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Chapitre 2

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Par Vava

En prenant bien soin de ne pas me faire voir, j'inspectai rapidement le sol à mes pieds, trouvant sans trop de difficulté malgré ma mauvaise vue ce vers quoi la salle de cours m'avait orienté : une gravure de pyramide à l'envers, barrée d'un trait. Le symbole alchimique européen de la terre. A y regarder de plus près, il y avait d'autres symboles alchimiques discrètement gravés tout au long de la rangée, mais aucun dans celle du dessus, ni dans celle du dessous. Il me faudrait inspecter rapidement le reste de la pièce pour m'assurer qu'il n'y en avait pas d'autres, mais avant ça, je comptais bien me débarrasser de l'intruxe.

- Oh. Tu es encore là.

Je failli mourir de peur.

Comprenez-moi : j'étais là, accroupie en position canard entre deux rangées, parfaitement invisible, à me préparer mentalement à lancer un sort de confusion à l'autre personne de la pièce, quand la tête de la dite personne surgit par-dessus les sièges de la travée, accompagnée d'une vague de longs cheveux noirs qui virent me balayer le museau.

Vous connaissez probablement la suite.

J'ai couiné, sursauté, et mon crâne a frappé un menton pointu.

On s'est retrouvéxes comme deux couillonxes à se tenir la partie douloureuse de nos tête, qui à genoux, qui assixe sur une table.

Ridicules.

- Mes excuses Eden... je ne pensais pas te faire peur.

La voix de Sagarra était un peu piteuse, mais pas assez pour m'empêcher de lui balancer un regard noir : elle détonnait trop avec le sourire en coin qui étirait ses lèvres, et sa façon presque nonchalante de se frotter le menton.

- Tu m'as pas fais peur. Tu m'as surprise.

Seconde info sur moi : je suis de mauvaise foi quand je suis dans une position embarrassante.

Et à d'autres moments.

Mais surtout quand je suis dans une position embarrassante.

- Pardon de t'avoir surprise alors. J'avais la certitude que tu serais déjà loin dans la course quand j'arriverai. Ça fait presque quarante-cinq minutes depuis qu'on s'est vuxes.

Je senti mes joues se colorer un peu, d'agacement comme d'embarras.

- Ouais bah on peut pas toustes se remettre de quinze minutes la tête en bas en l'espace de quelques secondes. J'ai eu besoin de récupérer.

Mon envie de lea pourrir retomba lorsque je croisais son regard sincèrement inquiet, et je poussais un soupir.

- Ça va maintenant, ça m'a pris une bonne demi heure pour ne plus avoir de vertiges, mais je suis ok. Ok ?

- … Ok. Qu'est ce que tu regardes ? (iel se pencha de nouveau en avant, et je me décalais par réflexe : un second coup de tête, non merci) Le sol à quelque chose de spécial ?

Il me fallut environs 4 secondes pour arrêter de fixer l'arrière de sa tête, incrédule, pour reporter mon regard sur le sol, où les gravures alchimiques étaient toujours bien visibles. Du moins pour moi.

Oh.

je laissai aller ma pensée, me reconnectant à la salle de classe qui, clairement, était restée synchronisée avec moi, et s'ingéniait à présentement à dissimuler les indices à ciellui que je considérais comme än intruxe peu de temps auparavant. D'une caresse mentale, je rassurais la pièce, et murmurait machinalement à haute voix le « merci » que je lui adressais en pensée. Ce qui m'attira immédiatement l'entière attention de Sagarra.

- Je le savais.

Blasée, je me contentais de lever les yeux au ciel et de m'agenouiller de nouveau au sol, mes doigts effleurant la pierre au passage. La table au-dessus de moi grinça, m'indiquant que Sagarra se penchait en avant.

- Tu es mage de cuisine.

J'ignorais son affirmation pour me concentrer sur mes sens, et sentir les symboles gravés sur le sol, cherchant une cohérence entre eux, ou un flux magique qui serait en train de circuler. Rien. Sur la table, Sagarra se pencha un peu plus, ses cheveux revenant me chatouiller la nuque. Je les repoussais d'une tape.

- Sagarra.

