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Chap 17 Une soirée qui dégénère

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Par Anna.Lyse

SUZANNE

Les basses pulsent dans mes oreilles et je laisse mon corps onduler au rythme de la musique. Elena face à moi bouge avec sensualité. Son sourire m’encourage à lâcher prise, alors c’est ce que je fais. Au diable Lucas, j’ai besoin de me sentir libre et désirée. Je ferme les yeux pour me laisser entraîner par la musique et si un bel homme se présente à moi, je me fais la promesse de profiter du moment présent. Cela fait trop longtemps que j’en pince pour Lucas et que je reste coincée dans la friendzone. Il est temps que je passe à autre chose, que je l’oublie lui et le connard qui m’a fait perdre toute confiance en moi !

Les musiques s’enchaînent et je ne pense plus à rien. La sueur commence à perler le long de ma nuque et ma gorge est sèche. J’ai besoin de me désaltérer. Alors que j’ouvre les yeux et m’apprête à ouvrir la bouche pour proposer à Elena d’aller prendre un verre, je sens des mains se poser sur mes hanches et je me crispe légèrement. Il y a bien un mec ou deux qui ont essayé. J’ai danser un peu avec eux, ils étaient plutôt mignons, mais aucun ne m’a vraiment donné envie de passer le cap. En même temps, rien ne m’y oblige. Si je ne le sens pas, je ne le sens pas et finalement, aucun n’a semblé s’offusquer de mon refus. Finalement Elena avait raison, ça m’a fait du bien de venir ici. Je m’amuse beaucoup, même s’il est encore trop tôt pour offrir mon corps à quiconque. Ça ne sert à rien que je fasse croire à ce nouveau prétendant qu’il peut y avoir plus et de toute façon, j’ai envie de faire une pause. Je me retourne pour lui faire fasse et essaie de le repousser gentiment. Ce dernier descend ses mains sur mes fesses et je sens la colère monter. Lorsque j’essaie de m’échapper l’homme me plaque un peu plus contre son torse. Je sens une proéminence contre mon ventre et surtout son haleine puant l’alcool.

— Lâche-moi !

L’homme sourit de façon lubrique, se moquant de ce que je peux vouloir ou non. Ne lui a-t-on jamais appris le sens du mot consentement ? J’aimerais le frapper, mais mes mouvement sont entravés et je débat ridiculement dans ses bras. Je cherche du regard mon amie dont les pupilles verts émeraude irradient de colère.

— Lâche-la avant que je t’explose le nez.

Elena est furax, je ne l’ai jamais vu ainsi. Cela me donne la force de repousser mon assaillant plus fort pour me réfugier à ses côtés.

— Si tu veux pas qu'on te colle, t'as qu'à arrêter de te trémousser comme ça, rétorque l’homme agacé.

Mais quel connard !!! Je vois Elena sourire, et je comprend qu’il a dépassé les limites qu’elle pouvait tolérer. Bien que je l’ai vu à l’œuvre, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour elle. D’autant plus, que ce dernier est plutôt baraqué et surtout, il n’est pas seul.

— Hey, salut les filles. Je crois que les présentations ont mal commencé mais on pourrait peut-être tout reprendre à zéro. Mon pote est un peu maladroit mais il est pas méchant. Faut pas lui en vouloir, sa mère lui a pas vraiment appris les bonnes manières.

Il affiche un sourire parfait et si son pote juste avant ne s’était pas comporter comme un salaud, je serais peut-être tomber sous le charme. Ce mec est clairement canon et il le sait.

— Ça vous dit de prendre un verre avec nous. Faites pas gaffe à mon pote, il est maladroit mais pas méchant.

— Ton pote est un connard, et toi à première vu tu vaux pas mieux, réplique Elena.

Il ne doit pas être habitué à ce qu’on lui dise non vu comment il tique, mais il ne se démonte pas.

— Je suis vraiment désolé si Harvey s’est comporté comme un connard. Faut pas lui en vouloir, il a appris ce soir que sa nana l’avait trompé avec un autre alors il est un peu brusque.

Je ressens un peu de pitié. Lucas me dit souvent que je suis trop naïve, peut-être a-t-il raison. J’aimerais tellement qu’il soit là en ce moment pour me protéger. Je le cherche du regard et tombe sur Alec au bar. Malgré mon œillade insistante, ce dernier ne semble pas me remarqué. J’hésite à aller le chercher mais je ne veux pas laisser Elena toute seule avec ces types.

— Bah, si elle a trompé ton pote c’est certainement qu’il n’était pas à la hauteur.

Elena n’a peur de rien, c’est clair.

— Salope ! Lâche Harvey tandis que son pote sourit tel un prédateur qui a trouvé une proie intéressante.

— T’as du caractère, ça me plaît ! Je suis sûre qu’on pourrait bien s’entendre toit et moi.

— T’es con ou t’es con ? Demande-t-elle avec suffisance. On t’a dit qu’on était pas intéressées alors lâche l’affaire et casse-toi avec ta crevure de pote avant que je vous prenne tous les deux.

