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La tresse d'Oran

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Par Sim

Corneige 3650, Ankalya

Oran

Il n’y a rien à faire. La moindre de mes égratignures s’infecte, Merida m’a anesthésiée le bras pour me soulager de ma blessure. Elle y met une grande énergie et dans trois jours elle n’aura plus à le faire. Les vertiges ne sont pas le pire. La nausée m’épuise et depuis ce matin mon estomac se tord et refuse tous mes repas. Je me sens affamée, assoiffée, et ce soir, l’eau ne passe plus. À chaque ronce qui m’effleure, à chaque ortie, à chaque branche, ma peau se griffe et se lacère, des sillons arrachés sur mes mollets et mes joues. Des bouffées chaleurs me coupent le souffle, m’obligent à m’asseoir et arrêtent tout le groupe. C’est toujours plus long, toujours plus difficile et j’empeste la sueur alors que corneige n’est pas fini.

Corneige ne finira jamais, les belles saisons ne viendront pas et mon enfant ne naîtra pas.

Sébas ne doit jamais savoir, me perdre sera déjà trop. À travers les sévères yeux noirs de Merida, je sais qu’elle ne dira rien. Ils me brûleront avec ce secret qui de toute façon n’existera jamais.

Gaspard raisonne par angoisse, il ressent mon mal et je ne peux pas lui mentir. Déjà seul ces dernières saisons, il n’aura plus rien si ce n’est l’espoir de revoir Sébas.

Il me manque tellement… Toutes ces nuits, louveteaux, à se tenir chaud, blottis l’un contre l’autre. Je voudrais juste une dernière étreinte, une dernière fois, son odeur et son sourire malin.

Ici, l’aube que je regarde, et soudain, le crépuscule que tu vois.

Je regarde à travers toi.

Je suis là.

Ici, le soleil se couche, et toi, tu regardes l’aube.

J’en vois les couleurs et celles de ta peur. Je voudrais te rassurer, mais je ne le suis pas moi-même. L’aube westrien, verte et printanière que nous regardions avec nos parents.

Une dernière fois, je voudrais qu’on court tous les trois dans la Vaste Verte et faire disparaître le monde et la guerre d’une pensée juvénile.

Ma migraine me tabasse, mais je veux courir encore et Sébas m’attire doucement à lui. Le soleil s’est couché, l’aube s’est levé, Gaspard continue de vibrer quelque part en moi, avec toute sa force et tout son courage, à croire que mon état s’arrangera.

J’ai trop mal pour le sommeil… même dormir, j’en deviens incapable. Je me rassure contre le corps de Sébas. Grand, doux et gentil comme il serait avec notre enfant. On irait sur les Hauts Sommets, retrouver Ilias, Lilou et Ninon, leurs chèvres et les bouquetins roux. Il grandirait, j’en aurais eu un autre, puis un troisième et jamais l’Alpha ne serait venu nous les prendre. Le grand air, sans la guerre, juste la paix et l’ignorance, la ferme et toute cette simplicité de s’aimer en forêt.

Je ne pourrais pas vieillir et cet enfant ne naîtra pas et ne doit pas exister. Jamais accoucher, jamais plus de saison, ni de pelage hivernal, ni de couleurs d’oragésie, de lacs bleus, de chasse, de jeu, d’amour… Je voulais voir le Skovsaz de Salinéo, Haute-Chance et ses milliers d’amis qui nous attendent, les ruines de Vergorance, comme un pèlerinage.

Je veux vivre. Je veux tant vivre.

Je m’accroche à Sébas, il me serre. Je me sens minable, tellement faible. Toute cette vie en moi. Je ne veux pas mourir, je ne veux pas pleurer.

Et pourtant je pleure.

Je vais mourir dans une forêt que je ne connais pas.

Je ne veux pas mourir.

Qu’on me sauve… par pitié… même les bras de Sébas ne peuvent plus rien pour moi. Je ne suis encore qu’une enfant… Il me reste tant à faire… Ce n’est pas dans l’ordre des choses, ce n’est pas juste !