- Mh. Pardon (iel ramena ses cheveux en arrière) Donc. Mage de cuisine ?

- Et ?, m'agaçais-je.

Je suis toujours susceptible sur la question. Genre, très vite et très fort. Et d'ordinaire, ça se sent de façon tellement tangible qu'on me lâche la grappe sur le sujet. Mais bon, là, on parle de Sagarra donc...

- Et, tes notes sont excellentes en magie intermédiaires et majeures.

- Ah bon ? J'avais pas remarqué.

Deux pas sur le côté me permirent de me relever sans risquer un nouveau choc crâne-menton, et je me mis à arpenter la pièce en ignorant superbement män camarade. Sans lea perturber pour autant. Perchéxe sur sa table, iel me suivit des yeux tout en nouant ses cheveux, l'air pensivxe.

- Normalement c'est pas le cas.

J'agitais la main dans sa direction.

- Désoléede contredire ta norme.

- En même temps, si tu étais nule dans ces domaines et juste mage de cuisine, tu n'aurais pas pu entrer dans cette école...

Ok. Là iel m'avais démarré.

Poings sur les hanches, je me retournais pour lea dévisager, la salle frémissant imperceptiblement en échos à ma colère. Je peux être souple sur beaucoup de choses, râler pour le principe et me taire quand il le faut, mais s'il y a une chose que je déteste, qui me met immédiatement en colère, et très fort en plus, c'est quand on critique ou méprise la magie de cuisine.

Que je vous explique.

Comme déjà dit, les petites magies sont des magies simples et universelles, qui apparaissent de façon spontanées chez les gens, mais aussi dans certains endroits. Leur retour à provoqué pas mal de bouleversements, notamment parce que le second principe de la Petite Magie, c'est qu'on ne peut pas en restreindre l'usage chez quelqu'än. C'est tellement instinctif, tellement ancré dans le corps, qu'elle se déclenche quoi qu'on nous fasse.

Et si elle est plus ou moins présente chez tout le monde (la plupart des sorts simples de protection ou de guérison en sont issus), elle n'est pas puissante chez tout le monde. Cependant, lorsqu'elle est puissante, elle empêche généralement son mage de maîtriser les autres sortes de magies.

En tous cas c'est ce que pense la société en générale. Ce qui fait qu'on décourage les jeunes mages issus d'une famille de Mages de Cuisine, ou dont la Petite Magie est forte, à poursuivre des études dans les écoles classiques intégrant des cours sur la Magie et les Arcanes. Un espèce de nouveau mépris de classe s'est développé en somme... il y a les mages de cuisine, et il y a les vrais détenteurices de pouvoirs.

Alors que l'origine de cette « incapacité aux grandes magies », c'est qu'on à la flemme, tout simplement.

Et ça me fume que ça soit pas envisagé.

Parce que y'a pas plus classe que la magie de cuisine. Pas plus efficace. Pas plus inclusif. Et que tout ce que les grandes magies font, la magie de cuisine peut le faire aussi. Ça prend simplement beaucoup plus de temps. Et ça n'inclue pas la télétransportation, d'accord. Mais quand même.

j'allai me planter devant Sagarra et me permis de lui frapper sèchement le front du bout de l'index, ce qui eu le mérite de lea sidérer (Sagarra n'aime pas qu'on lea touche). J'en profitai pour tisser un minuscule charme dans le début de ma phrase :

- Tu vas m'écouter attentivement : si tu me sort encore une fois une de ces remarques débiles sur la petite magie, je t'en met une. Je préfère mille fois rentrer dans une chambre qui m'aime, que j'aime et qui prend soin de moi, plutôt que de vivre dans un lieu qui me déteste comme la chambre de Calliste.

Sagarra qui se frottait jusque là le front, visiblement ennuyéxe, s'illumina soudain.

- Ah ! La chambre de Calliste la déteste vraiment donc !

- Sagarra ! C'est pas le sujet. Tu m'as entendu ?

- Oui oui (iel leva les mains en signe de paix) j'ai entendu. Pardon d'avoir réfléchit en paroles. Ça m'arrive souvent, j'oublie que ce n'est pas poli. Je ne voulais pas te fâcher.

