Le Jour décline, passant par tous les tons pastels.
Dénudés, les arbres lacèrent de leurs griffes le ciel
Les Ombres prennent vie, le bruit se rompt d’un silence,
La Lune fait part d’un bout de sa luminescence,
Et Elle, Elle règne et rôde à pas feutrés
Dans les rues, les avenues, et sur nos oreillers...
Faucheuse de rêves, Déesse des cauchemars
Elle passe et plonge les humains dans le brouillard,
Manipule et fait appel à leurs pires frayeurs,
Les dissuadant de sortir quand il est passé l’heure
Par le manque de lumière et le fondu des Mondes,
Elle mêle souterrains, et ciel de jais qui gronde.
Son souffle est frais et calme, il gèle les curieux
Qui s’aventurent ainsi, demeurent hors de leur pieu
Croassent ses corbeaux, tout prêts à s’envoler
Donner mauvais augure aux songes immolés
Et ses yeux insondables t’analysent et te suivent
Te rendent mal à l’aise, prennent tes craintes pour vives
Les cris se font plus insistants, puis plus ténus
Des pas qui s’accélèrent, résonnant dans la rue
Elle les suit calmement, les chasse à sa manière
Perçoit les rituels, écoute les prières,
Emporte la chaleur, répand le givre et le froid
Appelant ainsi la Mort, et ses tendres effrois.
Les volets grincent, le chat d’à coté gémit
Et moi, sans peur, je la regarde passer, j’écris
Elle aussi me surveille, sans bruit, du coin de l’œil
Préserve sa grandeur, et nourrit son orgueil
De toutes ces choses, qui ont lieu quand on dort
Et demeurent mystère, nous font trembler encore
Jusqu’à ce que, venue l’aurore,
Le soleil la remplace par son or,
Éclipse la Nuit,
Nous sorte de nos lits.
Fy