Ce n’est pas juste…

Sisko

Son état s’est dégradé en six jours. Son teint pâle a jauni, et son pas a tant ralenti que depuis deux jours nous campons dans une clairière. À ne rien manger, à ne rien boire, elle s’est consumée, maigre et sèche comme une brindille de blé. Sébastian est le dernier a osé la toucher : à chaque contact, elle sursaute, frissonne et convulse comme si on la poignardait. Elle ruisselle de sueur et saigne par toutes ses plaies. Merida panse mais rien n’y fait, elle gaspille ses compresses. La soirée tombe et Oran ne parvient plus à se lever. Sa souffrance semble insupportable, elle commence même à perdre la vue et son corps se paralyse. Il faudrait avoir le cœur de l’achever, mais si j’en formule l’idée, Sébastian m’en arracherait la tête.

J’ignore comment il peut encore y croire et s’accrocher à ce qu’elle vive, l’évidence est pourtant frappante : cette nuit sera sa dernière.

Le silence de Théodore est tout autant accablant, il n’a aucune rime et il a l’air d’un enfant timide et muet. Tous les soirs, il sort son luth, le garde entre les mains mais ne joue pas. Il regarde les flammes du feu que l’on prépare et n’ouvre pas la bouche.

Théodore

Où sont mes rimes ? Je ne suis qu’un barde bon pour les bons temps ! Minable pour les mauvais ! Pardon Oran… Je ne suis qu’un profiteur des bonnes heures, mais un incapable de soulager les malheurs

Je ne suis pas un barde.

Pas encore.

Sisko

La louve brune s’esquive dans la forêt, part chasser son gibier seule, alors Salinéo et moi, on va trapper pour les autres. La vérité : on fuit l’ambiance morbide du campement. Sur les berges de la Miwol, on guette le castor, on parle en norke de la santé des arbres débourrant – et qu’ici les printemps sont lents, prennent le temps de germer et de fleurir en couleurs.

Parler avec lui me rappelle un peu notre idiome car le norke est autant des mots que des gestes. D’un regard et d’un signe du poing près de sa joue, je sais qu’il a vu un vieux castor mâle jaillir d’entre les flots. Je me retourne et je le vois qui remonte la rivière. Par chez nous le silence pouvait en dire autant qu’un long discours. Combien de silence n’ai-je pas appris ?

Quand je tire le castor du bout de ma lance, je me rappelle le silence entre mes parents, de la richesse de leur visage et de l’expressivité de leurs gestes. Alors, je fais glisser mon index sur sa tempe droite pour le remercier de m’avoir rappelé notre culture. Il sourit doucement – lui aussi a oublié, et c’est peut-être parce que nous sommes deux Nordiques que l’instinct de la communication natale nous revient.

Il faudrait un autre castor alors on décide d’attendre. Je le regarde et j’admets que son corps me plaît en plus de son esprit. Un grand barbu, à la carrure bûcheronne et les mains abîmées par le froid. Il me toise avec ses yeux de gentillet timide et m’interroge en penchant la tête. Pourquoi je le dévisage ? Parce que je l’envisage. Il me fait savoir qu’il m’envisage aussi. Pas un mot. J’ai failli sourire, presque flattée. Il était tant que l’on s’avoue l’évidence. Mais ce soir, ni lui, ni moi, n’avons envie de s’essayer à l’autre. Oran se meurt et il nous manque un castor. On se laissera tenter un autre soir si notre survie a un sursis.

Le deuxième castor pris, on prend le chemin du retour lorsque Loïc apparaît subitement. Je manque de le frapper tant il m’a surpris.

« Tersh, je déteste ça.

- Mes excuses Sisko, mais je me dois de vous prévenir. Je vais devoir achever Oran. »

Il en parle comme d’une vieille poule à tordre le cou. Comme un fait, déjà passé, acté, depuis des années. Il paraît si distant de toute empathie et je réalise que j’en ai, un peu, de l’empathie, pour cette lycane. Elle s’est pris ma balle et elle en paye le prix de sa vie. Un loup de moins, j’aurais dit il y a quelques seizaines et ce soir, je ne trouve rien à dire alors Salinéo demande : « Pourquoi ?

- La paralysie est le dernier symptôme avant l’inconscience. Une inconscience de quelques dizaines de secondes ou de minutes, avant une transformation en bête. Oran m’en a parlé et m’a demandé de l’achever avant qu’elle ne se dévore elle-même. Je préfère que vous le sachiez.

- Tu auras le courage pour ça ?

- Il faudra bien, ou elle nous dévorera.

- Et Sébas ?

- Je ne sais pas s’il s’en remettra. »

Même Salinéo ne trouve plus rien à dire.

