Je m’éveille à peine, désorienté, perdu.
Silence, pas un son, aucune autre sensation
Que ce curieux coton charbonneux qui m'entoure.
L'obscurité m’a englouti, anéanti.
Tout à coup, son voile d'ébène se déchire,
Une fissure nitescente se découpe.
J'y entraperçois le désespoir, le malheur
Des flammes, quelques roses effeuillées dans la tempête,
Un prénom murmuré, chéri et regretté.
Puis, la faille s'estompe et disparaît au loin,
Remplacée par un nouvel éclat, bien plus doux.
Son sourire radieux m'éblouit, me ravit…
Cette nouvelle faille s'éteint à son tour,
Et je voyage ainsi, sautant de brèche en brèche,
Jusqu'à ce que la douleur me rattrape, vibrante.
À mes pieds gisent une myriade de fragments
Éparpillés, tels mes souvenirs égarés,
Le miroir de mon âme meurtrie et brisée.