La nuit me nargue derrière la fenêtre
Soyeuse et douce de réverbères
Elle miroite un monde peut-être
Que je n’atteindrai qu’en hiver
Dans le froid de mon cœur
Une musique qui m’effleure
Un souvenir s’envole dans le soir
J’allume la lumière pour le voir
Mais je ne peux pas le garder volubile
Vivant, brûlant, réel… immobile
Même si je le cajole
Dans un tube de formol.
Je voudrais le revivre en dansant
En pensant, en dormant, en rêvant
Je voudrais qu’il habite mon sommeil
Et fasse battre les ailes des papillons
Chasse les brumes et les saisons
Je voudrais ne jamais me réveiller
Qu’il revienne, l’inachevé
Celui qui me manque et me crame
Celui qui me hante et m’affame
La nuit me nargue et je ferme les yeux
Sur un rêve qui s’essuie, silencieux
Des vitres embuées de mon âme
Auquel je n’ai jamais dit adieu.