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Chapitre 30 : Elian - Intrusion

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Par Nathalie

Elian détestait ces dîners fastueux, cette étiquette rigide, ces mets dégoulinants de richesse. Pourtant, elle ne pouvait nier leur utilité. C’était là, entre deux bouchées, que les vérités se glissaient, que les alliances se nouaient, que les secrets passaient de main en main comme des coupes de vin.

Elle ne touchait ni à la viande, ni à l’alcool. Elle préférait les fruits, les quiches, les tourtes aux légumes. Et l’eau, fraîche, transparente. Comme ses intentions.

Un troubadour s’avança, vêtu de couleurs criardes, lesté d’instruments. Ce soir, il opta pour une cithare et un tambourin. Les premières notes d’une vieille balade lui arrachèrent un soupir. Mélodie usée, interprétation fade. Elle se détourna, concentra son attention sur son voisin. Les paroles de la chanson suivante captèrent son oreille. Cette fois, elle ne put l’ignorer.

Elle leva la main. Les conversations cessèrent aussitôt. Le troubadour s’interrompit, surpris.

- Un problème, comtesse ?

- Sans musique. Dis-moi juste les paroles.

Il s’exécuta. Plus il récitait, plus Elian sentait sa gorge se nouer.

- Tu inventes ?

- Non, comtesse, répondit le barde. Nous nous transmettons les nouvelles entre nous, de ville en ville. Ce genre d’évènement… on ne le garde pas pour soi. Tous les ménestrels se le disputent !

- Depuis quand cette chanson circule-t-elle ? Elle ne mentionne pas de date.

- Je l’ai entendue à Filfi, juste avant de partir pour Anargh.

Elian calcula mentalement. Filfi… à deux semaines de route. Elle se redressa d’un bond, la mâchoire crispée. Elle quitta la salle sans un mot, descendit les marches à vive allure et gagna la volière.

- Des nouvelles des fortifications sud ? demanda-t-elle au maître pigeon.

- Rien. Aucun pigeon ces jours-ci, comtesse.

Elle ne répondit pas. Elle redescendit, passa la herse, traversa la cour à grands pas. La colère la poussait plus fort que la peur. Comment pouvait-elle apprendre une information aussi capitale par un musicien de taverne, et non par la voie officielle ? Elle n’était peut-être « que » comtesse, mais cela se passait à une lune de marche de son comté !

Elle prit le chemin de l’ouest, résolue à obtenir des réponses. Elle n’alla pas loin. Au détour d’un sentier, son pied manqua de trébucher sur une masse. Un pigeon. Raide. Mort. Une dague de lancer fichée dans la gorge. D’un geste sec, Elian détacha le parchemin enroulé autour de sa patte. Elle le déroula.

Elle lut. Blêmit. Sans un mot, elle glissa le message sous son bras gauche. Et bifurqua, direction nord-est.

Elle courut sans relâche, sans jamais s’arrêter. Pas une pause, pas une goutte d’eau, pas un morceau de pain. Elle atteignit Tur-Anion en un temps record. Là, elle exigea un conseil de guerre immédiat.

L’intendant éclata de rire, mais Bran, sans un mot, la prit au sérieux. Il n’avait pas besoin de plus d’explications.

- Qu’est-ce qui justifie un conseil de guerre aussi urgent ? demanda Arthur de Baladon, son regard perçant scrutant Elian.

Elle lui tendit le parchemin, sans un mot. Le roi pâlit en le lisant. Cela confirmait les soupçons d’Elian : les communications étaient coupées. Personne à la capitale n’était au courant de ce qui se passait.

- Que se passe-t-il ? demanda le chef des armées, inquiet.

- Où avez-vous trouvé cela, comtesse ? demanda Arthur, une crispation sur le visage.

- Sur un pigeon mort, à mi-chemin entre Anargh et les tours sud.

- Il y a combien de temps ? intervint le conseiller royal des finances, l’air suspicieux.