Loïc prend la responsabilité de l’achever. Je me demande s’il en sera capable, si ses airs d’assassin sérieux et son arrogance ne cachent pas une lâcheté et un déshonneur mal placé.

La nuit vient sur le campement. Je donne quelques morceaux de viande au prisonnier qui n’a rien dit depuis des jours. Il a raison, il vaut mieux qu’il se fasse oublier même si sa gueule cassée surprend au petit réveil. Il a dû se prendre un coup de hache pour avoir la cicatrice aussi profonde. Elle donne l’impression qu’il a sa joue et son front paralysés, et ça le fait paraître impassible. Sans doute l’est-il aussi d’esprit : il n’a pas eu une plainte, pas une larme pour ses camarades, pas un rictus, pas une grimace, à se demander si son corps s’exprime ou n’est qu’une enveloppe de peau morte.

« Alors tu cherches ta mémoire, c’est ça ?

- Oui.

- Et ça va te servir à quoi ?

- Trouver ma place. »

Je ne comprends pas.

« C’était pas ta place à la milice ?

- C’est là où on m’a mis. »

Un gosse sans mémoire, c’est une âme malléable comme de l’argile mouillée, évidemment qu’on l’a donné aux carne-aciers. Mais peut-être qu’il se sont trompés. Les souvenirs s’oublient, mais le caractère reste, non ?

Je vérifie que personne du campement n’entend notre conversation. Il n’est pas le tueur d’Oran, mais il est coupable pareil. Il n’y a que Merida qui me jette un regard furtif. C’est elle qui a convaincu Loïc de l’épargner.

« La milice n’était pas ta place ?

- C’est celle qu’on m’a donné.

- Mais c’est pas celle que tu veux ?

- Je ne sais pas ce que je veux.

- Si, ta mémoire, c’est ça que tu veux, tu l’as dis, derkurth…

- Mais les règles, je ne sais pas ce que je veux comme règles.

- Les règles de quoi ?

- De vie. »

Je le regarde bien en profondeur, dans ses yeux marron.

La gueule du bon Centriste. Comme Loïc. Fort, grand, blond, loyal et imparfait parce qu’il a échoué à avoir ses yeux bleus. C’est ça. Les blonds de cités libres de Région Centre, ça pense comme ça. Corriger l’imperfection pour correspondre aux règles, à leurs règles de vie qui ne conçoivent pas même le vivant. Leurs Leçons Sacrées rocailleuses édictées par une tyrane incapable d’aimer ses propres enfants. Ça les rend fous, jaloux, toujours en quête de ce qu’ils n’ont pas. Ce qu’ils n’ont pas, ils le colonisent, le manipulent, le prennent, l’exploitent, l’arrachent. Ils ne sont pas en paix avec l’idée que rien ne pourra jamais vraiment leur appartenir.

C’est pourtant la vérité. Tout est éphémère, tout est libre et rien ne se possédera jamais. Tout se passe.

Mais eux ils pensent en règles, en Grandes Leçons Sacrées, en plans, en comptant, en possessions, en victoires, en échecs.

Leurs croyances les a rendus malades.

Mais… J’ai quand même bien partagé leur idée un long temps, non ? D’ici, je comprends pas vraiment comment. Alors fixer des règles de vie, ça m’a l’air bien compliqué quand on n’est plus sûr de rien…

« Esh… Entre nous, je crois pas qu’il existe de règles de vie. Tout ça, c’est qu’une réalité où on essaie de survivre sans trop souffrir. »

Il fronce les sourcils. Je le laisse là.

La louve brune revient et je sens comme un vent chaud de nataléson. Silence autour d’Oran, petite lycane toute frêle, malade, elle ressemble à un cadavre. L’aconit a grignoté ses muscles, sa graisse, ses joues ont creusées. Moins de sept jours, elle mordait à plein crocs, elle faisait craquer les échines d’un coup de patte et fendait la roche. Six jours, elle a dépéri comme un coquelicot cueilli aussi vite.

Le feu se reflète dans sa sueur, ses cernes noires la maquillent et Sébastian la berce pour la retenir encore. Il ne semble pas savoir que ça ne servira à rien. C’est lui qui s’accroche, elle n’en a plus de force, ils se murmurent, ils pleurent et nous, les autres, on regarde. Aucune lotion vulnéraire de Merida ne la soulage.

