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Mon Dieu Mon Dieu

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article 356
Par Joanne

Les foules marchent, et marchent, et puis les voix bourdonnent,

Les cœurs vont, les cœurs viennent, on les brise, on les donne

Aux âmes infortunées

Qui, seules, errent entre l’air et le vent qui fredonne.


Mon Dieu,

Mon Dieu,

Pourquoi donc nous abandonner ?


Tes fidèles insensibles, au milieu du chaos,

Cherchent un point d’appui pour échapper aux flots,

S’accrochent aux damnés,

Poussent vers leur Enfer ceux qui sortent du lot…


Mon Dieu,

Mon Dieu,

Vas-tu donc les abandonner ?


Regarde-les, Seigneur, constate le blasphème

De ceux qui, en ton nom ou celui qu’ils te prêtent,

Sauraient t’assassiner,

Vois donc les innocents ou les coupables, blêmes,

A qui ils rient au nez :

Car leur âme de pierre, c’est à toi qu’ils la jettent !


Les laisser faire,

Mon Dieu,

Mon Dieu,

N’est-ce pas nous abandonner ?


Je t’ai prié en face, de femme à homme sans chair,

Je t’ai fait homme et femme, je t’ai fait rien, je t’ai fait tout,

Je t’ai vu dans chacune des choses de la Terre

Puis je t’ai dressé en statues et fixé par trois clous,


Mon Dieu, j’ai couru à ta suite,

Mais le feu sans doute est insaisissable,

Mais le feu brûle de bois,

Et le bois meurt humain.

On a voulu être acceptés mais être compris c’est l’être dans son inacceptable

Et l’humain pêcheur seul comprend le mal qu’il fait :

Voilà pourquoi ils t’ont fait inhumain.

Et l’homme créa son créateur à l’image de Narcisse,

Il vit que cela était pourri,

Et il fit l’autruche.


J’ai cherché l’évidence

Et l’évidence est là,

Elle est celle d’un trésor au milieu d’un néant,

Fragile et sans appui,

Et l’évidence est si terrifiante que faiblement je choisis de m’enfuir dans l’opium de la Foi.

Alors je prie en vain le Néant déguisé, et le voilà qui me remplit de sa chaleur jusqu’au bord de l’âme

Consumée alors je hurle :


Mon Dieu,

Mon Dieu,

Pourquoi m’as-tu abandonnée ? 

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