La surprise fit retomber ma colère. Sagarra avait l'air sincère dans ses excuses. Grognonne, je fourrais mes propres mains dans mes poches et reculais de plusieurs pas.

- … D'accord.

- Ça te fâche vraiment ?

- De quoi ?

- Qu'on critique la magie de cuisine.

- Oui.

- Vraiment vraiment ?

Je roulais des yeux, exaspéré.

- OUI !

- Oh. (Sagarra haussa les épaules) d'accord. J'éviterai de le faire alors. Tu peux arrêter de faire trembler les meubles s'il te plaît ? C'est perturbant.

Je lui lançais un dernier regard noir avant d'apaiser la pièce à grand renfort de remerciements sincères pour son soutien, et d'excuse de l'avoir fait abîmer son beau parquet avec les pieds des tables. Je lui promis de revenir dans le mois m'occuper des réparations, et de lustrer son sol en plus, ce qui calma définitivement l'endroit, duquel il se mis subitement à emmener une discrète odeur de forsythia. Ma plante fleurie préférée. Le problème était réglé.

Sagarra avait heureusement gardé le silence durant tout le processus, son langage corporel montrant qu'iel était attentivxe à ce que je faisais, ce qui m'embarrassa soudain.

- Quoi ?

- Rien. C'est pas souvent que je peux voir än mage de cuisine à l’œuvre. C'est b... déroutant.

- … beau rattrapage.

Un sourire étira ses lèvres.

- Je trouve aussi. Je pourrais regarder de nouveau ?

- De quoi ?

- Quand tu fais de la magie de cuisine.

- Euh. C'est trèèèèèèès bizarre comme demande ça, tu sais ?

- Ah. Bon. (iel haussa les épaules) j'imagine. Mais c'est frustrant tu sais ? Qu'on ai jamais de cours d'études avancées des pratiques de petites magies.

- Bien d'accord...

- Donc... tu me laissera regarder ?

- Sagarra...

Son expression se froissa de contrariété, mais iel eu la jugeote de ne pas insister. Au lieu de quoi, iel se pencha de nouveau vers le sol et les symboles alchimiques maintenant bien visibles.

- C'est la suite d'Orthis, non ?

- Que... (je balayais le sol du regard) … oui. Oui c'est la suite d'Orthis. La variation n°3 je dirais.

- La 4. Le symbole de la terre là bas est à l'envers.

Je lui jetais un coup d’œil stupéfait, mais iel ne me regardais pas, visiblement plongéxe dans ses pensées, une mèche de cheveu coincée entre les lèvres. Iel les mordillait souvent quand un problème occupait son esprit. Ne me demandez pas comment je le sais : toute l'école le sait. Sagarra est CANON. 90% des élèves a dû avoir un crush dessus, et les 10% restant l'on étudiéxe pour essayer de comprendre à quel point c'est än adversaire dangereureuse pour les examens.

Et avant que vous posiez la question : je fais partie des 10%.

Évidemment.

- Ce n'est pas logique... la suite d'Orthis ne fonctionne pas sur le bois ou la pierre dans cette variation là. Elle permet tout au plus de faire frémir les murs...

Je me laissais tomber au sol pour effleurer le symbole de l'eau sous la table de Sagarra, mes doigts parcourant machinalement le tracé dans le bois. Comme beaucoup de mage de cuisine, ma façon de pratiquer la magie passe par l'apprentissage instinctif, ce qui fait que pour trouver une solution, j'ai souvent besoin de penser à autre chose que le problème qui m'occupe. Je ne sais pas si c'est le cas de Sagarra, et clairement, je m'en fichais, parce qu'un autre problème occupait mon esprit, et iel en était responsable.

- Comment tu as fais pour réactiver l'énigme ? Les raccourcis s'effacent après qu'on les a utilisé d'habitude.

Iel fronça les sourcils, cessa de mâchonner sa mèche, et leva sur moi un regard que je ne su interpréter : la faute à ses yeux aussi noirs que ses cheveux. Mais un petit frisson dans ma nuque m'avertis que je l'avais contrariéxe.

- … J'aurai dû me douter que tu n'oublierai pas.

