La journée lente et grise
Aux alentours de midi et jamais
S'arrachait, poudre et bise,
Lambeaux froids et défaits.
Arche courte, démise
Par le coup de talons
Frappant le ciel et frise
La voûte comme un canon.
Fardeau des jours perdus,
Heures fondues qui épuisent
Le dos en marbre nu
Et la nuque indécise,
Mords-moi, que tu ne dises
Mon coeur froid, porté haut,
S'oublie, s'enfuit, nuise
Aux rêves nés trop tôt.
Arrache donc la pierre
Qui me veut et m'enlise
Dans haine jalouse, serre
Ma main indécise.
Le mur d'ombres se brise
Au détour du chemin :
Vers moi se tend, surprise !
Une longue rose carmin.