Je ne sais pas ce qu’on attend, elle est condamnée alors pourquoi la faire souffrir encore ? Quelques minutes ne changeront rien à sa mort, ni à sa vie. Quel miracle espèrent-ils ? Qu’est-ce qu’ils attendent ? C’est insupportable. Où est le courage de Loïc ? Et moi ? Je n’ai jamais laissé un renne blessé à l’agonie ! Alors pourquoi là, je ne réagis pas ? De Sébastian, peut-être, j’ai peur.

Ses dernières minutes. Elle m’appelle et je m’agenouille près d’elle. Sa voix cassée est broyée et ses lèvres sèches sont grises et craquelées. Je ne la reconnais plus.

« Tu pourrais… faire une tresse ? »

Ses dernières volontés. Refuser, assumer réserver les tresses aux Nordiques. Les lycans blancs ne sont-ils pas du nord ? Après tout, dermasaz est plus au nord que skovsaz. Elle est à moitié blanche et elle m’a sauvée la vie. Le geste nous concerne, pas les autres. Je défierai tous ceux qui oseront me juger.

J’enlève le lacet de cuir qui tient ma tresse. Sébastian me la confie avec ses yeux humides. Même une martre est plus lourde qu’elle… Je lui fais la tresse, je noue le lacet et son dernier sourire.

« Tu veilleras sur Sébas… pour moi ? »

Il s’étrangle avec ses sanglots, s’approche pour la reprendre.

« Sh. Je veillerai.

- Yafa, Sisko…

- Oran… »

Son dernier regard pour Sébastian et ses derniers mots.

« Vis pour moi, vis toujours… Pense à Ninon… Gaspard… »

Elle se détend dans mes bras, sa tête bascule et ses yeux tournent dans leurs orbites. Elle nous échappe.

Elle nous a échappé.

Sébastian hurle et son charisme dévasté nous fait trembler. Théodore tente de l’apaiser avec une main sur son épaule. Loïc approche, il va dégainer.

Sébastian ne le supporte pas et en hurlant, il disparaît dans la forêt, Théodore à sa suite.

Je la pose sur l’humus et elle paraît comme une poupée désarticulée. La lame de Loïc brille avec le feu, il l’a aiguisée pour elle. Il la contemple juste pour repousser l’acte.

« Vise le cœur, Dixième. »

Il me toise, j’y vois de la rage, de la haine et toute son hésitation. Il doit le faire, il ne doit pas vaciller. Au mieux, nous avons quelques minutes avant sa transformation, au pire, une poignée de secondes. Où est passé tout son courage ? Balayé par son amitié et la pitié ? Une part d’humanité qui le retient dans cette épreuve ?

« Fais-le. »

Sinon je le ferai, mais c’est de sa main qu’elle souhaitait partir.

« N’attends pas qu’elle se fasse dévorer.

- Vas-tu te taire ? »

Un ronronnement grimpe de la gorge d’Oran, Sébastian hurle toujours quelque part, un frisson me descend de la nuque au bassin et la lycane brune bondit sur ses pieds.

« Loïc !

- Fais-le, Dixième. »

La lame a glissé, élégante et silencieuse. Précise, le cœur s’est arrêté net et Oran est morte. Toute la tension s’effondre, j’ai comme un étau au cœur mais je serre les mâchoires. Caliope craque, disparaît à travers bois en couinant, Kassor étouffe ses pleurs dans sa veste et Gergov ne le réprimande pas pour une fois. Loïc retire sa dague rougeoyante et m’avise froidement.

Assassin. C’est moi qui suis en train de faillir maintenant mais je soutiens son regard. Assassin.

« Je vais chercher du bois. » dit-il.

Je suis restée près d’Oran à me souvenir de tout ce que je pouvais me souvenir d’elle. J’ai cru ne jamais finir de me souvenir car tout tournait en spirale en moi. Ça me pénètre et ça m’enfonce dans l’obscurité. Salinéo a posé un genou à mes côtés, et comme moi, il s’est souvenu d’elle.

Elle a mon lacet de cuir et je me sens perdue, mais perdue depuis toujours. J’offre mon deuil et mon respect à une lycane morte. Je ne sais plus vraiment ce que je suis et quelles valeurs je devrais suivre.

Est-ce qu’elle était mon amie ? Est-ce que c’était possible ?