- Alors ?

- Tu me laisse t'observer quand tu fais de la magie de cuisine ?

- Hein ?

- Je te répond si tu me laisse t'observer quand tu fais de la magie de cuisine.

Alors là... j'en étais comme deux ronds de flans. Le CULOT de cette personne !

- T'as conscience que j'en fais, genre, tout le temps ?

- Nh. Je parle de quand tu la force, comme tout à l'heure.

- Alors d'abord je la force pas, je la guide c'est différent ! Et ensuite je vais pas t'appeler à chaque fois que je m’apprête à tisser un charme ! C'est cringe, et on est en plein examens je te rappelle.

- Alors je dirais rien maintenant. On en reparlera après les exams.

L'assurance tranquille avec laquelle iel termina sa phrase ralluma la colère en moi. De quel DROIT se permettait-iel autant d'assurance ? Comme si j'allai permettre qu'on relance le sujet ! Sérieux, ce serait trop bizarre. Et puis... et puis j'avais pas besoin de savoir comment iel avait fait. Pas vrai ?...

Je réalisai à ce moment là que si.

Si.

J'avais besoin de savoir comment iel avait fait pour rappeler un sort éphémère. Que c'était une compétence du tonnerre et que ma curiosité sur le sujet allait m'empêcher de dormir la nuit. Mais surtout que Sagarra le savait parfaitement.

Le frisson sur ma nuque descendit le long de mon dos et je baissais de nouveau les yeux sur le sol gravé pour éviter qu'iel me voit rougir.

Visiblement iel aussi observait les autres élèves.

Ou en tous cas m'avais observée, moi.

Douce magie, je ne voulais pas penser à ce que ça remuait dans mes tripes.

Cherchant une échappatoire, je me levais pour arpenter la rangée, suivant des yeux les symboles et les reliefs de la pièce pour mieux ignorer män compagnxe dont le regard suivait mes pas. Et puis soudain je su. C'était évident, à la façon dont se déroulait la suite d'Orthis (c'est un sortilège d'Arcane qui permet de déplacer alchimiquement un objet ou un être au travers d'un élément précis, au fait) et dont elle s'orientait vers l'unique fenêtre à l'horizon totalement dégagé de la pièce. La variation n°4 permettait de léviter ou faire léviter, mais aussi de marcher sur les substances inertes ou le vide. Si je me rappelais bien du plan de l'école, cette fenêtre donnait sur la cours est, celle qui ouvrait ensuite sur le lac (oui on à un lac, l'architecte était fan de vieux romans avec école de sorcier et trucs clichés de romans de fantasy) et surtout sur la cloche de fin des examens, celle que les étudianxes devaient faire sonner pour signaler qu'iels avaient finit les énigmes.

Se pouvait-il que cette cession ne compte que trente cinq énigmes ?...

C'était peu quand même. La cession précédente en avait comporté cent quatre vingt douze et s'était étirée sur trois mois pour certäns (personnellement, j'avais réussi à la finir en quatre semaines, et Sagarra en trois). Mais bon... c'était aussi la cession de milieu d'année, alors que celle-ci était juste une cession aléatoire comme nous en avions plusieurs au cours de l'année scolaire.

Une sorte de contrôle surprise, si vous préférez.

À échelle d'une école entière.

Notre école n'aimait pas trop la demi mesure...

Mais bon, trente cinq énigmes... après tout pourquoi pas ? On était qu'en avril après tout, l'année venait de commencer.

Män condisciple avait déjà quitté sa place, gagnant en quelques grandes enjambées la dite fenêtre pour l'ouvrir et se pencher dehors, me donnant un bel aperçu de sa chute de reins comme de la musculature de son dos.

Mh.

Penser à autre chose.

J'étais en train de lea rejoindre lorsqu'iel se retourna à demi pour me regarder, un sourire un peu désolé aux lèvres.

- Je crois que la suite d'Orthis est la dernière énigme, dit-iel. Je ne vois rien d'autre sur le chemin de la cloche, et il y a assez de symboles couvrir la distance en l'air.

- Je me suis dis la même chose (je me glissais à ses côtés, tentant de garder l'air détaché) la cession de cette fois est courte.

