Ce fut l’eau qui coulait sur son visage qui le réveilla. Il senti alors de l’humidité froide et douce dans son dos. Il ouvrit lentement les yeux, avant des les refermer aussitôt. La blancheur des nuages l’éblouissait. Il porta sa main à son visage avant de constater qu’il pleuvait. Il s’assit alors et constata alors une immense étendue verte. Il était face à une grotte, assis dans l’herbe. Il entendait encore les bruits de cliquetis et de feu du robot qui avait explosé, sans réussir à déterminer s’il l’imaginait ou non. L’ouverture de la grotte dont il sortait n’était pas naturelle : c’était l’explosion qui avait créé la sortie. Il se releva alors en titubant, examinant un peu son corps avant toute chose. Il avait les mains sales, il était trempé, mais il ne semblait pas blessé. En regardant ses mains vides, il repensa immédiatement à l’épée brillante de vert : il se précipita alors aussi gauchement qu’il le pouvait vers le cadavre du Gardien, replongeant vers l’obscurité.
Le robot était tellement morcelé qu’il était impossible de deviner à quoi il pouvait ressembler auparavant. Même ses yeux n’étaient plus reconnaissable dans les débris. Il s’attendait donc à ce que son épée soit dans le même état. Mais, scintillante au fond de la grotte, elle était encore comme neuve. Il la récupéra sans trop y croire, profitant de la lumière de l’extérieur pour l’admirer.
Il était toujours incapable de lire les runes écrite sur tout le long de la fine lame. Mais il reconnaissait, désormais, un goût d’autrefois : une garde fine et étudiée en argent, avec sur son pommeau l’emblème du royaume. Une longue lame effilée, brillante même au-delà des runes inscrite sur elle. C’était une très belle arme, qui reflétait la manière de se battre de son porteur. Il l’admira longuement, en sortant de la grotte, profitant de la lumière du jour. Puis, il fini par la remettre à sa ceinture. Le fourreau était en cuir simple : une fois rangée, la lame entièrement cachée, il était impossible de deviner qu’il s’agissait d’une arme exceptionnelle.
Il n’y avait rien d’autre que de l’herbe et quelques arbres fruitiers esseulés dans une grande plaine autour de lui. Il fit quelques pas en avant, avant de regarder au-dessus de cette grotte incrustée dans une montagne. Il ne reconnaissait strictement rien, à tel point qu’il pensait avoir été enfermé dans un pays voisin. Mais quand il vit l’ombre d’une ruine, s’élevant au loin derrière le bout de montagne, il en perdit ses jambes. Il était quasiment effondré, abandonné, mais il pouvait encore le reconnaître. Il venait de le voir dans quelques bribes de souvenirs. Il faisait face au château de son royaume, qui semblait avoir vieilli de plus d’un siècle.
En repensant à ce que lui avait dit le Gardien avant de le détruire ; la stase, le temps qui suivait son cours en dehors de sa zone d’effet… La peur s’empara de lui. Il ne pouvait pas courir, il avait été trop atteint par le sommeil puis par l’explosion. Mais il avançait le plus vite possible au-devant, fuyant cette vision d’horreur qu’était son royaume en ruine, espérant trouver quelque part une âme humaine, capable de lui expliquer ce qui pouvait bien se passer. Il ne souciait plus de la beauté tranquille du paysage sauvage, des quelques animaux qui fuyaient à son passage paniqué ou de la pluie qui trempait sa tunique de coton.