Pessière… C’est quoi les bonnes règles de vie ? Est-ce qu’on est sûr que ça n’existe pas ?

Théodore

Six jours c’étaient trop courts, pour nous tous. Elle s’est effrité comme du papier mouillé, la tenir n’a pas permis de lui rendre la santé, seulement la soulager. Son pelage, envolé, comme des cendres dans le vent. Sébastian s’élance à travers les pentes boisées du versant, mettant indéniablement la distance entre nous. Plus vif, plus fort, plus grand, mais les souvenirs le freine, il ne peut s’empêcher de ralentir. Il perd puissance et j’entends toute sa souffrance.

Il ne supporte pas.

Le précipice, que j’anticipe, un instant en avance. Attrapant sa jambe, à pleine dent, et ça le surprend. Il ne sautera pas ! Sinon, ça le tuera. Me laisser seul avec la brune ? Bien grand calvaire en plus de subir deux manques laissées par nos morts.

Toute ma volonté, j’y mets, toute !

Vis ! Vis et Vis ! Ne renonce pas !

Gronder, il n’y pense même pas, en couinant plus qu’en gémissant, il se plaint. Il n’a pas l’esprit de lutter, le manque lui nuit, le détruit et l’écrase. Il m’évite, et humain, il va faire le pas du vide.

Plutôt que de fermer mes mâchoires, j’use de mes bras, je l’étreins, je le retiens, nous tombons à genoux sur le calcaire. Son corps est là, mais sa voix a chu pour lui.

« Laisse-moi, Théo ! Laisse-moi… »

Il tremble de sanglots, tout en lui s’épuise.

« Je t’en prie, persévère. Elle t’a dit de vivre ! De vivre pour elle !

- Je peux pas !

- Pense à Ninon, pense à Gaspard… pense à moi… »

Ninon, d’elle, je ne connais que le nom, et Gaspard, sa réputation. Moi, au moins, je sais la profondeur de mon amitié. Cette fraternité que je ne laisserai pas tomber.

« Pense à vivre, Sébastian. »

Mais il crie, il respire pour crier et je le tiens, tiens, prends tout mon bien, appuie-toi sur moi, pleure tant que tu le veux, je suis là.

Sa fourrure revient sur son échine, il ne crie plus, il hurle, et comme je suis ses pleurs, je hurle aussi.

Merida

Dans la nuit, nous avons compté les chants des loups. Trois. Et puis un quatrième, depuis la crête, là-haut.

J’ai frissonné, et après quelques regards inquiets échangés en silence, Loïc a disparu.

Mais encore une fois, il n’a pas trouvé Batiste.

À suivre...

Fondation d'Haute-Chance

II - La Louve Grise

Sim

« Je tiens à te remercier, oui, oui, toi courageureuse lecteurice d'avoir lu jusqu'ici ! J'espère que ce premier livre t'a plu  ! Bon...  ce n'est pas une fin joyeuse, je suis désolée pour ça... Si tu as pleuré, je peux te proposer un bonbon à l'érable pour chaque mouchoir utilisé. » Je pince un sourire mal à l'aise.

« Sinon, eh bien... » je prends un large sourire joyeux : « Je te propose de lire suite ! Si tu es prêt.e, c'est déjà disponible en exclusivité direct live tout chaud à peine sortie du four de la réécriture n°9 (en vrai j'ai arrêté de compter les réécriture après la 4e de 2022). Bref, tu peux binge-reader la suite tout de suite ! Eh oui ! J'organise mieux mes livres que mon roadtrip. »

Je rigole.

« À bientôt pour de prochaines aventures ! Par ici, ou ailleurs ! »

Je te fais un clin d'oeil.

Et je reprends le volant de ma Ford Fiesta BLEUE aux suspensions rouillées, la bergère allemande sur la banquette arrière et Ultramoule à fond dans les enceintes :

Je nous souhaite des gros gâteaux tout chaud à peine sortis des moules pour festoyer ensemble.

Je nous souhaite de rassembler les luttes et les rires, d'éclater les cadres à coup de sourire, de continuer à créer d'autres imaginaires.

Le nouveau monde s'avance joyeux, on ne fera pas machine arrière.

Le nouveau monde s'avance furieux, on ne fera pas machine arrière.

Destination ? Pfff, je ne sais plus franchement, c'est un peu ça qui est merveilleux.

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