- Avant-hier, dit Elian sans hésiter.

- Avant-hier ? répéta le conseiller avec incrédulité. Vous dites avoir parcouru cette distance en deux jours ?

Elian plongea ses yeux dans les siens, glaciale.

- North, réquisitionnez toutes les flèches disponibles et envoyez-les aux tours sud, ordonna Arthur de Baladon, d’un ton sec. C’est peut-être trop tard. Nul ne sait depuis combien de temps ce pigeon est mort.

- Quelques jours, estima Elian. Mais sa mort n’est pas naturelle. Une dague de lancer l’a empêché de transmettre son message, ce qui signifie…

- Qu’il y a des traîtres parmi nous, conclut le roi d’une voix sombre. Les dagues de lancer sont les armes de choix des brigands et des mercenaires. Quelqu’un les paye pour détruire nos communications avec le sud. Gardes ! Faites venir ici en urgence le directeur de la volière ! ordonna Arthur avec une brusque autorité.

Un garde s’élança, courant comme un fou. Un silence lourd pesa sur la salle.

- Que se passe-t-il ? demanda North, le chef des armées, les bras croisés, l’air préoccupé.

Elian répondit sans laisser à Arthur le temps de s’exprimer, coupant l'herbe sous le pied du roi.

- Envoyer des armes là-bas ne suffira pas. D’abord, vous n’avez aucune garantie que vos flèches arriveront à bon port. Et même si elles parviennent aux tours, les orcs auront déjà franchi les barricades bien avant leur arrivée.

- Les orcs ? répéta North, un sourire moqueur au coin des lèvres. Ce sont des bêtes sauvages, certes, mais à part quelques raids pour piller nos troupeaux de moutons, ils ne représentent pas une menace sérieuse.

- Ils sont des milliers à mourir sous les murs des fortifications sud, rétorqua Elian, d’un ton glacial. Partout dans le sud, les troubadours chantent les louanges de Richard Lionardh, le commandant qui a su protéger nos terres. Mais j’ai appris que les choses sont loin d’être aussi simples. Les orcs ne cessent d’attaquer. Ils ne se laissent pas arrêter. Ils montent sur les cadavres des leurs pour avancer, sans peur, sans répit.

- Il dit que les orcs arrivent par l’est, ajouta Bran, plus pensif. Les orcs vivent sur le rivage, le long des côtes. L’océan est à l’ouest.

Le directeur de la volière fit son apparition à cet instant. Le vieil homme était haletant, son visage rouge.

- Majesté ?

- Vous recevez des pigeons régulièrement de chaque coin du royaume, commença Arthur, l’air préoccupé. La fréquence a-t-elle diminué récemment ?

Le vieux eut une moue gênée.

- La quantité de messages reçus dépend de nombreux facteurs. Les rapports de l’ouest arrivent toujours précis et ponctuels, au jour près. Au sud, c’est plus variable. Il arrive qu’on n’ait rien pendant des lunes, et puis, soudain, quinze pigeons arrivent d’un coup. De l’est, c’est pire. Parfois rien pendant des saisons entières. Ils ne communiquent que lorsque cela devient nécessaire.

Arthur grimaça, insatisfait de la réponse.

- Les rapports de l’ouest nous parviennent-ils toujours ? insista-t-il.

- Pas un seul n’a raté son rendez-vous.

- Aucune nouvelle du sud ou de l’est ?

- Aucun message. Mais le duc de Liennes… il communique différemment. Un coursier à pied fait le lien avec la capitale, ce qui m’a permis de former des pigeons vers d’autres destinations.

Bran esquissa un sourire en direction d’Elian, mais l’échange fut à peine remarqué dans l’urgence de la situation.

- Merci, laissez-nous, ordonna Arthur d’un ton sec.

Dès que l’homme fut sorti, Arthur se leva et lança, en frappant du poing sur la table :

- Putain de nobliaux… Pas de rapport ? À quoi bon, si tout va bien ? Et quand tout va mal, comment on s’en rend compte, bordel de merde ?!