- Nh.

Sagarra se tortilla un peu pour éviter qu'on ne se touche, puis se remis à mordiller une mèche de cheveux, visiblement mal à l'aise. Ses pensées devaient prendre le même chemin que les miennes : nous étions au coude à coude sur la dernière énigme, essentiellement parce qu'iel avait réussi à réactiver un sort éphémère, et faire sonner la cloche en premièrxe rapportait un nombre considérables de points ou d'avantages.

Dont cette fameuse potentielle place dans cette non moins potentielle recherche...

Si Sagarra avait un peu de fairplay, iel me laisserai la première place. S'iel n'en avait pas... eh bien nous allions probablement devoir nous affronter, ce qui me plaisais moyennement.

Entendons-nous bien : je me défend plus qu'honorablement en duel, simplement, je n'aime pas ça.

Ça demande une énergie considérable, un poil de mauvaise foi, et de prendre le risque de blesser les autres.

Et si vous vous souvenez bien de mon manta principal : flemme.

Je poussais un soupir et me préparer à lancer les hostilités :

- Bon...

- On pourrait y aller ensemble ?

Mon cerveau s'arrêta, redémarra, s'arrêta, redémarra, et consenti à faire pivoter ma tête pour que je puisse voir le profil de män compagnxe. Ceste dernièrxe continuait de fixer le paysage en direction de la cloche, les sourcils légèrement froncés et la mèche libérée de ses lèvres voletant devant son visage.

- Pardon ?

- Je suis là parce que j'ai triché. De façon spectaculaire, d'accord, mais j'ai triché. Donc. Soit on s'affronte, et j'ai pas envie ; soit je te laisse la primeur, et j'ai pas trop envie non plus (le nez de Sagarra se plissa, comme si ses mots lea dégouttaient un peu) ; soit on y vas ensemble et on sonne ensemble (iel tourna enfin la tête vers moi) t'en dis quoi ?

Qu'iel était trop près.

VRAIMENT trop près.

Genre, nos visages devaient être à dix centimètres l'un de l'autre.

Ok, Eden, concentre-toi.

Je pris mon meilleur air calculateur (et j'en ai un vraiment excellent d'après Amari).

- Ça ne s'est jamais vu...

- Non.

- Ça pourrait rapporter des points en plus ou nous annuler l'intégralité de nos efforts.

- Oui.

- J'aime bien.

Un sourire éclaira le visage de Sagarra qui s'empressa de se reculer pour considérer l'écartement de la fenêtre.

- Si on veut utiliser le sort ensemble, et avancer ensemble, il faut élargir cette fenêtre.

Je grimaçais intérieurement : la salle de classe n'allait pas aimer. Pas plus que l'architecture générale du bâtiment. Et si je ne doutais pas des capacités de Sagarra concernant la Magie Intermédiaire nécessaire à ce travail, le mépris habituel des pratiquanxes de magie envers ce genre de chose me disais qu'iel n'allait pas prendre tout ça en compte.

- Vrai. Tu t'occupes de préparer le sortilège, je m'occupe d'apaiser la salle et de convaincre les murs que ce ne sera que temporaire ? Qu'ils pourront reprendre leur forme première une fois qu'on sera en l'air ?

Sagarra plissa ses yeux noirs, perplexe, puis hocha la tête.

- Comme tu veux, c'est toi qui maîtrise la magie de cuisine.

Sa phrase installa un silence, seulement troublé par mon agacement et le petit sourire satisfait sur le visage de Sagarra. Si cette salropie pensait avoir obtenu ce qu'iel voulait, iel se fourrait le doigt dans l'oeil.

- Mouais. Je te laisse commencer à tracer hein... j'ai besoin que la pièce comprenne ton intention avant de travailler avec.

Et PAF. Dans les dents !

Le petit sourire satisfait s'envola pour mon plus grand plaisir, laissant place à un haussement d'épaule défaitiste. Sans un mot de plus, je me détournais de la fenêtre pour lea laisser bosser, et m'installais tranquillement sur le sol, dans la rangée gravée de la suite d'Orthis.

Au travail.

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