance dans les cendres.