- Pourquoi y aurait-il le moindre problème ? interrogea North, d’un ton dédaigneux.

- Parce que les orcs viennent de l’est, répéta Bran d’une voix grave. Peut-être que d’autres ont franchi plus loin encore, à l’est. Là-bas, aucune fortification ne les arrêtera.

- Les elfes des bois contrôlent cette zone, intervint Arthur avec un haussement d’épaule. Ils ne laisseront pas passer les orcs.

Un grognement s’échappa de la gorge de Bran.

- Si les orcs évitent leurs arbres, les elfes n’agiront pas, répondit-il d’un ton acerbe. Après tout, si les rôles étaient inversés, aiderions-nous les elfes ?

Question rhétorique n’amenant aucune réponse. Tout le monde savait bien que non. Si les elfes se retrouvaient attaqués, les falathens ne sacrifieraient pas une vie pour les soutenir. Les accords entre Irin et Falathon, seulement commerciaux, ne tenaient déjà qu’à un fil. Un soutien militaire était inenvisageable.

Arthur se redressa dans sa chaise, agacé.

- De toute manière, les orcs peuvent passer par le lac Lynia, poursuivit Bran, les yeux brillants. Ils savent nager et peuvent même fabriquer des radeaux de fortune.

- Avec quoi ? répliqua North, ironique. Que les elfes des bois laissent passer les orcs, soit. Qu’ils laissent déraciner leurs arbres, ça, j’en doute.

- La trouée dans mes terres, murmura Elian, comme pour elle-même.

Les orcs avaient récupéré le bois, se souvint-elle.

- Quoi ? répéta North, n’ayant pas saisi.

- Ce n’est pas logique, mes terres sont trop éloignées du lac Lynia pour que les orcs passent par là.

Arthur frappa le bord de la table d’un poing furieux.

- Le commandant Lionardh et nos hommes au sud ont besoin de notre aide. Il faut agir vite, ou nous allons tout perdre, rappela Arthur, recentrant l’attention. Nous devons être créatifs. Les idées sont les bienvenues.

- Les messages ne peuvent plus être envoyés par pigeons. Il faut des porteurs humains, suggéra le conseiller royal des finances

- Et des porteurs assez rapides, précisa North, les bras croisés, sur le qui-vive.

- Même avec des porteurs, les flèches mettront trop de temps à arriver, rappela Arthur. Comtesse, avez-vous une idée ?

Elian resta un moment silencieuse, son regard fixé sur le conseil, avant de briser le silence.

- Il faut demander l’aide des elfes, dit-elle. Leurs archers sont les meilleurs et leur vitesse de course est bien supérieure à la mienne.

- Pourquoi nous aideraient-ils ? répliqua Bran, sceptique.

- Parce qu’un ennemi commun offre un allié de circonstance, répondit le conseiller royal des finances. Si les orcs nous envahissent, ils envahiront aussi leurs terres. C’est dans leur intérêt de s’allier avec nous.

- Je doute qu’ils soient aussi pressés de nous venir en aide, murmura Bran, l’air résolu. Qu’ils nous aient nous ou les orcs comme voisins, peu leur importe.

Elian soutint le regard de Bran, et répondit d’une voix tranquille :

- Je ne parle pas des elfes d’Irin, mais des dissidents. Ils ont tout à perdre si les orcs s’imposent ici, car ils vivent parmi nous, pas dans les forêts d’Irin.

Bran écarquilla les yeux. La mention des dissidents le troubla. Peu de gens étaient au courant de leur existence, et Elian en parlait comme s’il s’agissait d’une évidence. Il était clair qu’elle en savait beaucoup plus qu’elle ne laissait paraître.

- Les dissidents ne sont pas un peuple, intervint Arthur, d’une voix mesurée mais autoritaire. Ils n’ont pas de structure commune. Comment voulez-vous les contacter ?