Il se marre, Elena rougit. Je ne sais pas si c’est de la gène ou de la colère. Il est évident qu’elle n’avait pas l’intention de sous-entendre qu’elle désirait quoi que ce soit avec ces gros porcs mais eux semblent tout émoustillés.

— Si c’est ça que tu veux, je serais ravie de te satisfaire ma belle, et ça ne me dérange pas de partager.

Son regard lubrique passe son corps de haut en bas, s’attardant plus que nécessaire sur sa poitrine en mordant ses lèvres. C’est écœurant.

— Je ne vois rien chez toi ou chez ton pote capable de me satisfaire, vous êtes clairement pas à la hauteur. Tu es peut-être habitué à ce que les filles en bavent pour toi mais tu ne m’inspire que du mépris et du dégoût.

Le type perd patience et son visage prend soudain une expression menaçante. Il n’apprécie visiblement pas d’être ainsi ridiculisé.

— J’aime les filles qui ont du répondant, mais c’est pas la peine de faire la belle quand on se comporte comme une salope. Fais pas genre que tu vaux mieux que moi.

Il s’avance d’un pas vers nous, la situation est sur le point de dégénérer je le crains. Contre deux hommes, Elena ne fera jamais le poids et je ne lui serais d’aucune aide malheureusement. Je regarde autour de moi, cherchant une aide éventuelle sans succès. C’est dingue de voir les gens si indifférents à la situation. Je ne sais pas envers qui je suis le plus en colère : ces types ou tous ces bien-pensants qui ignorent totalement notre détresse.

— Si t’es pas intéressée, tu peux toujours allé te faire voir ailleurs mais ta jolie copine va rester avec nous, lance Harvey avec un sourire libidineux. Je commence à douter de l’histoire de tromperie. Je peine à croire qu’une femme ait pu se mettre en couple avec un pervers pareil.

Elena se marre.

— Tu peux toujours rêver. Aucun de vous ne remettra la main sur mon amie et le premier qui l’approche je l’éclate, c’est claire ? Et maintenant, dégagez ou faites-moi le plaisir d’avancer un peu plus que je me charge de vous exploser la face.

— Tu crois vraiment pouvoir me parler comme ça et t’en sortir ?

Le mec est furieux, il s’avance vers Elena, tendant le bras pour la saisir, mais elle l’esquive pour l’attraper par les côté et le projeter par terre. Il atterrit lourdement, laissant échapper un bruit pas très virile.

— Sale petite pute !

Tandis que l’homme se relève péniblement aider de son pote, je cherche un moyen de nous sortir de là. Soudain, je repense à Alec. Et lorsque je les cherche des yeux, je le trouve toujours au bar. Je me précipite vers lui en me frayant un chemin difficilement entre les gens. Quand il me voit, son sourire s’efface instantanément. Je n’ai pas besoin de parler, la peur sur mon visage lui dit tout ce qu’il a à savoir. Il cherche des yeux Elena dans la masse.

— Elena a besoin de toi ! Parviens-je à articuler.

L’expression d’Alec est méconnaissable. Lui, habituellement si désinvolte, si lumineux est devenu dure et sombre. Il dégage quelque chose de dangereux et d’assez effrayant. Je m’écarte de son passage juste à temps pour le voir se précipiter sur la piste de danse.

ELENA

Ces types sont des porcs. Je me réjouie déjà à l’idée de pouvoir leur botte le cul. Se faire battre par une femme devrait remettre les pendules à l’heure. Pour une fois que Suzanne se laissait aller, il fallait qu’on tombe sur ces connards. Ils font honte à la gente masculine. Pas étonnant que certaines femmes hésitent à s’habiller comme elles veulent, à se rendre en boîte pour danser comme bon leur semble. Le problème ne vient pourtant pas de leurs vêtements, mais bien de la manière dont ces tordus les regardent : comme des objets dont ils peuvent jouir. Cette pensée me révulse et attise mon envie d’en découdre. Je sais que j’aurais pu choisir de ne pas les provoquer, choisir de ne pas me battre, mais c’était plus fort que moi. Combien de filles ont-ils emmerdé ainsi sans que personne ne réagisse ? Combien avant que quelqu’un s’oppose pour leur faire comprendre leur comportement odieux ? Ils méritent une bonne leçon

— Bah alors, t’arrives pas à tenir debout ?

— Ta une grande gueule, mais t’aurais pas dû me chercher. J’aime pas trop qu’on se foute de moi.

