Onze morts — sept femmes et quatre hommes — ont été attribués à Marcel L et Bernard P. Le rôle de Léa B., fille de l’un des prévenus, reste encore à éclaircir dans ce qui s’annonce, pour beaucoup, comme le procès de l’année. L’accusation n’hésite pas à parler de tueurs en série, soulignant le caractère prémédité et instrumentalisé des décès. Pour Maître Leroy, le constat est clair : « Leur but était de tuer. Pas de soigner. Leurs prétendues recherches sur l’utilisation de psychotropes sur la psyché humaine n’étaient qu’un prétexte pour assouvir leur pulsion meurtrière. ». La défense, de son côté, insiste sur la démarche thérapeutique : « Si l’on devait enfermer chaque psychiatre qui échoue à sauver un dépressif de passer à l’acte, autant arrêter toute la profession », ironise Maître Nadel. Ce dernier aura pourtant fort à faire, tant les preuves s’accumulent. Les vidéos retrouvées au domicile de Marcel L. ainsi que le témoignage clé d’une des victimes mettent à mal la rhétorique de la thérapie de la dernière chance plaidée par les deux hommes.