- Je vais les contacter, annonça Elian, avec une certitude glaciale. Je vais les rallier à notre cause.

- Vous allez… contacter les dissidents ? répéta Arthur, abasourdi.

- Tu connais des elfes dissidents ? s’étonna Bran, incrédule.

- Oui, répondit Elian, sans s’étendre davantage.

Arthur fronça les sourcils, suspectant que la comtesse en savait bien plus qu’elle ne disait. Il se tourna vers Bran, une inquiétude sourde dans les yeux.

- Voilà une petite comtesse pleine de ressources inattendues, lança le chef des armées, un sourire mi-amusé, mi-perplexe.

- Mon gendre, le prince Bran Eldwen, est ambassadeur auprès des elfes d’Irin, rappela Arthur en se redressant. Il est inconcevable qu’une simple comtesse…

Elian le coupa net.

- Ambassadeur auprès des elfes d’Irin, pas des dissidents.

Un lourd silence suivit, chacun digérant la réplique tranchante d’Elian.

- Bran se rendra à Irin, annoncer officiellement la demande d’aide aux elfes d’Irin, annonça Arthur, comme si tout cela avait été décidé depuis longtemps. Si ils acceptent, tant mieux. Cela nous donnera davantage d’alliés. S’ils refusent, cela nous fournira une carte pour plus tard.

- Le droit de refuser une de leur demande plus tard, comprit Elian.

- Partez au plus vite, ordonna Arthur de Baladon, son ton brusque ne souffrant aucune objection. Et rapportez-nous de bonnes nouvelles. Que la lumière vous guide.

Elian courait sans relâche, dévorant les lieues à grandes foulées. Elle n’avait pas pris de repos, pas même ralenti. Elle tenait à peine debout lorsqu’elle atteignit enfin la trouée. Là, tout changea. La forêt vibrait. Un frisson parcourut les arbres. L’air avait une densité nouvelle. Elle inspira profondément : une force sourde émanait du sol, des troncs, des feuilles. Elle se sentit portée, nourrie, renforcée. Le poids qui l’écrasait depuis des jours fondit, remplacé par une énergie vive, joyeuse.

Un elfe surgit de la canopée et atterrit devant elle en souplesse.

- Je ne te connais pas, dit-il, sur la réserve, les yeux brillants, un sourire béat aux lèvres.

- Que la lune et le soleil guident tes pas. Je suis Elian d’Anargh, comtesse de ces terres. Tu es ici chez moi.

- Je ne te connais pas, répéta-t-il, les sourcils froncés.

- Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Je cherche Ceïlan, le maître botaniste. Il est ici, n’est-ce pas ?

- Je n’en sais rien, répondit l’elfe, visiblement mal à l’aise.

- Alors trouve-le. Demande aux autres dissidents de l’appeler.

- Je n’ai rien à demander à personne, gronda-t-il.

Elian inspira pour ne pas exploser. Les dissidents. Tous farouches, indomptables, sortis du rang précisément pour fuir toute autorité.

- Tu es sur mes terres, répéta-t-elle. Tu n’y as pas été invité. Je pourrais t’en faire chasser.

- Ceïlan m’a parlé de toi. Il t’avait décrite autrement, dit-il en la jaugeant d’un air désapprobateur.

- Il m’avait aussi décrit les dissidents autrement, répliqua-t-elle. Dis-moi, tu es parti pour respirer l’air des clairières ou parce que le cul de Beïlan sur le trône te faisait vomir ?

Le coup porta. L’elfe grimaça. Touché.

- Beïlan, donc, murmura-t-elle. Tu n’aimes pas ce qu’il a fait d’Irin ? Alors écoute-moi bien. Le sud tombe. Les orcs franchissent nos lignes. Sans renfort, Falathon ne tiendra pas. Une fois notre royaume tombé, où iras-tu vivre ?

L’elfe serra les dents.

- Si certains ne veulent pas tirer leurs flèches, on cherche aussi des messagers. Les pigeons n’atteignent plus Tur-Anion. Il nous faut des jambes rapides, des esprits fiables.