Il m’attaque encore de façon frontale sans tenir compte des mises en garde de son pote qui semble craindre l’arrivée d’un videur. Je le laisse venir à moi et cette fois-ci j’esquive son attaque pour lui porter un directe du droit au visage, lui cassant le nez au passage. Le bruit est presque libérateur. Son pote n’a pas tord, le videur ne va pas tarder à débarquer et mettre fin à tout ça. Je n’ai pas beaucoup de temps pour leur régler leur compte alors je passe à l’offensive. Il est encore sous l’effet de la surprise, m’insultant copieusement lorsque je lui fais une savate pour le faire tomber à terre afin de m’occuper tranquillement d’Harvey. Lorsque je relève la tête vers lui, je le vois déglutir. Les gens s’écartent autour de nous, mais je ne prête aucun attention à eux, je suis focalisée sur celui qui va prendre cher pour avoir osé abuser de mon amie.

Harvey fait un pas en arrière avant de redresser le buste avec défiance. Ce type est trop orgueilleux pour comprendre la différence de niveau. Au moins ce n’est pas un couard, il ne laisse pas son pote seul. À moins que ce ne soit juste du machisme et qu’il refuse de s’enfuir devant une femme. Je déteste ce genre de type !

Il s’élance vers moi. Tellement stupide. Je dévie son coup et lui envoie un coup de genoux dans l’entre-jambe. Son souffle se coupe et il s’immobilise dans une posture recroquevillée sur lui-même.

— Tu nous as traité de quoi rappelle-moi ? De salopes ?

Je vois un mélange de colère et de crainte imprégné son regard. Tant mieux ! Les rôles sont inversés et je suis ravie de lui faire expérimenter ce qu’il doit avoir l’habitude de faire ressentir aux femmes.

Je lui met une dernière droite pour le clouer au sol. J’ai du mal à maîtriser mon dégoût et mon coup est plus violent que je ne le pensais. Vu le sang au sol, il est possible que je lui ais pété une dent. Je sens la douleur irradier dans mon poing.

Tellement accaparée par Harvey, je n’ai pas prêté attention à son comparse. Ce dernier s’est relevé et je le sens derrière moi. Je me retourne, sur le qui-vive, m’attendant à encaisser, mais Alec surgit de nul par. Il l’a passé son bras autour de son coup pour le forcer à reculer et ne le relâche que pour l’envoyer au sol. Il me regarde un instant, sans doute pour s’assurer que je n’ai rien. Je n’ai pas une égratignure, mais si Alec n’était pas intervenu j’aurais encaissé un mauvais coup. Non pas que cela m’aurait beaucoup affecté, j’ai vu bien pire. Toutefois, je m’en veux pour cette erreur de débutante, toujours restée vigilante à tous les adversaires.

Le regard d’Alec me sidère. J’y vois de la souffrance et une haine immaîtrisable. Il semble comme possédé et lorsqu’il se tourne vers le type à terre, tout dégénère. Alec le prend par le colback et le relève avant de lui coller une droite magistrale. Seulement, il ne s’arrête pas là, il continue de la frapper avec frénésie, sans même prêter attention à se propre douleur. Les coups sont violents et ses phalanges n’en sortiront pas indemnes. Le spectacle est horrible, Alec n’est plus Alec. Je ne le reconnais pas et je sais qu’il faut que je l’arrête avant qu’il ne soit trop tard.

— Alec, stop ! Il a son compte, arrête-toi.

Il ne répond pas et surtout, il ne s’arrête pas. Je ne crois pas qu’il m’ait entendu, il semble comme en transe, la mâchoire crispée.

Le gars tombe à terre et il lui donne un coup de pied. Je n’ai plus d’autres solutions, je le ceinture par derrière et tout en me préparant à prendre moi aussi un coup, je lui souffle à l’oreille.

— Alec, calme-toi je t’en prie. Je vais bien, tout va bien, calme-toi.

Je sens son corps se relâcher légèrement.

— C’est bon Alec. Je n’ai rien et maintenant on doit partir d’ici.

Il ne réagit toujours pas. C’est comme s’il avait déconnecté. Cette violence, ces ténèbres… Alec aussi a ses secrets. Son comportement n’est pas normal. Tout ce déchaînement de violence brut… Je ne sais pas ce qu’il garde tapie au fond de lui mais ses barrières viennent de céder et je dois le sortir de là avant que la sécurité ne débarque. Avec tout ce grabuge, il est impossible d’espérer être passés inaperçus, et vu l’état du type on pourrait avoir des problèmes avec la police. Il ne manquerait plus que ça. Je tire sur le bras d’Alec pour le faire bouger mais il reste immobile comme une statut, le regard braqué vers le type à terre immobile. Merde !

Je lui fais face et prends son visage entre mes paumes, cherchant à accrocher son regard.

— "Niño" !!! J’arrive à capter son attention, c’est fragile je le sens, mais le temps presse alors je le bouscule. Il faut qu’on se tire ! Maintenant !

Cette fois lorsque j’agrippe sa main, je sens sa poigne se refermer sur la mienne et enfin ses pieds avancent. Il se laisse guider, Suzanne qui était restée en retrait semble paniquée. Je lui fais un signe de tête pour lui indiquer de nous suivre. Elle nous emboîte le pas et nous parvenons à trouver une sortie à l’arrière de la boîte de nuit sans que personne ne nous remarque.

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