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Chapitre 1

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article 788
Par Carlarqlm

Doud somnolait dans l'herbe fraîche de son jardin mais son oreille était toujours dressée. Comme tout bon inspecteur. Il ouvrit un œil quand il entendit les cris de Madame Pivoine. Arès avait sûrement dû encore casser quelque chose avec sa queue. Il s'étira lentement et secoua ses poils quand deux gros pigeons arrivèrent dans sa direction.

— Doud ! criait Hubert en piquant vers lui à toute vitesse.

— Doud ! criait Mauricette juste derrière.

Ils atterrirent dans un grand battement d'ailes maladroit qui fit voler des brins d'herbe dans tous les sens.

— Le rosier ! dit l'un, hors d'haleine

— Le rosier ! dit l'autre, tout aussi essoufflé.

Doud les regarda tour à tour. Il attendit. Aucun des deux ne semblait décidé à finir sa phrase.

— Quel rosier ? demanda-t-il posément.

— Celui de Madame… commença Hubert.

— Bellamy ! termina Mauricette.

— Et alors ? dit Doud.

— Et alors ?! répéta Hubert, scandalisé.

— ET ALORS ?! répéta Mauricette encore plus fort.

Ils se regardèrent tous les deux comme si Doud venait de dire la chose la plus stupide du monde.

— Il est détruit ! lâchèrent-ils enfin en même temps.

Doud dressa les deux oreilles. Ça, c'était une information. Car aujourd'hui n'était pas un jour ordinaire dans le quartier de Beau-Soleil. Aujourd’hui, comme tous les ans, se tenait le concours du plus beau jardin. C’était toujours Madame Bellamy qui le remportait grâce à son magnifique rosier dont les roses étaient d’un rouge éclatant. Si son rosier était détruit, c’était une véritable catastrophe.

— On a besoin de ton flair de Fox Terrier pour résoudre cette enquête, le motiva Hubert.

Doud acquiesça, il était après tout le seul inspecteur du quartier. Aucune enquête ne résistait à Inspecteur Doud et son équipe de choc.

— Il faut qu’on appelle le reste de l’équipe, roucoula Mauricette.

Doud se tourna vers le jardin de ses voisins et aboya :

— Arès !

A peine eut-il le temps de terminer sa phrase que le gros Schnauzer déboula comme une fusée dans son jardin. Il sauta par-dessus le muret et arracha de la terre en atterrissant.

— Qu’est-ce qui se passe Doud ? demanda-t-il, la langue pendante.

— Le rosier de Madame Bellamy a été saccagé, il faut qu’on enquête pour trouver le coupable, dit Doud d’un ton grave.

— Oh ça ce n’est pas de chance alors ! Je le trouvais joli son rosier, répondit Arès. Mais je suis toujours partant pour une enquête.

Sa queue se tortillait tellement dans tous les sens qu’elle donna un coup à Hubert.

— Hé le barjot, fais attention à ce que tu fais, bougonna le pigeon.

— Oups, pardon Hubert, s’excusa Arès.

Doud leva les yeux au ciel. Arès était toujours plein d’entrain mais parfois un peu trop. Il avait du mal à se contrôler.

— Bon c’est parti, lança Doud. Allons chez Madame Bellamy, nous chercherons Pudding au passage.

La joyeuse troupe se mit en route. Ils passèrent devant les belles maisons du quartier de Beau-Soleil. Tous les humains étaient déjà dans leur jardin, malgré l’heure matinale, pour fignoler les derniers détails de leur décoration. Ils voulaient tous gagner le concours du plus beau jardin.

Sur le perron du numéro 7, un chat gris avec une fourrure touffue était allongé, les yeux mi-clos, son gros ventre se soulevant doucement au rythme de sa respiration.

— Pudding, dit Doud. Il y a du travail.

Pudding ouvrit un œil.

— Quelle heure est-il ?

— Sept heures et demie.

— Alors non.

Et il referma l'œil. Arès s'approcha du perron, la queue frétillante.

— Allez Pudding ! C'est une enquête ! Une vraie ! Il y a un coupable à trouver et tout et tout !

Pudding ne bougea pas d'un poil.

— Tout et tout, répéta-t-il d'une voix monocorde. Fascinant.

— S'il te plaît Pudding ! insista Arès en posant ses deux énormes pattes sur le perron.

Un craquement sinistre se fit entendre. Arès avait cassé la première marche.

— Bien, dit Pudding sans ouvrir les yeux. Maintenant partez.

Doud attrapa Arès par le collier avant qu'il ne cause plus de dégâts.

— Laisse-le. Il nous rejoindra quand il sera prêt.

— Mais…

— Arès.

— Oui bon d'accord, abdiqua le Schnauzer en jetant un dernier regard plein d'espoir vers le chat immobile.

Pudding ne réagit pas. Il ronronnait déjà. C’était toujours comme ça avec lui, il venait quand bon lui semblait. Un vrai caractère de chat.

Doud, Arès, Mauricette et Hubert continuèrent leur chemin et arrivèrent devant la maison de Madame Bellamy.

Le spectacle était terrible. Toutes les branches basses du rosier étaient cassées et plein de pétales jonchaient le sol.

— C’est un scandale ! hurla une voix à la fenêtre.

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