- Je transmettrai, répondit-il. Mais tu sais que les dissidents n’obéissent à personne. Ils agissent selon leur propre gré.

- Je sais, dit Elian avec un sourire.

Ceïlan les commandait mais nul, surtout pas lui, ne confirmerait. Jeu de dupe qu’Elian ne comprenait que trop bien. L’elfe pencha la tête puis lança d’un ton désinvolte :

- En parlant de nouvelles, peut-être peux-tu porter celle-ci à Tur-Anion ? Les elfes noirs sont là. À l’est. Déjà dans vos terres. Ils avancent doucement, mais sans opposition.

- Quoi ? s’étrangla Elian.

- Ils sont prudents, mais ils progressent. Beïlan ne fait rien. Il prétend que ce n’est pas son affaire. Et il n’a plus d’armes à Irin… enfin…

Il s’interrompit, s’apercevant trop tard qu’il avait trop parlé.

- Disons que personne n’a demandé d’aide. Officiellement.

- Bran est justement en route pour ça, souffla Elian, soudain glacée.

- Bran ? Bran Eldwen ? L’ami de Ceïlan ? Beïlan va l’écraser. Ce serait le coup parfait : faire taire la demande, affaiblir Ceïlan, et maintenir Irin hors du conflit.

Le cœur d’Elian se serra.

- Je dois partir. Maintenant.

Elle sortit à toutes jambes de la forêt, s’élançant hors de l’ombre des arbres. À peine l’orée franchie, une pluie torrentielle dégringola du ciel. Elian s’arrêta, haletante, un soupir d’agacement échappant de ses lèvres. Ses jambes étaient déjà lourdes. La pluie alourdissait chaque mouvement. D’un geste las, elle rabattit sa capuche, se protégeant à peine de l’eau glacée.

La forêt murmura dans son esprit, un avertissement. Danger.

Sans réfléchir, Elian bondit sur le côté, juste à temps pour éviter la dague qui fusait vers ses reins. Elle se retrouva face à l'assaillant. Un frisson la parcourut en reconnaissant son genre : un assassin. Les habits noirs, la silhouette furtive, et la lame qui se déployait du bras d’archer. Il attaqua sans un mot, rapide, précis. Un professionnel.

Elian n’hésita pas. Elle aussi savait combattre. Arnaud ne lui avait pas proposé de les rejoindre sans raison. L’instant d’après, elle esquivait, glissant sous le bras de l’assassin, et dégainait sa propre dague. D’un geste fluide, elle frappa dans le bas du dos de l’homme, qui s’effondra sans un cri, le souffle coupé. Elle le retourna, fouillant ses poches sous la pluie battante.

L’ordre d’assassinat, bien que trempé, était lisible. Une somme colossale, plus que suffisante pour une vie, en échange de la comtesse Elian d’Anargh, archère émérite. Il l’avait crue archère. Voilà pourquoi il avait échoué. Il ignorait tout de ses compétences au corps-à-corps. Elian souffla, encore sous le coup de l'adrénaline. Elle avait eu de la chance. Énormément.

Le parchemin n’était pas signé. Mais l’argent offrait une réponse implicite. Pourquoi autant de haine contre elle ? Qui en voulait à sa vie ?

Elle secoua la tête et rangea le document dans son aumônière. Ses mains tremblaient, mais elle savait que le moment n’était pas à la réflexion. Elle retira les bras d’archer de l’assassin et remplaça les siens par ceux-là, portant les lames légères et fines de la guilde. Elles étaient uniques, et leur mécanisme de déclenchement n’était connu que de très peu. Ce n’était pas rien. Elle prit aussi son collier, le pendentif en forme de serpent se balançant au rythme de ses gestes.

Elian rangea le tout et se redressa, le cœur battant la chamade. Le problème de sa tête mise à prix serait réglé plus tard. Il fallait d’abord sauver Bran.

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